Formation des religieux sur le HIV/sida


Père Philippe Goupille : «Nous souhaitons
que les hommes religieux soient bien informés»

Le Conseil des religions poursuit la formation dispensée aux religieux. Il a rencontré, le 24 avril, le clergé catholique. Rencontre avec le père Philippe Goupille, président du Conseil.

Pourquoi cet engagement du
Conseil des religions par rapport au sida ?

Lors de sa visite à l'île Maurice, Koffi Annan, l'ex-secrétaire des Nations unies, avait rencontré les chefs religieux pour leur demander de collaborer avec le Programme des Nations unies pour lutter contre la pandémie du sida, comme cela avait été le cas en Afrique.

Suite à cet appel, les Nations unies ont approché le Conseil des religions et ont signé avec celui-ci un accord de partenariat pour une période de 18 mois.

Le Conseil des religions s'engageait à assurer la formation des prêtres, imams, maulanas et autres responsables religieux qui ont des contacts régulièrement avec les fidèles dans leurs cérémonies religieuses.

Depuis le début du programme en septembre dernier, le Conseil des religions a organisé régulièrement des rencontres de formation avec les différentes organisations religieuses qui ont des prêtres à leur service.

C'est ainsi que le 24 avril au Thabor, à Beau- Bassin, le Conseil des religions a rencontré les prêtres catholiques pour une matinée de formation.

Pourquoi ce choix de toucher les prêtres ?

Nous nous sommes aperçus au sein du Conseil des religions que les prêtres, comme d'ailleurs les pandits et imams, ne sont pas forcément au fait des dernières techniques pour diagnostiquer le sida et pour la prise en charge des malades. Il y a aussi beaucoup d'informations à donner sur la transmission de la maladie. Nous souhaitons que les hommes religieux soient bien informés afin qu'ils puissent à leur tour informer leur fidèles et aussi les aider.

Quid de la méthodologie d'une telle formation ?

Dans notre programme de formation, nous avons une partie purement informative et qui touche principalement les aspects médicaux. Il y a beaucoup de tabous autour du sida. On en parle difficilement. Ce qui laisse la place à toutes sortes de rumeurs non fondées qui paniquent les gens et les empêchent d'avoir recours aux thérapies qui sont maintenant disponibles gratuitement dans certains centres médicaux de l'Etat.

Notre séminaire comprend aussi tout un volet sur la compassion. Puisque la compassion est une vertu que l'on trouve dans toutes les grandes religions, nous nous intéressons beaucoup à cette dimension dans la relation d'aide que les hommes religieux peuvent avoir vis-à-vis de malades. Vous serez étonnés d'apprendre que certains hommes religieux restent dans un schéma de condamnation du malade ; par exemple : «Il a péché, donc Dieu le punit !»

Quelles sont les grandes lignes qui ont émergé de cette rencontre ?

A la fin du seminar, nous proposons toujours aux prêtres, pandits, imams et autres hommes religieux de tomber d'accord sur un programme concret pour le suivi du travail d'information et de conscientisation dans leur milieu respectif.

Pour les prêtres catholiques, c'est le père Gérard Mongelard et son équipe qui ont accepté d'organiser une nouvelle rencontre de travail au mois de juin pour mettre en place un projet commun à nos paroisses.

Et quelle suite à de telles rencontres?

Quand nous aurons terminé les seminars avec les religieux de toutes les grandes fédérations existant à Maurice, nous rêvons d'une rencontre nationale pour un échange et un partage de notre action sur le terrain. Ce sera l'occasion de susciter une grande rencontre interreligieuse sur ce point précis d'une action sociale commune, mais à l'horizon nous visons toujours une meilleure compréhension entre les religions existant à Maurice.

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