p.5foto1

MCC : «Avortement: légaliser,
c'est banaliser le droit de vivre»

«La Vie Catholique» est heureuse de publier cette réflexion du Muslim Citizen Council sur un sujet de brûlante actualité : l'avortement.

Lors du forum-débat dans le cadre de la Journée internationale de la femme, Satish Faugoo, ministre de la Santé, a posé les questions suivantes à son auditoire:

1. Quelle attitude devrait-on avoir face à une grossesse qui fait suite à un viol ou à un cas d'inceste?

2. Comment faire face aux mauvaises conditions d'hygiène et l'absence de suivi médical à l'origine d'une mortalité élevée chez celles qui, faute de moyens, sont forcées de se faire avorter dans l'ombre?

3. Le temps n'est-il pas venu pour offrir aux femmes l'accès à un avortement médicalisé quand les circonstances le justifient?

Que répond l'islam à ces interrogations sur l'avortement?

Tout d'abord Dieu nous dit dans Le Coran: «C'est Lui qui vous connaît Le mieux quand Il vous a produit de Terre, et aussi quand vous étiez des embryons dans les ventres de vos mères. Ne vantez pas vous-mêmes votre pureté; c'est Lui qui connaît mieux ceux qui Le craignent.» (53: 32)

Donc, quand Dieu interpelle les êtres humains de cette manière «vous étiez des embryons dans les ventres de vos mères», ce qui veut dire que nous sommes entrés en existence dès le premier stade de la fécondation et non le quatrième mois, qu'on appelle le stade fœtal, alors que Dieu parle bien ici du premier stade embryonnaire.

Dieu nous informe que l'embryon est donc un être humain qui se développe au moment de la fécondation. L'âme est le moteur de la vie, sans l'âme le processus de la vie ne pourrait se développer, comme une chose inerte ne peut se mouvoir dans l'espace. Il n'existe pas de stade pré-embryonnaire, car à l'étape qui précède, l'être humain n'existe pas, seules existent deux gamètes (ovule, spermatozoïdes). La fusion de ces deux gamètes mâle et femelle au moment de la fécondation marque le début du développement d'un nouvel être humain. Dès la rencontre de ces deux gamètes, tout le patrimoine génétique est présent dans l'œuf ainsi obtenu.

La vie est sacrée

Il est nécessaire de rappeler que la vie du fœtus, à l'instar de la vie humaine en général, est sacrée en islam. A ce titre, elle se doit d'être gardée et protégée dans la mesure du possible. On peut se faire une idée de l'importance reconnue au fœtus lorsqu'on considère le fait que

la jurisprudence musulmane autorise à la femme qui est enceinte et qui craint pour la santé du futur bébé de ne pas jeûner durant le mois de Ramadan et de remplacer les jours ainsi manqués plus tard, alors que la pratique du jeûne du Ramadan compte parmi les cinq piliers les plus connus de l'islam.

Plus révélateur encore: à l'époque du Prophète Mohammad (Que La Paix de Dieu soit sur Lui), une femme était tombée enceinte après avoir commis l'adultère. Comme elle était venue se dénoncer devant Le Prophète, celui-ci prit la décision d'appliquer la peine prévue, mais pas avant que la femme en question n'ait accouché et complété la période d'allaitement.

C'est pourquoi, la règle de base en islam par rapport à l'avortement, c'est l'interdiction. Néanmoins, cette interdiction peut être plus ou moins sévère, dépendant des circonstances et surtout en fonction du moment où a lieu l'interruption de la grossesse.

Si le futur enfant se trouve encore à l'état embryonnaire, la femme peut avorter dans un cas de grande nécessité (réelle et reconnue) et pour une raison valable. Si une femme avorte sans raison valable, alors que les membres et les organes de fœtus avaient déjà commencé à se former, elle aura le péché d'avoir commis un crime. Et même si les membres et les organes du fœtus n'ont pas encore commencé à se former, il n'est pas permis de procéder à un avortement sans raison valable.

«Raisons valables»

Les raisons valables pour un avortement peuvent être de deux types:

1. Les facteurs qui sont en rapport avec le fœtus. Exemples: une malformation décelée du fœtus; la présence chez lui d'une déficience importante; le fort risque qu'il soit atteint par une maladie génétique grave héritée des parents. Une fatwa, émise par The Islamic Fiqh Committee of the Muslim World League, lors de la 12e session qui s'est déroulée à Makkah le 10 février 1990, stipule que, s'il est établi de façon certaine par un comité de médecins digne de confiance que le fœtus est malformé et que cette malformation ne pourra être traitée par la suite par les spécialistes, l'avortement est permis avec l'accord des parents et dans la limite des 120 jours de grossesse. Néanmoins, dans ce genre de cas, la décision éventuelle d'une interruption de grossesse devra être basée sur un diagnostic médical fiable et digne de confiance, et non pas sur de simples suppositions.

2. Les facteurs qui sont en rapport avec la mère. Exemples: la présence du fœtus met en danger la vie ou la santé mentale de la future mère; la femme étant handicapée physiquement ou mentalement, elle ne pourra pas élever correctement un éventuel enfant, et il n'y a

retour aller