Des obsèques pleines de vie

Des milliers de rodriguais de tous horizons sont venus
lui rendre un dernier hommage à St-Gabriel mardi dernier.

Billet

Ta dernière volonté

Je t'ai rencontrée pour la première fois en 1975 quand j'ai fait mon entrée dans l'ACE. Cette première session de formation à Baladirou restera gravée dans ma mémoire. Deux ans plus tard, nous avons représenté ensemble les enfants de Rodrigues à une rencontre interîles à La Réunion. C'est toi qu m'a donc initié à l'ouverture sur le monde et sur l'importance de tout faire pour mettre en valeur ce qui se passe chez nous. Tu m'as appris que nos expériences à Rodrigues peuvent aider les autres à aller plus loin et que nous devons aussi être ouverts pour nous inspirer de ce qui se passe ailleurs.

Mes années d'études en France coïncidaient avec ton passage à Paris comme secrétaire générale du MIDADE. Loin de Rodrigues, nous partagions nos rêves et nos espoirs pour notre île bien-aimée. Et tu me parlais aussi avec passion de la situation dans d'autres pays et des enfants que tu allais visiter dans différents coins du monde.

Au fil des années tu es devenue la personne vers laquelle je me tournais pour avoir un éclairage et pour affiner mes réflexions. Ton esprit d'ouverture, ton calme, ton attention aux réalités, ta vie enracinée dans la foi au Christ ont fait de toi un modèle pour moi. Tu te donnais à fond pour deux choses : Valoriser le rôle des laïcs dans l'Eglise et valoriser le Rodriguais.

Tu n'étais pas à l'abri des critiques. Mais tu les prenais toujours avec un calme déconcertant. Rien ne pouvait arrêter ta détermination pour défendre les bonnes causes.

Tu avais aussi un sens de l'humour, tu savais rire de toi-même. Des choses simples déclenchaient souvent un fou rire que tu savais communiquer aux autres.

Une de tes dernières interventions publiques a été celle que tu as faite devant le Premier ministre le mois dernier. Comme d'autres qui étaient présents, j'ai vu que tu parlais avec beaucoup d'émotion ce jour-là. Tu as sûrement beaucoup souffert quand tu as vu les blessures et les divisions causées par la dernière campagne électorale. Tu semblais supplier le Premier ministre pour que Maurice aide Rodrigues à travailler pour la réconciliation. Il est vrai que dans d'autres circonstances tu parlais souvent de la construction d'une île Rodrigues solidaire.

Pour te rendre hommage aujourd'hui, il faut continuer ce que tu as commencé. Pour te dire que tu as eu raison de montrer le chemin, nous sommes tous appelés, là où nous sommes a poser des jalons qui conduisent notre pays vers la vraie réconciliation. Ce plaidoyer pour la réconciliation a été la dernière intervention que tu as faite. Réconcilier les Rodriguais pour construire ensemble le pays, est-ce ta dernière volonté ?

Benoît Jolicoeur

Line

Johnson Roussety, Chef-commissaire


«L'esprit d'Antoinette Prudence doit continuer»

C'est un grand chagrin pour moi car elle était très active dans son engagement. J'ai eu l'occasion de participer à quelques réunions au centre Carrefour. J'ai pu découvrir qu'Antoinette Prudence était une personne très intelligente qui avait un engagement et une détermination. Elle a mené une action politique, mais n'a jamais voulu venir au-devant de la scène. C'est cela sa grande qualité. Elle a travaillé dans l'ombre pour Rodrigues, un travail indispensable. Rodrigues avait besoin d'une telle personne pour remplir ce rôle.

Je regrette que le rendez-vous pris pour parler des 100 ans des écoles catholiques à Rodrigues n'a pu avoir lieu. Son départ est une grosse perte pour Rodrigues. Je pense qu'on doit commémorer son départ et continuer son engagement.

Nous allons étudier ce qu'on peut faire au niveau de l'Assemblée régionale pour marquer l'événement. Je pense qu'il faut aussi à l'avenir donner son nom aux écoles et autres infrastructures sociales. Il faut aussi penser à écrire une bibliographie d'Antoinette Prudence.

Sa méthode de travail : partir des choses simples pour aller plus loin. Il y a eu, par exemple, toute la réflexion sur le thème Maniere elever tifi , ti garcon. A première vue, il n'y a pas de pertinence, mais après, on découvre des enjeux importants pour le pays. Elle avait l'art de rendre des choses simples importantes. L'esprit et la méthode d'Antoinette Prudence doivent continuer à vivre et à influencer notre pays.

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