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Formation des habitants de Bambous


Une population qui se prend en charge

Lundi 23 avril dernier, quelque trente-cinq habitants de Bambous et des localités avoisinantes ont reçu leurs attestations, ceci après avoir suivi une formation offerte conjointement par le Nouvel institut pour le développement et le progrès (IDP) et le Family Strengthening Program (FSP) de SOS Village-Maurice. Ce cours a pour but de donner à ceux qui désirent se mettre au service de leur localité les outils nécessaires pour être de bons leaders.

Le centre social de Bambous semblait bien petit pour accueillir toutes ces personnes venues assister à la remise d'attestation à la suite de la formation de huit semaines, fruit d'une collaboration du Nouvel IDP et de SOS Village. Outre les bénéficiaires, étaient aussi présents les formateurs et membres du Nouvel IDP; le directeur de SOS Village, Amédée Dabeecharun ; le père Pierre Piat (curé de la paroisse St-Sauveur, Bambous) ; le personnel de SOS Village (Bambous), et quelques habitants de la localité.

La joie se lisait sur le visage de ces personnes qui avaient choisi de consacrer huit lundis soirs à cette formation. Rassemblées dans le hall du centre social de Bambous, elles ont appris comment devenir de bons acteurs dans la société. Les thèmes abordés ont été: la philosophie du Nouvel IDP, la communication, le leadership, le développement communautaire, le civisme, le social, l'animation de groupe et la Credit Union. Divers intervenants avaient fait le déplacement pour assurer cette formation. Lundi, ce fut aussi l'occasion de les remercier pour leur disponibilité et leur dévouement.

Pour Amédée Dabeecharun, président de SOS Village, si le Family Strengthening Program est aujourd'hui une réalité, c'est pour faire de la prévention afin qu'il y ait de moins en moins d'enfants qui quittent leurs familles pour trouver refuge à SOS Village. «Le meilleur endroit pour qu'un enfant s'épanouisse, c'est au sein de sa famille», devait-il rappeler. Or, poursuit-il, il faut travailler sur trois plans pour pouvoir préserver le cocon familial de chaque enfant : l'enfant lui-même, sa famille et son environnement. «Comment espérer trouver une stabilité si là où vit l'enfant il y a de la drogue et on profère des jurons...? La communauté a le devoir de prendre ses responsabilités.» Voilà quatre ans que le FSP s'attelle à faire un travail dans ce

sens.

Attestations en main, les bénéficiaires de la formation sont aujourd'hui invités à se mettre à l'ouvrage, «à être le levain dans la pâte». Ils ont d'ailleurs été répartis dans des groupes d'intérêts (Credit union, développement communautaire, cours de rattrapage) - des occasions pour chacun de mettre à profit ce qu'il aura appris durant cette formation.

L'annonce a aussi été faite de l'ouverture de la Credit Union qui desservirait cette partie ouest de l'île, de Xavier à Petite-Rivière. Ce projet se fera en collaboration avec la paroisse St-Sauveur, Bambous.

Ce que m'apporte cette formation

Joana Duvergé, élève de Form V: « J'ai appris énormément de choses. J'ai été particulièrement intéressée par les cours sur le civisme, le social et la Credit Union. Après cette formation, je me suis mise au service de mon village. Aujourd'hui, avec d'autres personnes, je donne des cours de rattrapage à la salle d'œuvre paroissiale. Ainsi, tous les mercredis et vendredis, j'aide les petits de Standard IV. J'aime beaucoup cela car j'aime partager ce que je connais.»

Louis Antonio Félicité, père de famille: «Cette formation est bien intéressante. Comme je suis déjà entraîneur d'une équipe de foot, elle m'aide à devenir un meilleur leader. On nous a appris comment se comporter en société, comment s'exprimer. Grâce à la formation sur la Credit Union, nous avons aussi appris comment économiser. En tant que responsable d'une famille, je trouve que c'est intéressant. Cela m'aidera à aller de l'avant et à offrir une meilleure vie à ma famille.»

Liseby Louis, mère de famille, engagée dans la paroisse et le social: «Formasyon-la ti extra. Pe montre dimoun kouma pou debout lor zot de lipie ek fer moins det. J'ai beaucoup aimé les cours sur la communication. Je pense d'ailleurs que la communication est à la base de tout. Je compte désormais m'engager encore plus sur le terrain: aller vers les gens, les comprendre et les aider. Le cours nous a d'ailleurs appris à être des leaders conscients des difficultés, mais qui ne reculent pas.»

Martine Théodore


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