Des obsèques pleines de vie

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En mémoire d'Antoinette Prudence

En ce dimanche des Rameaux quelle triste nouvelle d'apprendre le décès d'une personne qui m'a formé et m'a aidé à être ce que je suis aujourd'hui: Antoinette Prudence. Je lui dis un grand merci pour tout ce qu'elle m'a apporté lors des sessions de l'ACE ainsi qu'à travers la JOC.

D'Antoinette Prudence, je garde d'excellents souvenirs. Durant ma dernière visite à Rodrigues, en décembre 2006, je me souviens de nos échanges sur la vie religieuse et sur les départs des prêtres. Nous avons également beaucoup parlé de la situation politique de notre île.

Elle était une femme qui portait beaucoup d'intérêt à la vie de Rodrigues dans son ensemble. Elle était une femme qui savait encourager et valoriser toujours les Rodriguais. Elle voyait toujours le positif qui amène le progrès, l'avancement dans la vie de toute personne. Elle avait un franc-parler; là où cela n'allait pas, elle trouvait les mots justes non pas pour détruire, mais pour construire.

Son départ est dur à accepter, surtout quand je revois les événements et que je repense aux paroles qu'elle m'avait dites : «Cette année, je viendrai à Poudre-d'Or.» Hélas, elle ne viendra jamais ! Merci Antoinette pour tout ce que vous avez fait ; là où vous êtes, continuez à prier pour moi. Mes sympathies à la famille Prudence de Papayes ; je suis de tout cœur avec vous. Je suis triste de ne pouvoir être avec vous en ce temps de deuil.

Frère Jean Margéot Ravina


Merci

Je voudrais par ces mots dire merci du fond du cœur à ma tante, Antoinette, pour tout ce que tu as fait pour nous et pour la famille. Je me souviens quand j'étais petit, alors que maman était malade, tu veillais sur nous. Tu préparais des petits plats pour nous afin d'apaiser notre faim et notre soif. Quand la famille était en difficulté, tu étais là pour nous consoler. Merci, parce que tu m'as aidé à grandir. Tu m'as aidé à développer mes capacités. Parfois, je me suis demandé pourquoi tu me pousses toujours à me dépasser. Maintenant, je connais la raison. Tu croyais beaucoup en moi. Dans mes moments de faiblesse et de découragement, tu m'as relevé et remis en route.

Merci pour tous ces discours et interventions que tu as partagés avec moi. Je n'oublierai jamais ces belles soirées où nous avons partagé sur les différents types de musique, de jazz, de Schubert.

Tu m'as aussi appris à analyser les événements, à apprécier les différentes cultures.

Ton travail au sein du MIDADE en France et tes visites au niveau international m'ont permis de voir Rodrigues et le monde autrement. Avec toi, on a toujours envie d'aller plus loin.

Je voudrais te redire cette phrase que tu aimes bien : «L'essentiel, ce n'est pas ce qu'on a fait de toi, mais ce que tu fais de ce qu'on fait de toi.»

Merci seigneur d'avoir mis Antoinette sur ma route .

Christian Raboude


Les cinq écoles primaires catholiques de Rodrigues étaient toutes fermées ce mardi 3 avril pour permettre aux écoliers et à leurs personnels d'assister aux funérailles d'Antoinette Prudence. Très tôt, les proches de la défunte ont récupéré son corps à la morgue de l'hôpital Queen Elizabeth, Crève-Cœur. Conduit par son chauffeur, Christophe Naramootoo, le convoi mortuaire s'est dirigé vers le centre Carrefour pour son dernier passage. Empruntant la route de l'Autonomie, vers 8h00, le cortège funèbre est descendu à Maréchal, où habitait cette grande dame, et où son corps fut exposé presque deux heures. Escorté par un motard de la police, précédé de motocyclistes, le cortège funèbre arrivait à la cathédrale St-Gabriel à 10h20, où une très grosse foule est venue rendre un dernier hommage à l'ex-directrice du centre Carrefour.

10h55. Mgr Alain Harel, entouré du clergé local et des confrères venus d'ailleurs, débute la cérémonie. L'église est pleine à craquer. Certaines personnes ne peuvent contenir leurs larmes. Dehors, des haut-parleurs ont été installés pour permettre aux gens de suivre la cérémonie. Les témoignages affluent. Gladys Latour, proche de la défunte, coordonne le programme. L'émotion est palpable. Deux enfants de l'Action catholique des enfants (ACE) ont lu un poème écrit par la défunte, Mersi Bondie, nou tap lamin pou li, pour le rallye annuel du mouvement en novembre 2006.

En route vers le cimetière, un jeune résume ce que tous pensent : «Pa sir si enn lot dimounn pou gagn enn zoli seremoni lanterman koumsa.» Clôturant la cérémonie, Mgr Alain Harel a donné rendez-vous aux militants d'Action catholique Rodrigues (Acrod) pour une rencontre, ce mardi, au centre Carrefour. L'évêque arrivait difficilement à cacher son émotion.

Antoinette est partie, mais ses œuvres resteront gravés dans la mémoire collective des Rodriguais. Unie dans la douleur, notre île l'a conduite à sa dernière demeure auprès du Christ Ressuscité. Elle nous passe maintennt le témoin !

Jean-Gérard Gaspard

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