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Laïcat


Maurice Bolli : 50 ans au service
de sa paroisse, de l'Église et de ses frères

«Si je ne suis pas à la maison, vous me trouverez certainement à l'église.» Propos de Maurice Bolli, retraité de la propriété sucrière Britannia, âgé de 73 ans, dont 50 au service de la paroisse Sacré-Cœur, Rivière-des-Anguilles. Un engagement qui lui a valu, le 17 mars dernier, un certificat attestant ce fait ainsi que les bénédictions apostoliques du pape Benoît XVI.

Enraciné depuis plusieurs générations sur le territoire paroissial de Rivière-des-Anguilles, Maurice Bolli voit le jour le 17 novembre 1933. Employé d'abord comme «manœuvre maçon» à Britannia, il gravit peu à peu les échelons : maçon, chef-maçon, marqueur, responsable du département de construction.

Le 15 octobre 1962, il épouse Suzelle, qui lui donne trois filles aujourd'hui âgées de 42, 40 et 33 ans. Ce grand-père de neuf petits-enfants, à la retraite depuis décembre 1993, se définit comme un «rat d'église».

«Dans ma jeunesse, j'allais à la messe comme ça. Un peu par habitude, raconte-t-il. Le premier déclic est venu lorsque le père Eugène Dethise est venu, en 1950, à Sacré-Cœur pour y lancer la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Le mouvement n'a duré que quelques mois. Par la suite, je me rappelle encore, c'était le 17 mars 1957 - après le baptême d'un enfant de ma cousine -, notre curé d'alors, le père Henri, m'a invité à une réunion à Saint-Georges, Camp-Diable, pour voir quel mouvement de jeunes on pouvait y lancer. J'ai accepté sans la moindre hésitation.»

Présent toujours

Un oui enthousiaste qui débouche ainsi sur la concrétisation d'une section de la JOC. Depuis, Maurice Bolli répondra toujours présent à chaque fois qu'il sera sollicité, tant par les prêtres affectés à sa paroisse que par les laïcs, dont Sabine Comole, ex-sacristine aujourd'hui décédée et qu'il qualifie de «pauvre immensément riche».

«Les obstacles pratiques, tels que des réunions qui se coïncidaient, sont vite contournés,
racontenotre interlocuteur. Comme la Vierge, je répondais oui.» Ce qui fait que, durant ces cinquante dernières années, Maurice Bolli sera membre de la JOC et plus tard de l'équipe nationale, responsable de la chorale, enfant de chœur, membre de la Société Saint-Vincent-de-Paul, membre de la Légion de Marie, président de curia, donneur de communion, mem

bre de la Fabrique...

Souffle de Vatican II

L'unité et l'harmonie familiales le poussent à s'engager comme animateur de l'Action familiale ; ce, après une formation dispensée par les couple Guy, Mgr Jean Margéot et le Dr de Chazal. «Vatican II soufflait alors sur l'Eglise et les laïcs prenaient davantage de responsabilités, se remémore-t-il. C'est ainsi que j'ai été parmi les tout premiers laïcs - avec Jean-Claude Alfred et Jules Seevathean - à faire les lectures.»

Ce solide gaillard, qui a connu vingt-neuf curés - «du père Alain Henriquet au père Jean-Claude Véder» - voit dans l'appel à assumer des responsabi-lités un gage de confiance. «Je crois que les autres apprécient ma ponctualité, mon aptitude à mener à terme les engagements pris», concède-t-il humblement. Des engagements qui lui ont permis de tisser des liens de fraternité, de se rapprocher davantage du Christ, centre de sa vie, et de vivre une foi renforcée, enracinée.

Cadeau si peu ordinaire

C'est avec une «grande surprise et beaucoup d'émotion» que Maurice Bolli a vécu, le 17 mars dernier, l'action de grâce dite pour ses 50 ans d'engagement. «Que d'autres s'en sont souvenus est déjà une touchante attention. Quand le président de Fabrique m'a remis mon cadeau, j'étais très loin de penser que c'était un certificat de Benoît XVI. Je ne voulais pas l'ouvrir, là tout de suite, devant l'assemblée. Il m'a fallu les encouragements du père Véder pour décacheter ce cadeau si peu ordinaire.»

Maurice Bolli n'a que louanges pour les bénédictions déversées sur lui et les siens. «Je continuerai toujours à me donner à fond aussi longtemps que le Bon Dieu et la paroisse auront besoin de moi. Je continuerai, même si tout n'a pas été toujours beau, merveilleux et rose. Je continuerai, même si le parcours a été parsemé ça et là d'incompréhensions et d'accrochages.»

Une volonté de service accompagnée toutefois de la lucidité qu'il lui faudra tôt ou tard «passer la main et laisser la place aux autres»...

Danièle Babooran

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