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Énergie renouvelable


Parc éolien à Grenade ?

Dans le cadre du Environment Impact Assessment (EIA) pour le nouveau projet d'une ferme éolienne à Grenade, les dirigeants du Central Electricity Board (CEB) de Rodrigues ont rencontré les habitants de Roche-Bon-Dieu pour une réunion d'explication le jeudi 19 avril dernier au centre communautaire du village. Le but : informer les habitants à proximité du site et aussi prendre connaissance de leur avis sur ce nouveau développement. Le Branch Manager du CEB local, M. Khodaboccus, a présenté le plan du site à l'assistance. Un formulaire a été remis aux villageois pour leurs suggestions et questions.

Selon M. Sookhraz, Environment Affairs Officer du CEB et rédacteur du EIA, Grenade est très approprié pour l'installation d'une deuxième station éolienne a Rodrigues, vu qu'il reçoit régulièrement des vents de plus de 45 km/h.

Dans un premier temps, un seul aérogénérateur sera installé (coût : Rs 25 M). L'appareil fournira 3% de la production actuelle en énergie électrique. La turbine sera d'une hauteur de 50 mètres. Dans un proche avenir, dix autres machines seront installées avec une éventuelle production de 20% des besoins actuels en énergie électrique à Rodrigues

Interrogations des villageois

Les villageois s'interrogent sur la possibilité que ces hélices soient source de pollution sonore. Le CEB fera tout pour minimiser le bruit et respectera le seuil légal de décibels pour ce genre de projet, a rassuré M. Sookhraz. Quant à l'éventualité d'une baisse du coût tarifaire du CEB, le Branch Manager a répondu que cela dépend de la politique nationale. Felix Samoisy a observé que son village abrite des projets de développement générant diverses formes de pollution, dont une concasseuse, un dépotoir et ce nouveau projet. D'autres consultations sont projetées au plus haut niveau. Une fois l'EIA avalisé, le projet démarrera. C'est Jean-Noël St-Pierre, ingénieur du CEB, qui est le responsable local du projet. Pour rappel, l'actuelle station éolienne de Trèfles, avec ses trois appareils, alimente 1% de la production d'électricité à Rodrigues.

Jean-Gérard Gaspard

Les vrais enjeux...

Ces temps-ci, beaucoup de familles rodriguaises luttent pour leur survie menacée par plusieurs facteurs internes et externes, tels la hausse du coût de la vie, le chômage et le surendettement. Selon les observateurs, la misère gagne du terrain dans le pays.

Lors de la séance parlementaire du 23 avril, le Chef-Commissaire, Johnson Roussety, a présenté une motion pour l'institution d'un Select Committee pour étudier la possibilité de faire des Rodriguais devenir propriétaires de leurs terrains résidentiels ; un comité d'élite sur lequel les membres de la minorité ne siègeront pas.

A mon avis, l'Organisation du peuple de Rodrigues (OPR) aurait dû participer aux débats parlementaires pour faire part de sa vision et de son expérience dans ce domaine très sensible. Ce parti politique a choisi de faire des propositions auprès du Premier ministre sur ce projet.....

Nos parlementaires locaux auraient dû canaliser leur énergie en ce temps économique difficile sur ce projet urgent et prioritaire. Il est souhaitable que ce sujet sensible qu'est la gestion des terres fasse l'objet d'un débat dépassionné par la société civile et les ONG locales.

Dans le contexte de la mondialisation, les grandes démocraties prônent un type de développement harmonieux qui tienne compte de l'économie, du social et de l'écologie. Ici, des fois, l'un va au détriment de l'autre. Par exemple, à Palissade-Ternel, un bail résidentiel a été alloué sur un terrain agricole. Sur cette même portion de terre, jadis, un habitant cultivait du maïs, de la patate douce. Nos projets de développement ne doivent pas compromettre l'avenir de nos futures générations.

Notre volonté de réussir l'autonomie doit transcender nos clivages politiques pour voir

l'intérêt général de Rodrigues. Il est urgent de nous mettre ensemble pour travailler pour une île Rodrigues solidaire dans l'intérêt du bien commun.

Jean-Gérard Gaspard


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