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Pâques : moment de joie partagé en famille

Partout à travers le monde, les chrétiens vont célébrer la Pâques, la plus importante fête chrétienne, commémorant la résurrection du Christ, son passage de l'esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière. Elle est célébrée le dimanche et le lundi de Pâques. A Pâques, des œufs en chocolat ravissent grands et petits : de l'œuf au lapin, en passant par la poule et la cloche en chocolat.

«Pâque», mot hébreu, tire ses origines du grec paska, signifiant passage. La Pâque juive commémore trois événements : la fête de la moisson (les premiers épis offerts au Seigneur) ; la fête du sacrifice des moutons (un mouton sacrifié offert au Seigneur) ; la libération d'Egypte (rappelant Moïse, qui mène le peuple hébreu d'Egypte vers la terre promise, soit vers la liberté). Pour la Pâque juive, on immolait l'agneau pascal (représentant le sang de l'agneau) et on mangeait des pains sans levain (faute de temps pour cuire) et des herbes amères (l'amertume dans le désert).

Pour la fête de Pâques, fête religieuse chrétienne, nous fêtons Jésus ressuscité ; Jésus vivant : «Celui qui est mort sur la croix et que Dieu a fait passer de la mort à la vie.» Cette fête commémore la résurrection de Jésus-Christ, trois jours après sa crucifixion. «Jésus-Christ est l'agneau immolé, l'agneau de Dieu qui donne sa vie... C'est lui notre Pâques. C'est le grand passage du Christ de l'esclavage à la liberté, de la mort à la grande vie», explique le père Jean-Claude Véder. Cette fête marque aussi la fin du jeûne du carême chrétien.

Sylvie, Mauricienne habitant l'île de La Réunion, prend beaucoup de plaisir à préparer ses trois fils - Etienne, 17 ans ; Damien, 15 ans ; et Axel, 13 ans - à la fête de Pâques qui, précise-t-elle, est la plus belle fête chrétienne. Elle veille à ce que ses enfants entrent dans la préparation dès le Jeudi Saint, avec la messe célébrée à 18h00. «Je leur explique le sens du lavement des pieds et la Sainte Cène.» Après la messe, Sylvie et son mari, Stéphane, organisent un repas pascal dans leur demeure. Ceci afin de commémorer le repas qu'avait pris le Christ avec ses disciples.

Semaine sainte

Durant ce repas, qui dure au moins deux heures, quelques amis sont invités. A l'exemple de Michel Paquier, ami juif, qui ne rate jamais de prendre le repas pascal avec la famille. Des textes sur le passage des esclaves hébreux retrouvant la liberté et aussi le texte de Jésus prenant son dernier repas avec ses disciples sont lus à table avec une musique israélienne de fond. Sur la table : chandelier à sept branches. Et au menu : agneau pascal, herbes amères, le pain sans levain, œufs et le charoset (mélange de pommes et de pistaches et qui représente la fabrication des briques), sans oublier le vin (sang du Christ). Sylvie prendra soin de décorer la maison avec des étoiles de David.

Le lendemain, Vendredi Saint, la famille jeûne toute la journée. La cérémonie du Vendredi Saint commence à 15h00, avec l'adoration de la Croix. Et le samedi matin, c'est le grand nettoyage

de la maison pour accueillir le Christ ressuscité, souligne Sylvie. Les décorations des étoiles de David sont toujours là, mais Sylvie y ajoute des fleurs vives. Elle prépare aussi la table pour le dîner le soir après la messe de la veillée. Ce jour-là, Sylvie sortira ses plus beaux couverts.

Cierge pascal

Les bougies ce soir-là vont être allumées du feu qu'elle va prendre du cierge pascal pendant la veillée pascale. «Ce feu restera toute une nuit allumé dans toutes les pièces de la maison pour que le Christ éclaire notre famille», précise Sylvie. Pour le dîner, sa copine Sabrina sera des leurs. Comme menu, pas d'agneau, mais du foie gras en entrée et des camarons géants en plat principal, suivi du fromage et du dessert : clafoutis aux pommes.

Le matin du dimanche de Pâques, Sylvie se réveille assez tôt pour cacher les œufs de Pâques dans toute la maison. A leur réveil, les enfants vont chercher les œufs dans tous les coins de la maison. «Ils adorent ce jeu, surtout ils aiment bien voir celui qui en a le plus», renchérit Sylvie. Elle profite aussi pour leur expliquer que «de par sa mort et sa résurrection, le Christ nous a promis qu'un jour, nous aussi nous ressusciterons et vivrons tous ensemble dans la gloire du Père».

La journée se poursuivra avec le repas du midi : canard confit accompagné de carottes aux oignions. Bien sûr, Stéphane, son mari, a prévu de très bons vins pour la Pâques, sans oublier le fromage et le dessert (gâteau de Pâques et œuf de Pâques). L'après-midi, la famille sera cette année dans la piscine des Solet. «On emmènera bien sûr un œuf de Pâques pour la famille.»

Même chose pour Serge, qui se met à bouillir une vingtaine d'œufs dès qu'il rentre de la veillée pascale. Le matin de Pâques, il va se réveiller très tôt pour rôtir les œufs qui seront au centre de la table pour le petit déjeuner avec sa femme, Marie-Claude. Serge en partagera aussi avec son fils Thierry et la femme de ce dernier, Sheila, ainsi que sa fille Peggy et son mari Jean-Daniel. Ces derniers occupant chacun une aile de la maison.

La chasse aux œufs

Tout de suite après, Serge placera avec soin les œufs de Pâques dans les fougères et les pots de fleurs. Toute la famille se placera ensuite dans la cour pour assister Alexandre (7 ans) et Noémie (2 ans) s'amuser à chercher les œufs de Pâques. Ce jour-là, le déjeuner va être très simple, car Thierry et Peggy partent chez leurs beaux-parents. Rendez-vous pour le dîner composé d'un salmi de canard que Serge lui-même a déplumé. Le lendemain, toute la famille se rendra à la mer.

Bref, au matin de Pâques la joie pascale gagnera, certes, tous les chrétiens qui croient en ce mystère de la résurrection de Jésus-Christ. Et c'est cette joie qui nous poussera à nous engager dans une vie nouvelle.

Sandra Potié

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