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Christian Lecordier : «Nous espérons que le gouvernement instituera un comité pour réfléchir sur d'autres formes d'aide»

Alors que le gouvernement a cédé en partie sur la question des subventions pour les frais d'examen de SC et de HSC, les divergences entre la Plateforme citoyenne, composée de parents et de collégiens, et la Plateforme nationale, qui réunit syndicats et partis politiques de l'opposition, ont été étalées au grand jour. Parole aujourd'hui à Christian Lecordier, initiateur de la Plateforme citoyenne...

Le gouvernement est venu avec les 25% sur les frais d'examens de SC/HSC. Cela vous satisfait-il ?

Pas à 100%. Toutefois, nous reconnaissons l'effort du gouvernement, qui a tenu compte de la formule que nous avions proposée, mais qui l'a réadaptée pour des besoins administratifs. Il aurait pu faire un effort supplémentaire en accordant les 50% de subvention demandée, surtout pour ceux touchant jusqu'à Rs 15 000. Le gouvernement ne se rend pas compte que les gens souffrent énormément de la cherté de la vie. Chose qui nous satisfait tout de même : c'est le seuil du bas que le gouvernement a relevé.

Que compte faire maintenant la plateforme citoyenne ?

Nous ne comptons pas demeurer les bras croisés. Nous avons mis beaucoup d'accent sur l'instauration d'un comité comprenant les compétences requises pour réfléchir sur les autres formes d'aide indépendamment des frais d'examens. La plateforme citoyenne a été initiée à partir du PTA du collège du Saint-Esprit. Et dès la première réunion, on a cru bon de l'ouvrir aux gens de bonne volonté pour venir réfléchir ensemble pour la cause de nos enfants. Au sein de la plateforme, nous croyons fermement qu'il y a de la place à Maurice pour les opinions citoyennes. Nous sommes en train également de réfléchir comment sensibiliser les parents dans ce sens. Nous espérons que le gouvernement viendra dans les jours à venir confirmer l'institution d'un tel comité.

Votre rencontre avec le PM n'a-t-elle pas été simplement une opération de communication de la part de Navin Ramgoolam ? N'avez-vous pas été mené en bateau ?

Penser ainsi serait donner une gifle à nos enfants. Je ne peux nullement justifier ma liberté d'expression. Il fallait dialoguer pour faire avancer les choses. Et c'est dans ce sens que la plateforme citoyenne, composée de plusieurs enfants de divers collèges confessionnels, toutes communautés confondues, a rencontré le PM. Cela concerne l'avenir de nos enfants. Et ils ont le droit d'aller de l'avant pour rencontrer le PM. Le Front Bench n'est pas réservé uniquement aux politiciens et aux syndicalistes.

Ne pensez-vous pas que votre rencontre avec le PM est venue affaiblir la position de l'ensemble de ceux qui contestent l'abolition des subventions ?

Aussi longtemps que nous agissons honnêtement et pour l'ensemble des enfants mauriciens, nous n'avons rien à craindre. Nous sommes satisfaits de notre démarche.

Un journal a rapporté que le PM vous a reçu parce que, comme lui, vous êtes franc-maçon...

Comme chaque Mauricien est libre de ses actions, les démagogues ont également la liberté de faire entendre leur voix. Mais je tiens à préciser que je n'ai jamais rencontré le PM auparavant. C'est la toute première fois que je lui parle.

Votre appartenance à la franc-maçonnerie, vous confirmez ou vous infirmez ?

(Grand éclat de rire)... Je vous ai déjà répondu...

Pourquoi avez-vous si peur de la chose politique alors que vous avez été vous-même conseiller municipal MMM à Rose-Hill ?

Je n'ai aucunement peur de la chose politique. Tout simplement, la politique ne peut pas commander mes mouvements. D'ailleurs, je suis sûr que les gens de la plateforme citoyenne sont de diverses tendances politiques.

Propos recueillis par


Sandra Potié


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