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Le miroir aux alouettes

Cela fait longtemps que les 100 zur pu sanz u lavi sont passés. La lune de miel est terminée depuis longtemps. Le Budget 2006/07 a pu sauver les apparences et donner l'illusion que les promesses électorales de l'Alliance sociale étaient en voie de concrétisation.

Mais, que nous réserve le deuxième budget Sithanen ? Il s'agira, pour nos gouvernants, de faire lepep admirab avaler plusieurs pilules amères. Si le citoyen mauricien est bien conscient que le pays vit au-dessus de ses moyens, il est désespéré. Et il persiste à demander son dû, à s'accrocher à de vaines promesses.

Les récentes multiples revendications et confrontations entre le pouvoir et le peuple n'augurent rien de bon pour l'avenir. Comment le gouvernement réussira-t-il à trouver le juste milieu entre réalités économiques, impératifs des institutions de Bretton Woods et l'attente du peuple, alimentée par les promesses électorales ?

Ces derniers temps, un mot revient comme une ritournelle: la communication. Et, pour justifier le mécontentement populaire à leur encontre, certains ont identifié le bouc-émissaire idéal : un déficit de communication.

Car, pour eux, la cause est entendue : communiquer ne rime qu'avec propagande. La MBC est l'exemple parfait de cette propagande qui prend des vessies pour des lanternes.

Cela fait longtemps qu'avec ses alliances stratégiques et ses mains invisibles de l'Histoire, notre beau pays vit Animal Farm. N'en déplaise aux politiques, nous ne sommes pas des demeurés. Car, comme on le dit souvent, le Mauricien est très politically-minded et comprend parfaitement le jeu de notre classe politique. Ainsi, il a tout de suite compris que si on lui a interdit la visite des foires avant 14h00 en ce 1er mai, c'est dans l'espoir d'attirer

plus de monde aux meetings. Surtout celui de Vacoas.

Les grands discours, les multiples points de presse ou les reportages bidonnés à la télé visant à montrer la grandeur d'âme de nos gouvernants sont inutiles : l'électeur est conscient que nos dirigeants et ceux qui gravitent autour d'eux comportent de nombreux jouisseurs qui sont là avant tout pour se servir.

Le peu d'électeurs s'étant déplacés le 1er mai montrent que, de plus en plus, nos politiques sont les seuls à s'écouter, à croire en eux-mêmes. Le pouvoir rend aveugle, dit-on. Et nos politiques, persuadés d'être les maîtres du monde, vont, une fois de plus, travestir la réalité.

Une certitude: la traversée du désert, sera encore plus dure d'autant que l'on nous a promis l'Eldorado. Et la force de nos principaux partis politiques réside dans le fait que le peuple n'a pas le choix : on le sait depuis longtemps, c'est blanc-bonnet, bonnet-blanc. Et, depuis 1990, il opte pour l'alternance. Signe d'une démocratie vivante ? Non, il change de gouvernement pour donner la chance à d'autres de jouir et de kokin.

L'histoire nous montre que quand il se réveille, un peuple désabusé et cocufié année après année réagit de manière brutale, irrationnelle et disproportionnée. Nous avons tous à perdre en cas d'une telle éventualité. Ces politiciens clamant haut et fort leur patriotisme devraient changer leur fusil d'épaule. Le jour où l'on ne tentera plus de nous acheter avec des pre-briyani & larak parties post-meetings, le politique méritera notre respect. Et notre vote.

Erick Brelu-Brelu


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