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Préparation des enfants à la première communion


Recevoir Jésus amour dans son cœur

La première communion, c'est recevoir pour la première fois le sacrement de l'eucharistie. «C'est tout un événement de rencontre avec Jésus», explique le père Roger Billy, qui se dit toujours «frappé et touché» par ce qui se passe ce jour-là. «Cela touche tellement le cœur des enfants qu'on ressent vraiment cette rencontre. Ce contact personnel avec le Christ crée avec les enfants une relation intime et leur fait prendre conscience que Jésus est tout proche d'eux.»

La première communion demande une préparation sérieuse. Elle a lieu généralement quand l'enfant tourne autour de sept/huit ans. A cet âge, les enfants sont sensibles et ouverts, précise le père Billy. «D'une part, ils perçoivent davantage avec leur cœur, vu ce côté innocence qui les habite. D'autre part, ils sont beaucoup plus réceptifs aux explications après avoir participé régulièrement à la catéchèse pendant deux/trois ans.» Cette préparation se fait à l'école, sur la paroisse et aussi quelques fois en famille.

Dans la plupart des cas, les préparations se font par des catéchètes au niveau de chaque école (catholique ou gouvernementale). Une seule célébration réunira les enfants des écoles se trouvant dans une même paroisse. «Sauf pour un enfant qui, par exemple, fréquente l'école RCEA de St-Julien et qui veut faire sa première communion sur la paroisse où il habite à Flacq», explique Yolande Laville, catéchète sur la paroisse de Sainte-Ursule, Centre-de-Flacq. «Dans ce cas, l'enfant est préparé les samedis par les catéchètes dans sa paroisse.»

«Amitié avec Jésus»

«Plusieurs élèves optent aussi pour la classe de catéchèse qui se donne les samedis dans leur paroisse», soulignent des catéchètes des écoles gouvernementales et qui font aussi la catéchèse les samedis avec les élèves. A l'exemple de Suzie Manargadoo, de la paroisse Notre-Dame-du Rosaire ; Josiane Koonjean, de la paroisse de l'Immaculée ; et Lilette Rousseau, de la paroisse Notre-Dame-de-Mont-Roches.

Romane Carver, catéchète à l'école du Centre, explique que les préparations de la première communion se font en paroisse à Saint-Pierre. Une rencontre a lieu au début de l'année entre les catéchètes de cet établissement et ceux des écoles primaires de la paroisse, y compris l'école Clavis. Les élèves qui vont faire leur première communion y participent aussi. A partir de là, un programme est minutieusement établi autour du thème Amitié avec Jésus. «C'est un moment fraternel unique qui rassemble quelque 120 à 150 élèves de la paroisse», tient à préciser Romane Carver. Et le jour J, cette année le 9 juin, une marquise sera dressée dans la cour de l'église Saint-Pierre-ès-Liens. «L'usine sucrière Mon-Désert-Alma aide aussi pour la décoration», poursuit-elle.

Dans les paroisses du Nord, le sacrement de l'eucharistie se fait à la fin de l'année scolaire. Vers fin octobre/début novembre pour les écoles primaires catholiques et gouvernementales et vers fin mai/début juin pour l'école du Nord. Dans cet établissement privé d'enseignement français, la célébration aura lieu le 2 juin prochain en l'église Notre-Dame-de-La-Salette, Grand-Baie. Elle réunira une soixantaine d'enfants. La préparation a démarré depuis la rentrée des classes, soit en septembre dernier, précise Dominique Giraud, catéchète à l'école du Nord.

La préparation débute par l'étape de l'amitié avec Jésus. «On leur fait prendre conscience que depuis toujours Dieu cherche les hommes pour être ses amis et pour venir habiter dans leur cœur. A l'exemple d'Abraham, de Moïse et de David», explique Dominique Giraud. Tout s'enchaîne ensuite par une histoire

de leur vécu. Et Josiane Koonjean d'ajouter qu'elle amène les enfants à se rendre compte que cette amitié avec Jésus a débuté dès leur baptême et qu'il est temps maintenant de comprendre comment vivre cette relation d'amitié.

Sens de l'Eglise

La vraie dimension de l'Eglise, «un ensemble de chrétiens qui témoigne de l'amour du Christ ressuscité et non un bâtiment», est tout aussi important, précise Romane Carver. A l'école du Centre, les enfants sont invités à préparer une fresque démontrant toutes les rencontres de Jésus avec ses amis dans l'évangile (Zachée et la Samaritaine, entre autres). «On leur fait aussi prendre conscience de cette amitié de Jésus dans leur vie à travers tous les petits gestes quotidiens qui les rend heureux : le sourire de quelqu'un, une main tendue, la rencontre de Jésus pendant la messe.»

Les différentes étapes de la messe sont ainsi expliquées aux enfants. La participation régulière à la messe dominicale est sollicitée par les catéchètes. A l'exemple de Suzie Manargadoo, qui accompagne les enfants chaque samedi pour la messe en l'église Notre-Dame-du-Rosaire après les heures de catéchèse. A l'école du Nord, le 9 mai prochain, le père Philippe Goupille célébrera une messe explicative où les enfants y seront plus étroitement associés, a fait ressortir Dominique Giraud.

Repas pascal

A l'école du Centre, un repas pascal sera organisé à l'école quelques semaines avant le jour J. La table prendra la forme d'un grand «U» et sera recouverte d'une nappe blanche ornée de fleurs et de bougies, explique Romane Carver. «On donne un air festif à ce repas pour leur faire comprendre que la messe est aussi un repas festif où Jésus nous invite.» Des pamphlets explicatifs sont remis à chaque enfant pour bien leur faire comprendre le lien entre ce repas pascal et la messe - temps de la parole, nourriture essentielle pour l'homme et aussi moment où Dieu nous donne tout son amour. Le temps de l'envoi est également expliqué.

«A ce stade, il est très important d'éveiller chez l'enfant le désir de bientôt participer au repas de Jésus qu'est la messe», poursuit Josiane Koonjean. «On leur explique aussi que c'est Jésus plein de vie qu'ils reçoivent dans leur cœur et qu'il y a un respect à observer en recevant l'hostie, et qu'il est important de rendre grâce pour la nourriture qu'ils ont reçue», tient à préciser Romane Carver.

Et pour recevoir le Christ dans son cœur, expliquent l'ensemble des catéchètes, il est important de préparer et son cœur et son corps. D'où l'expérience du sacrement de réconciliation précédant la première communion. Cela se fait dans le cadre d'une retraite. Au Thabor, le 31 mai prochain pour les élèves de l'école du Centre et des écoles primaires de la région impliquant aussi les parents, précise Romane Carver.

Toutes ces préparations pour la première communion permettent aux enfants de prendre conscience qu'il est important de garder cette joie tout au long de leur vie, conclut Josiane Koonjean. «Pas seulement à la communion, mais dans leur vie de tous les jours», précise Romane Carver.

Sandra Potié

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