p.5foto1

Hommage à la perle de Rodrigues

Toi, petite dame, aujourd'hui on te qualifie de grande dame. Moi, Annette, je témoigne :

Petite dame, oui, mais remplie de qualités et pleine de talents, tu as su partager tes qualités, tes idées, ta joie avec ce peuple que tu as aimé plus que tout. Parce que tu as su dire «non» à l'honneur qui t'était fait en te proposant un poste qui t'aurait permis de côtoyer la haute société pour dire «oui» à notre petite île Rodrigues dont parfois - souvent même - ceux qui ont le pouvoir de diriger n'ont pas toujours compris ce que tu souhaitais - non pour toi, mais pour tes sœurs et frères rodriguais.

Ta simplicité, ton cœur, tes oreilles qui savaient être à l'écoute pour comprendre ces petites gens qui ont tant besoin d'être soutenues, d'entendre les mots qu'il faut, quand il le faut. La discipline, c'était toi personnifiée - tu t'impliquais avec le sourire, mais avec sérieux pour nous laisser prendre conscience, agir. Et quand tu riais, tout redevenait normal.

Héritage

L'héritage que tu m'as laissé, c'est de savoir discerner la souffrance des autres, un don que Dieu t'avait donné à l'infini. Car la souffrance que j'avais à l'époque, toi seule l'avais devinée, toi qui m'avais accordé beaucoup plus de temps d'écoute que mes proches. Dieu a vu, Il savait que tu étais fatiguée et Il t'a dit : «Antoinette, viens te reposer dans Ma maison, ma fille, car tu l'as amplement mérité.»

Il nous incombe maintenant de laisser germer les bons grains que tu as semés et que tu nous as laissés. Là où tu es, avec ton Dieu, je suis sûre et certaine que tu pries pour que l'unité règne dans ton île Rodrigues. Tel était ton désir et tu l'as proclamé sans frayeur aucune, haut et fort devant ceux qui tiennent les rênes du pouvoir. Quel courage, mon amie ! Toi qui te faisais l'arbitre impartiale de ce match qui se joue actuellement à Rodrigues, maintenant que tu es partie, qui est celui, ou celle, qui fera entendre raison à ceux qui pourraient agir dans leurs intérêts personnels, sans se soucier de ceux des autres ? Qui osera se lever pour leur dire : «Holà, Messieurs, Mesdames, là vous êtes hors-jeu. Il vous faut tout reprendre, corriger l'erreur que vous avez faite !»

Fierté

Je suis fière de toi, Antoinette, de t'avoir connue, aimée, d'avoir connu ta famille, qui a accepté de te voir consacrer beaucoup plus de ton temps à œuvrer pour ton île, et surtout pour les enfants, ce monde où tu étais le plus à l'aise, sans hypocrisie en toute simplicité. Quand tu disais «Si nou ti capav simp, couma bann zanfan...» De tels mots de toi, j'en ai plein de souvenirs. Je ne t'oublierai jamais. Je pleure ton départ, pour mon île, qui a perdu

sa perle d'une valeur inestimable et qui ne sera jamais remplacée.

Antoinette, toi qui de tout temps était «diboute lor to lipie», maintenant «ki to pe dormi pou leternite», ton départ sur le bout du pied prendra beaucoup de temps pour se faire oublier. Le dimanche 1er avril 2007 restera à jamais gravé dans ma mémoire et celle des gens qui ont eu la chance de te connaître. Ton décès me rend davantage consciente de ces paroles d'évangile : «Veillez et priez, car vous ne savez ni le jour, ni l'heure...»

Annette Olivier, Moka

A Antoinette

Le grand-départ d'Antoinette Prudence constitue une perte inestimable pour les siens, pour Rodrigues, son île, et pour toutes les îles indianocéaniques. Femme de foi, d'une foi inébranlable et rayonnante en l'homme, nous te saluons, Antoinette! Tes combats à Rodrigues, à l'échelon des pays de l'océan Indien et, plus largement, au niveau international ont fait de toi une ambassadrice inlassable et convaincante pour un monde plus juste, plus solidaire, plus fraternel.

Nous qui avons eu le bonheur à Rodrigues, à ton Centre, à Carrefour, au Rodrigues Local Council, au CAFOC, à La Réunion, avec l'université Paris VIII, à l'université des Mascareignes, dont tu travaillais sur un projet de relance, de bénéficier de la fulgurance de tes avis et conseils et de ta totale disponibilité, nous te disons Merci et Fidélité !

Au nom de nombreux amis de La Réunion et de l'université Paris VIII et en mon nom personnel, je présente à tous les tiens nos condoléances les plus vives.

Raoul Lucas (La Réunion)

Condoléances

Nous avons appris avec tristesse la disparition de notre amie Antoinette Prudence. C'est une grande perte pour Rodrigues, où elle a joué un rôle essentiel dans l'éducation, dans la vie associative et dans l'évolution administrative et politique de l'île. Elle avait mis ses qualités au service de son peuple, et particulièrement des enfants..

Elle s'attachait au rayonnement de son île dans la région du sud-ouest de l'océan Indien, participant à de nombreuses réunions, colloques... où ses interventions étaient toujours intéressantes. Nous nous souvenons particulièrement de sa participation active aux différentes universités ouvertes des Mascareignes.

retour aller