p.11foto1

En visite à Maurice


Max Haberstroh : «Tenir compte des répercussions négatives du développement»

Max Haberstroh, de nationalité allemande, est conseiller international pour le développement d'un tourisme durable. Riche d'une vaste expérience en Asie centrale et Russie/Europe du Sud-Est (8 ans), en Asie du Sud-Est (3 ans), il revient de Madagascar, où il a exercé pendant deux ans comme conseiller en tourisme/écotourisme auprès du président de la République malgache. Avant de regagner l'Allemagne, son pays natal, il a effectué, du 28 au 30 avril, un bref passage à Maurice. «La Vie Catholique» l'a rencontré.

Vous avez été de mai 2005 à avril 2007 à Madagascar. Qu'avez-vous réalisé de concret ?

Mon but était de concevoir et d'aider à la création d'un réseau promotionnel du pays. En le rehaussant et le repositionnant sur la carte mondiale comme un pays montagneux d'aventure afin qu'il soit visité par des investisseurs. J'ai déclenché le fondement d'un tourisme solidaire écologique qui marche bien dans ce pays. Vendre Madagascar comme pays touristique, pays d'investissement, pays d'exportation, pays de biodiversité. Grâce à cette campagne de promotion plus que positive, le tourisme a vraiment décollé depuis 2005. La compagnie Air Madagascar a transporté quelque 181 000 passagers entre janvier et novembre 2005, soit 17 000 de plus que pour la même période en 2004.

Votre tâche a-t-elle été facile ?

D'abord, il a fallu connaître le pays, la mentalité des gens. Hélas, ces derniers s'ouvrent difficilement aux étrangers, les Malgaches ayant une grande réserve. Le fait de se montrer trop actif à Madagascar peut être mal perçu ­ comme étant une vedette. Ainsi, il faut faire très attention pour faire évoluer les choses. Une des raisons qui empêche et fait reculer le progrès. J'aurais pu faire mieux.

Etes-vous habité par un sentiment d'insatisfaction ?

Malheureusement, oui, mon projet n'étant pas achevé. Il a fallu quand même quitter le pays de par la mentalité des gens qui ne collaborent pas facilement avec un étranger. Cependant, j'aurais voulu rester deux ans supplémentaires pour compléter ma mission sur plusieurs niveaux: régional, national, international et communautaire.

C'est quoi l'écotourisme et comment se porte-t-il dans la Grande-Ile ?

L'écotourisme n'est pas le tourisme dans la nature, comme le croit beaucoup de monde. C'est le

tourisme ayant une sensibilité et une responsabilité dans la nature. C'est l'approche de voyager sainement. Par exemple, lors d'une visite dans un parc ou en pleine nature ou lors d'une baignade à la mer.

Parlez-nous de la collaboration inter-îles dans le domaine du tourisme pour l'océan Indien ?

Cela aurait dû être un champ d'action à développer. On pourrait vraiment échanger de riches expériences dans l'océan Indien.

Vous avez connu les œuvres du père Pedro à Madagascar. Comment cela vous rejoint-il dans votre projet écotourisme ?

J'ai connu le père Pedro à Antananarivo. Nous avons commencé une coopération dans le domaine de la photographie des villages et la vie des gens. Et j'ai eu l'honneur de mettre ses actions sur pellicules et d'organiser avec lui une exposition. C'est quelqu'un de très énergique et courageux qui ne laisse pas l'autre insensible. Il va de progrès en progrès. C'est quelqu'un qui a un grand charisme, une grande influence sur les gens, enfants et adultes. C'est la force de l'action qui l'incorpore. Chez lui, point de papier. Les travaux sont concrets : transformation de quinze villages malgaches (y compris la plus grande décharge du pays) en des villages fonctionnant bien ; construction de bâtiments et écoles ; les enfants à la décharge maintenant sur des ordinateurs, entre autres. C'est quelqu'un qui montre son intérêt à l'écotourisme : en déboisant des collines et en provoquant un engagement de la part des voyageurs pour le respect de la nature.

Votre prochaine destination ?

Je rentre pour peu de jours en Allemagne. Ma mission s'étendra ensuite au Brésil, où je serai conseiller auprès de la présidente de l'Association regroupant huit pays de l'Amazonie. Là, j'ai eu la responsabilité de l'organisation du traité pour la coopération de l'Amazonie et serai basée à Brasilia, capitale du Brésil. Je dois élaborer un concept sur l'écotourisme en Amazonie. Celui de faire très attention aux conséquences lors d'une construction. En prenant en considération les répercussions que peuvent causer le développement. Au cas contraire, on détruit tout en construisant. Ce qui n'est pas bien.

Propos recueillis par


Sandra Potié


retour aller