personne non plus de sa famille pour le faire à sa place; la femme est tombée enceinte à la suite d'un viol ou d'un cas d'inceste et elle ne désire pas garder cet enfant. Nous avons l'exemple de la Bosnie, où le Mufti de Bosnie avait autorisé l'avortement pour les femmes violées par les soldats serbes pendant la guerre.

Il existe une différence entre l'insufflation de l'âme réelle Ruh, qui se fait donc au quatrième mois de grossesse, et l'apparition des signes de la vie au sein du fœtus. En effet, les signes de la vie font leur apparition chez l'embryon bien avant que l'âme réelle ne soit insufflée, le cœur bat déjà à partir de la quatrième semaine de développement, et au cours du troisième mois, le fœtus commence à bouger. Il convient de souligner également qu'il existe un Hadith authentique qui mentionne que l'embryon reçoit la visite d'un ange lorsque 42 nuits de grossesse sont passées (6 semaines): Celui-ci est notamment chargé de «modeler» l'embryon par la formation de certains organes sensoriels.

Interdiction stricte

Par contre, l'école shaféite est d'avis qu'il est permis mais déconseillé (Makruh) d'avorter avant ces 42 jours de grossesse. Si cela devait se faire, l'accord des deux époux serait nécessaire. Après 42 jours, l'avortement est strictement interdit. Et encore, l'avortement est interdit depuis le moment où a lieu la fécondation.

Dans un certain nombre de Hadiths authentiques où sont détaillés les différentes étapes du développement embryonnaire, le Prophète affirme que l'âme est insufflée dans le fœtus au terme du quatrième mois de grossesse (120 jours), passé la limite, l'avortement est strictement interdit. Avorter dans un tel cas de figure est considéré comme étant un acte d'infanticide et est assimilé à un crime en islam.

Cependant, si le fait de conserver ce fœtus met la vie de la mère en danger, et qu'il ne soit pas possible de la sauver sans le retirer, dans ce cas, certains savants affirment que l'avortement est toléré, même si la vie a déjà été insufflée, en vertu de la règle en islam, qui veut que, lorsqu'on est obligé de choisir entre deux maux, on doit opter pour le moindre des deux. Dans ce cas précis, il est évident que la mort de la mère est une perte beaucoup plus grande que celle du fœtus. Qui de plus est, la vie de la mère est une réalité, alors que la naissance du futur enfant n'est encore, à ce stade, qu'espérée. Il est à noter que certains savants ont interdit l'avortement même dans ce cas.

Déjà un être humain

Les scientifiques disent aujourd'hui que le fœtus n'est pas une partie du corps de la femme, mais un être humain différent, qui a ses caractéristiques génétiques propres. Avorter ce n'est donc pas se faire arracher une dent ; l'embryon humain, tout petit, est déjà un être humain.

D'ailleurs, l'avortement comporte toujours un risque de santé, même si celui-ci est pratiqué

dans des conditions d'hygiène absolue. Apres une étude sur la question, publiée dans l'État de New Jersey, le professeur Angela Lanfranchi, sous l'autorité de qui cette étude a été publiée, explique : «L'avortement augmente les risques de cancers par le biais de multiples mécanismes. La grossesse expose la femme à de hauts niveaux d'œstrogènes agissant comme mitogènes et génotoxines et l'avortement provoqué laisse alors plus d'espace pour le développement de cancers. Avec risques de naissances prématurées subséquentes qui, à leur tour, sont facteurs de nouveaux risques.»

Selon les statistiques, il semble qu'une femme sur vingt environ regrette son geste immédiatement après l'avortement. Elle a fait l'expérience atroce qu'elle avait détruit un être humain que la Providence lui avait confié. Pour la plupart des femmes, c'est beaucoup plus tard.

Pour palier le problème de mauvaises conditions d'hygiène et l'absence de suivi médical qui sont à l'origine d'une mortalité élevée, faute de moyens, et de se faire avorter dans l'ombre, une meilleure alternative, c'est en les aidant sur le plan financier et en leur offrant du soutien émotionnel, car c'est souvent le désespoir découlant d'une perspective de vie d'isolement et de pauvreté à élever seule leur enfant qui pousse les femmes à se faire avorter.

Nos recommandations

Au lieu de légaliser ou de dépénaliser l'avortement dans des cas de détresse, toute une série de mesures pratiques peuvent être considérées par les autorités. Ces propositions pourront venir en aide aux jeunes filles et aux femmes en difficulté tout en respectant leur dignité de femme, et en leur donnant les moyens d'accueillir la vie humaine qu'elles portent en elles.

* Rendre la loi plus sévère pour des cas de viol et d'inceste ;

* Réaliser une politique d'éducation affective, sexuelle et parentale et statuer en ce sens ;

* Prendre des mesures de solidarité pour les futures mères en difficulté ;

* Améliorer les conditions d'adoption ;

* Elaborer une politique spéciale de logement et de soutien pour les mères célibataires ;

* Subventionner les crèches.

L'islam réprouve l'acte, qui est mauvais, mais pas les personnes. Dieu est pardon et Miséricorde infinie. En défendant l'enfant à naître, l'islam se fait défenseur de l'égalité de droit de tous les êtres humains à la vie. Les lois libéralisant l'avortement violent ce principe de base de toute démocratie et constituent un abus de pouvoir.

Muslim Citizen Council

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