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Pamela Bapoo-Dundoo, coordinatrice nationale du GEF-SGP du Pnud :

«On peut arriver à diminuer les déchets des décharges publiques et recycler le reste»

Projet novateur soutenu par une agence du Programme des Nations unies pour le développement, le premier essai de tri sélectif en cours à Roche-Bois va dans le sens d'une responsabilisation des citoyens à l'enjeu environnemental. Le point avec Pamela Bapoo-Dundoo, coordinatrice du projet.

Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) soutient le projet de ramassage d'ordures de Roche-Bois. Qu'en est-il au juste ?

Le projet de Roche-Bois est le premier essai de tri sélectif de déchets à Maurice. A travers ce projet, réalisé par le Mouvement pour le progrès de Roche-Bois (MPPRB), nous essayons de démontrer que ce tri sélectif peut se faire à la maison. C'est une question d'infrastructures et de volonté, d'information et de formation. Les déchets se composent de matières organiques qui seront recyclées en compost ; de produits en plastique, en nette diminution depuis l'introduction de la taxe sur les sacs en plastique ; de verres, de métaux et d'autres déchets toxiques (piles, white spirit, peinture...). Ce projet, qui concerne quatre zones de Roche-Bois, démontre que les Mauriciens peuvent, s'ils le veulent, mettre dans des poubelles différentes leurs ordures: bouteilles en plastique, cannettes de boissons, ordures alimentaires, cartons... Le projet illustre bien le fait que si l'habitant y met du sien, on peut arriver à diminuer la quantité de déchets dans les décharges publiques et recycler le reste.

Pensez-vous que les Mauriciens sont sensibilisés à la protection de l'environnement ?

Je pense qu'il y a plusieurs catégories de citoyens à Maurice : un petit noyau vraiment sensibilisé et qui, par ses achats, sa consommation d'énergie, d'eau et son comportement dans la nature, agit quotidiennement pour la protection de l'environnement. Une autre catégorie

est sensible, mais ne sait pas très bien comment contribuer à la protection de l'environnement. Mais la plupart, malheureusement, n'est que très peu consciente.

Quels sont les principaux problèmes environnementaux du pays ?

Le problème majeur concerne la gestion des déchets ­ nous sommes une petite île avec peu de sites pour disposer de nos déchets. Les autres problèmes sont lies au non respect des écosystèmes marins, marécageux et terrestres. Les projets de développement se soucient très peu de la destruction des milieux naturels.

Quels sont les projets environnementaux soutenus par le Pnud à Maurice ?

Le Programme de micro-financement du Fonds pour l'environnement mondial (PMF/FEM, connu comme le GEF-SGP à Maurice) est un mécanisme financier permettant l'appui et la promotion d'initiatives et d'actions communautaires visant à faire face aux grands problèmes environnementaux de le planète. Sa mission et sa gestion sont des réponses innovatrices à l'esprit et au mandat de l'Agenda 21 du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro (1992).

Le GEF-SGP a pour objectif de réaliser des bénéfices environnementaux mondiaux dans les domaines de priorités du GEF, cela à travers des actions communautaires au niveau local, tout en contribuant à l'amélioration des conditions d'existence des populations locales. Le GEF-SGP cherchera à promouvoir les activités économiques des communautés qui protègent la base de la vie par une démarche rationnelle et soutenable indispensable à un développement durable, tout en garantissant la conservation de la biodiversité, la protection des eaux internationales et l'atténuation des changements climatiques.

Propos recueillis par


Sylvio Sundanum


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