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Renelda Alexis, sacristine


Plus de 40 ans au service
de la chapelle de Poste-de-Flacq

Renelda Alexis, habitante de Poste-de-Flacq, agit comme sacristine de la chapelle St-Maurice, située dans ce village de l'Est. C'est une femme heureuse qui nous parle de son métier de sacristine et de ses engagements paroissiaux.

Cela fait plus de quarante ans qu'elle s'occupe de cette chapelle vieille de plus de 140 ans, car ce lieu de culte a été construit entre 1864 et 1866, alors que le père Buguel, spiritain, en était le responsable. «Enfant, j'avais l'habitude d'accompagner mon père, qui s'occupait de l'entretien de la chapelle. A sa mort, mes sœurs et moi avons continué à nous occuper de ce lieu de culte.» Aujourd'hui, il ne lui reste plus que ses quatre sœurs - ses parents ainsi que ses deux frères étant décédés.

Renelda Alexis est née et a grandi à Poste-de Flacq. «C'est le père Louis Nallétamby, alors curé de St-Michel, Pont-Praslin, qui me proposa de m'occuper de cette chapelle. Dans ma tête, ce n'est pas encore un métier. Je devais nettoyer la chapelle chaque lundi matin et le vendredi ou samedi matin pour les célébrations du week-end. Une fois par mois et pour les fêtes, avec l'aide de quelques volontaires, je faisais le grand nettoyage.»

Notre invitée est également chargée du bon déroulement des célébrations, de préparer tous les objets liturgiques nécessaires pour les messes, les sacrements - baptême, première communion, confirmation, mariage et funérailles. Elle s'occupe aussi de la sacristie - où sont déposés les vases sacrés, les ornements de l'église et où les prêtres et les enfants de chœur revêtent les habits en usage pour les offices. «J'ai débuté à l'époque avec Rs 15 par mois.»

Elle doit également faire tinter les cloches de l'église pour les prières, l'angélus, les messes et mariages. «Je dois également être disponible pour les funérailles. Pour chaque événement, l'on fait sonner les cloches d'une manière différente. Les cloches résonnent également pour annoncer un cyclone, une inondation, un incendie dans le village ou pour le décès d'une importante personnalité, comme le pape. En cas de cyclone puissant, les habitants du village venaient chercher refuge à la chapelle.» Renelda raconte que lors de la deuxième alerte de tsunami, les cloches de la chapelle ont été activées en pleine nuit «pour attirer l'attention des villageois et des pêcheurs».

Les 100 ans de la paroisse

Alors encore très jeune, Renelda Alexis se souvient du passage du cyclone Carol en 1960 ­ la chapelle St-Maurice fut endommagée. Avec sa famille et quelques habitants, ils

durent trouver refuge à l'école RCA. «En trois ans, les travaux de restauration et de rénovation de la chapelle furent complétés. Je me souviens des manifestations entourant le centenaire de la chapelle en 1964 ­ ce fut un événement grandiose pour le village et ses habitants.»

Notre invitée relate qu'elle agissait auparavant comme guide et secrétaire de prêtres nouvellement affectés à la paroisse. C'est également elle qui les faisait visiter le village et rencontrer les familles. Elle dit avoir vu une vingtaine de curés et de vicaires, à l'œuvre, «chacun ayant sa petite manie et ses qualités» et ceux qui l'ont marquée ou impressionnée sont les pères Louis Nallétamby ; Ronald Gandy; Roger Leclos ; Léonce Trublet-Raoul ; Gérard Guillemot ; Jacques Leblanc ; le séminariste Roland Schmitt. Elle se souvient encore des mots du père Leclos à son oncle, Gabriel Alexis, très engagé dans la paroisse et qui venait souvent lui donner un coup de main comme volontaire pour les grandes occasions. «Bondie pe appel zot. Rod lezot pou kapav fer grandi zot legliz. Legliz St-Moris li dan zot la me. Se isi ki zot pou truv zot boner.» Renelda Alexis ajoute avoir gardé un «très bon souvenir du passage d'Yvan Martial dans la paroisse. Il m'a émerveillée lors de son court passage chez nous. Il était proche de la famille Alexis. Il nous a consolés lors du décès de mon père».

Autres responsabilités

Outre ses responsabilités professionnelles, Renelda est très engagée dans sa paroisse : responsable de chorale, donneuse de communion aux malades et aux vieux, catéchète pour les enfants de Std III de l'école primaire de Poste-de-Flacq. «Les religieuses du couvent du Bon-Secours ont joué en grand rôle dans ma vie. Les sœurs Colombe et Assomption m'ont toujours soutenue.»

Renelda Alexis estime que «c'est une vocation d'être au service de l'Eglise et de la paroisse». Elle remercie Dieu qui l'a comblée de bienfaits jusqu'ici. Elle dit nullement regretter ses «engagements épanouissants et une vie bien remplie, malgré les hauts et les bas». Son métier lui a permis de connaître l'amitié et le respect de plusieurs prêtres mauriciens et étrangers. Elle espère que la région et la paroisse continuent à progresser. A propos des jeunes, elle demande qu'on les aide dans leurs choix, dans leurs démanches : Et, «plutôt que de s'opposer à eux, il faut leur faire comprendre qu'ils seront dorénavant écoutés et compris. Il faut encadrer les jeunes, car l'avenir leur appartient».

Sylvio Sundanum

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