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CEDOI 2007


Pour une liturgie dominicale missionnaire

L'Avant-CEDOI se réunit du 17 au 19 avril à La Réunion, avec pour thème : «Pour une liturgie dominicale missionnaire.» Elle sera suivie, du 20 au 27 avril, d'une session plénière à laquelle assisteront les évêques, les vicaires-généraux et les membres de la Commission théologie et pastorale.

La délégation mauricienne à l'Avant-CEDOI est composée d'Huguette Labour, de Thierry Goder, de Désiré Esther, de Mario Jolicœur et du père Alain Romaine. L'idée n'étant certes pas de mettre à l'avant leurs vues, les membres de l'équipe se sont donné une
méthode de travail qui reposait sur deux convictions fortes : brasser large et donner la parole au maximum à la base.

«Pour ce faire, l'équipe s'est rencontrée à plusieurs reprises, explique Huguette Labour. Nous avons assisté ensemble à des messes dans des paroisses rurales et urbaines, question de sentir les célébrations. Nous avons aussi tâté le pouls des paroissiens, tantôt à travers des micros-trottoirs, tantôt à travers des interviews. Nous sommes aussi descendus dans nos paroisses et nos régions pastorales respectives pour rencontrer les gens, recueillir la manière dont ils vivent la liturgie et dégager ensemble en quoi celle-ci est missionnaire.»

Outre une quasi-absence des jeunes, l'immersion dans la liturgie des deux paroisses visitées a vivement interpellé Mario Jolicœur. Son observation, il la juge d'ailleurs assez dure. «En dépit des efforts des prêtres pour rendre la Parole plus vivante, le pro-blème d'inculturation était entier dans une paroisse visitée. Le français était presque constamment utilisé alors que la paroisse est en plein quartier populaire. J'ai personnellement senti que ce n'était pas une messe communau

taire et ce, de par l'omniprésence du prêtre. Par ailleurs, je n'ai pas senti un gros effort pour faire ressortir la vie du peuple. Il y a donc la un très gros effort à faire pour que la liturgie, action du peuple, le soit vraiment.»

Thierry Goder, lui, se réjouit de la «continuité dans le processus de réflexion enclenchée depuis la CEDOI 2006» et de l'aspect «terre à terre» du thème de la CEDOI 2007. «Le sujet est des plus concrets et devrait, à mon avis, déboucher sur des idées pratiques. D'ailleurs, un des grands reproches à l'encontre de certaines rencontres et de débat est que leurs résultats dorment dans les tiroirs. Sur le terrain, nous avons recueilli beaucoup de choses profondes qui peuvent certainement aider les évêques dans leur démarche future.»

Le travail sur le terrain n'a pas été difficile, souligne, pour sa part, Désiré Esther. «Ce fut un véritable travail d'équipe où chacun a essayé d'apporter son maximum en vue d'un constat équilibré et profond», explique-t-il. Deux mots ont vivement interpellé l'équipe dans leur démarche, poursuit-il : «liturgie» et «missionnaire». «Il nous fallait aussi voir dans quelle mesure les choses ne se terminent pas à la sortie des messes. Comprendre comment les fidèles continuent à vivre du Christ dans leur vie de tous les jours; comment dans leur quotidien, ils portent la paix du Christ et sont porteurs de la Bonne nouvelle.»

C'est sous le «signe du service», heureux de la confiance de l'évêque que les délégués à la CEDOI 2007 s'apprêtent à quitter lundi prochain le pays et ce, en vue de «contribuer à l'avancement de l'Église».

Danièle Babooram


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