Des mouvements
de couples
au sein de l'Eglise

Les Equipes Notre-Dame

Les Equipes Notre-Dame est un mouvement catholique de couples mariés, reconnu officiellement par l'Eglise. L'objectif est d'aider les couples à découvrir leur sacrement de mariage et à en vivre pleinement. Ce mouvement, placé sous la protection de Notre-Dame, la Mère du Christ, encourage les couples à développer une spiritualité conjugale tout en s'entraidant mutuellement au sein d'une vie en équipe.

La Fraternité Cana

La Fraternité Cana est un cheminement en 4-5 ans au service des couples et des divorcés vivant seuls appelés à œuvrer pour l'unité de la personne, de la famille, de l'Eglise, du tissu social. Elle constitue une alliance pour l'évangélisation du couple et de la famille. Cette alliance se construit dans la prière, le partage réel, la vie en fraternité locale et par une formation chrétienne solide. Ses moyens d'action sont la prière d'intercession, le témoignage dans tous les lieux où elle est présente. Elle est un mouvement d'Eglise qui dépend de la Communauté du Chemin-Neuf et vit en lien avec les différents acteurs de la pastorale familiale et fait partie du Conseil national de la pastorale familiale.

Marriage Encounter

Marriage Encounter est une communauté constituée essentiellement de couples et de prêtres et de religieux/ses qui invite à la redécouverte de soi et de l'autre, à approfondir la relation au sein de chaque couple au départ d'un week-end de réflexion et de communication. Il s'agit d'une prise de conscience et de décision commune de s'aimer plus et mieux.

Line

Rev Eddy Cheong See

De l'interculturalité

à la théologie de libération

Le révérend Eddy Cheong See, du diocèse anglican de Maurice, est un des membres du Conseil des religions. Il partage avec «La Vie Catholique» comment, en tant que prêtre chrétien, il vit cette interculturalité. «Je ne la vis pas seulement dans le registre des analyses, mais je me sers des outils de la théologie de libération pour apporter cette libération aux oppressés, aux pauvres et aux délaissés sur ma route.» Rencontre.

Quelle richesse vous apporte l'interculturalité
que vous vivez au sein du Conseil des religions ?

L'interculturalité dans une société plurielle est une chose très riche. Vivre en commun et savoir respecter les valeurs et la culture de l'autre est d'une immense richesse. Au Conseil des religions, chaque membre de différentes religions vient avec sa spécificité, ses propres valeurs. Et ces valeurs sont accueillies par les autres membres. Grâce à la pensée théologique, j'arrive à bien cerner les différentes tendances, les différents courants. Le mot universal ethnics revient toujours dans le Conseil. Les membres sont très attentifs aux grandes fêtes religieuses. Plusieurs réflexions et analyses en découlent.

Dans quelles mesures ces réflexions vous éclairent-elles ?

Chaque religion a son propre registre de pensées pour faire véhiculer les messages qui ne sont pas nécessairement adaptables aux autres. Et le fait de côtoyer plusieurs religions me permet d'évoluer et d'élargir mes connaissances. Cela m'aide souvent au cours de mes homélies. C'est une façon pour moi de transmettre à mes fidèles ce que je reçois au Conseil. Aujourd'hui, le monde religieux est venu bouleverser tout l'esprit du prosélytisme. Ce qui est d'autant plus intéressant, c'est qu'il y a un respect mutuel et une grande honnêteté dans tout ce que nous faisons. Personne n'est intéressé à convertir l'autre.

Ces réflexions et analyses vous permettent-elles d'aller plus loin ?

Tout à fait. L'interculturalité a une dimension piège. Il ne faut pas rester sur des réflexions et des analyses, mais il faut oser aller au-delà. D'où la théologie de libération. L'engagement (praxis) est plus qu'essentiel afin de retirer des personnes des injustices sociales (structural sin). C'est important de faire le va-et-vient entre la réflexion et l'engagement et vice-versa (hermeneutics cycle). Au cas contraire, les discussions sont vaines.

Pour pouvoir arriver à cette théologie de libération, vos
messages doivent être véhiculés dans une langue adaptable ?

Le créole est le plus souvent utilisé. D'ailleurs, je me rends compte que quand je prêche en créole à Poudre-d'Or, il y a comme une vibration parmi l'assistance. Cela m'a fait prendre conscience à quel point on peut inconsciemment faire du mal à un peuple si on ne le laisse pas chanter et s'exprimer dans sa langue maternelle. Bien souvent, il y a des mots en créole qui perdent leur sensibilité s'ils sont traduits en français. Vouloir imposer une borrow language à un peuple, c'est lui infliger une injustice.

Propos recueillis par

Sandra Potié

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