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CEDOI 2007


«Avec I'Eucharistie,

vivre un souffle missionnaire...»

La Conférence épiscopale de l'océan Indien (CEDOI) : une dizaine de jours d'échange et de partage fructueux entre les diocèses/Églises de la région. Un partage dans un premier temps entre laïcs des Comores, de Maurice, de Rodrigues, des Seychelles et de La Réunion, le pays hôte, autour du thème «Pour une liturgie dominicale missionnaire». Et ensuite, la XXIe rencontre plénière des évêques qui a, entre autres, repris le sujet discuté à l'Avant-CEDOI, s'est appesantie sur les problèmes auxquels sont confrontés nos sociétés et a dégagé les pistes en vue d'une liturgie pleinement missionnaire. Ci-dessous, le message de la CEDOI à l'issue de ses travaux clos le 26 avril dernier.

La Conférence épiscopale de l'océan Indien (CEDOI) s'est tenue aux Brises, lle de La Réunion, du 17 au 27 avril 2007. Elle a comporté, comme toujours, deux moments :

n Un temps d'échanges, de partages et de réflexions entre évêques, administrateur apostolique, prêtres, religieuses et laïcs, qu'on appelle «Avant-CEDOl».

n Un temps entre évêques, administrateur apostolique et vicaires généraux.

L'Avant-CEDOl a réuni cette année, en plus des évêques, de l'administrateur apostolique et des vicaires généraux, 20 délégués venus des Seychelles, de Rodrigues, des Comores et de Mayotte, de Maurice et de La Réunion. Notre session avait pour thème : Pour une liturgie dominicale missionnaire. Ce thème s'inscrit, lui-même, dans un long cheminement commencé en CEDOI depuis 2003. En effet, de 2003 à 2007, une constante et un même souci ont habité les rencontres interîles : La mission de l'Eglise dans nos îles.

En 2003, aux Seychelles, la réflexion sur «L'exercice de l'autorité dans l'Eglise» nous a amenés à prendre conscience que l'autorité a pour but de développer la coresponsabilité pour une Eglise participative qui témoigne de l'Évangile. Ce fut le thème de notre Avant-CEDOl de 2004 à La Réunion.

En 2005, les participants de l'Avant-CEDOl, à l'île Maurice, ont poursuivi leur réflexion sur la «paroisse missionnaire» qui est insérée en pleine pâte humaine, où elle est appelée à témoigner du Christ. Mais, pour assurer cette mission, la paroisse ne peut pas se suffire à elle-même. C'est ainsi que nous avons éprouvé le besoin, aux Seychelles, en 2006, d'approfondir la «relation paroisse-mouvements, mouvements-paroisse au service de cette mission».

Liturgie et monde

S'est posée alors la question : Comment faire pour que nos liturgies dominicales construisent de véritables communautés d'Eglise missionnaires ? C'est le sujet qui nous a préoccupés cette année. En effet, la liturgie dominicale est au cœur de la vie de l'Eglise qui est, elle-même, insérée dans un monde concret. Elle est appelée à s'inscrire dans une pastorale qui invite le peuple de Dieu à vivre son baptême et sa confirmation dans une perspective missionnaire, laquelle consiste à vivre et à témoigner de Jésus-Christ et des valeurs de l'Evangile au cœur des réalités humaines.

En Avant-CEDOl et en assemblée plénière des évêques, nous avons pris le temps de partager sur certaines réalités humaines de nos pays et de nous laisser interpeller à la lumière de l'Évangile. Nous avons retenu entre autres : le monde des jeunes et de la famille, la question de la justice sociale, l'écart qui se creuse entre riches et pauvres dans une économie en pleine expansion, le monde du chômage et du travail, l'indépendance du judiciaire, la brutalité policière, les relations Eglise-Etat, le dialogue avec les autres religions, la protection de l'environnement, etc. Une liturgie dominicale qui se veut missionnaire s'inscrit nécessairement dans ces contextes.

Mystère eucharistique

Avec les laïcs, religieuses et prêtres réunis, nous avons davantage pris conscience que, dans

la liturgie dominicale, le Christ ressuscité doit être reconnu comme l'acteur principal. C'est Lui qui convoque son peuple, le nourrit de sa Parole, le sanctifie, le transforme et l'envoie. Les chrétiens qui se rassemblent sont appelés à devenir progressivement une communauté croyante dans le Dieu de Jésus-Christ, une communauté réconciliée et accueillante des diversités, grâce notamment à une pratique plus régulière du sacrement de Réconciliation.

La liturgie fait entrer la communauté dans le mystère eucharistique du Christ qui se donne à son Père pour le service du salut des hommes. En ce sens, nous avons mieux compris ensemble qu'elle doit être vécue en lien avec toutes les réalités de la vie, dans ses dimensions familiales, sociales, culturelles, économiques, politiques, etc. Car la liturgie est, à la fois, célébration du Christ déjà présent dans ces réalités et une pédagogie qui conduit la communauté à s'engager pour un monde d'amour, de vérité, de justice et de paix. La fraternité devient alors possible dans une société de liberté et de responsabilité.

Inculturation

Nous avons pris conscience également que l'ensemble de la liturgie dominicale, dans chacun de ses moments, doit être inculturée pour pouvoir exprimer ce souffle missionnaire.

Nous nous rendons compte combien toute cette recherche sur la liturgie dominicale missionnaire est essentielle pour la vitalité de nos Eglises. Nous sommes en chemin. Beaucoup de nos communautés chrétiennes sont déjà habitées par ce dynamisme missionnaire et vivent déjà des liturgies animées par ce souffle. Mais elles ont besoin d'aller plus loin.

C'est pourquoi, pour poursuivre ce cheminement, nous les invitons :

l d'abord, à prendre le temps de regarder et de valoriser toutes les actions, petites et grandes, qui sont des signes de leur vitalité missionnaire.

l en reconnaissant ainsi le Christ ressuscité déjà à l'œuvre au cœur de ces réalités, il sera alors important de voir, dans un deuxième temps, dans quelles mesures nos liturgies dominicales sont imprégnées d'une attention aux réalités humaines, et transforment nos communautés pour la mission.

Nous remercions tous ceux qui sont déjà engagés sur le chemin du renouvellement missionnaire de nos Eglises: les agents pastoraux, les prêtres, les diacres permanents, les religieux/ses. Un remerciement tout spécial aux délégués de l'Avant-CEDOl pour leur contribution remarquable qui nous a permis de faire ce cheminement.

Nous avons bénéficié de la présence de Mgr Augustin Kasujja, nonce apostolique, et du premier secrétaire Mgr Joseph Arshad, qui ont suivi attentivement nos travaux et nous ont encouragés.

Que ce bout de chemin parcouru ensemble nous incite à poursuivre dans nos Eglises respectives la mission que le Christ nous confie ! Nous sommes convaincus que le Père qui a commencé en cette Avant-CEDOl une œuvre excellente, la poursuivra jusqu'à la plénitude ! (Cf. Ph 1,6)

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