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Samedi dernier


Tous mobilisés contre la
légalisation de l'avortement

Le Comité interculturel pour le respect de la vie a réuni une bonne foule au St-Mary's College pour son premier rassemblement de conscientisation sur la question de la légalisation de l'avortement. Les différents intervenants ont tous motivé leur opposition à la légalisation de l'avortement.

Prenant la parole en premier, Mary Jolicœur, travailleuse sociale, a été terre à terre dans ses arguments en invitant ceux qui militent contre la légalisation de l'avortement à s'engager aussi pour le respect de la vie après la naissance. «Si nous désirons une cohérence dans notre combat, nous ne pouvons nous limiter à lutter pour le respect de la vie avant la naissance. Après la naissance, ce qu'il advient d'une vie, nous faisons comme si cela ne nous concerne plus.»

L'intervenante s'est ainsi élevée a) contre l'état de pauvreté que vivent de nombreuses personnes victimes des conséquences de la mondialisation ; b) contre le nombre de suicides parmi les jeunes ; et, c) contre la prostitution ou la drogue, qui font des centaines de victimes.

«Zordi, nou pe defann lavortman ek defann lavi. Cela ne servira à rien si nous ne nous battons pas pour le bien-être et une meilleure qualité de vie de chaque homme et femme de ce pays.» Pour elle, un enfant, à sa naissance, a droit à de la nourriture appropriée pour qu'il puisse grandir normalement ; il a droit à un logement décent ; droit à une bonne éducation et à un bon environnement. «Si notre combat ne se limite qu'à lui permettre de naître sans nous soucier de ce qui lui adviendra après, nous ferons preuve d'une grande irresponsabilité. D'où l'importance que notre combat contre l'avortement aille de pair avec un combat pour la justice.» Le message ne pouvait pas être plus clair.

Enfant trisomique

Lui succédant, Gilberte Chung a ému plus d'un en parlant du bonheur qu'elle éprouve grâce à son fils Kenny, atteint de trisomie 21. Elle a évoqué la possibilité qu'on aurait pu lui demander de se faire avorter si elle vivait dans un pays où cela est légalisé. Gilbert Chung a expliqué que Kenny fait la joie de la famille et qu'il est un enfant qui a ouvert les yeux à beaucoup de gens et qui a fait grandir tous les enfants et enseignants de son école. «Là où il passe, après les premières minutes de gêne à cause de sa différence et de son handicap, il fond les cœurs. Il enrichit la vie.» Elle a parlé de la beauté de la vie, même si elle ne semble pas parfaite aux yeux de la société. Gilbert Chung a proposé deux possibilités à l'avortement : l'accompagnement et l'adoption.

Mgr Maurice E. Piat a invité les citoyens mauriciens à la réflexion. Il a ainsi partagé trois interrogations :

a) Quelle attitude avoir lorsque nous rencontrons des femmes enceintes après avoir subi à un viol ou à une relation incestueuse ?

b) Comment gérer le problème des mauvaises conditions d'hygiène des avortements clandestins, qui mettent la vie des femmes en danger ?

c) Réfléchir sur la question posée par un ministre : le moment n'est-il pas venu d'offrir aux femmes l'accès à un avortement médicalisé sans risque quand les circonstances le justifient?

Supprimer une vie humaine

Concernant les cas de détresse, Mgr Piat s'est demandé si c'est «vraiment aider les femmes en leur proposant une solution de facilité qui est tentante, parce qu'elle semble résoudre leur problème dans l'immédiat, mais qui en réalité entraîne des troubles psychologiques profonds». Pour lui, aider les femmes en détresse à avorter, c'est les aider en fait à supprimer la vie humaine qu'elles portent en elle. «Même si cette vie humaine a été conçue dans des circonstances extrêmement pénibles, elle est avant tout une vie humaine, innocente, fragile.»

L'évêque de Port-Louis a fait comprendre que tout ceci n'est pas une doctrine religieuse, mais une vérité scientifique largement reconnue à plusieurs reprises par les plus grands généticiens du monde. Il a aussi fait appel à une vie sexuelle responsable et que l'avortement ne soit pas un moyen de contraception. (Voir des extraits de son intervention en page de droite).

Me Hervé Lassémillante, avocat, a parlé des différents traités de droits humains que Maurice a signés. Il a expliqué que notre pays possède des lois pour protéger la vie et qu'elles sont contre l'avortement. Pour lui, les arguments de ceux en faveur de la légalisation de l'avortement dans des cas spécifiques ne tiennent pas la route et les citoyens doivent, selon lui, interpeller le gouvernement. «Si on commence par la permission de tuer, ce sera l'escalade : on passera à l'euthanasie et au suicide», a-t-il fait comprendre.

D'autres intervenants ont également pris la parole au cours de ce rassemblement : Jacqueline Madelon, du Mouvement d'aide à la maternité (Mam), organisme qui milite pour la vie et qui accompagne les mères célibataires ; Adith Nobaub, de la société ISKCON, qui a parlé des écrits védiques ; le père Gérard Sullivan, sur le christianisme ; et Imran Beedassy, sur l'islam et l'avortement. De son côté, le Dr François Ip a fait un bref exposé sur les aspects scientifiques et médicaux concernant l'avortement.

Jean-Marie St-Cyr

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