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Force, amour et maîtrise de soi

Notre quotidien est désormais placé sous le signe de l'insécurité : marasme économique, planète en danger, risques de maladies mortelles, précarité... D'où notre inquiétude face à l'avenir. Que pouvons-nous tirer de la Bible ? «Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment, ni ne moissonnent, ils n'amassent point dans les greniers ; et votre père céleste les nourrit !» (Mat 6, 26)

Par ces paroles, Jésus ne veut nullement dire qu'il ne faut pas faire provision pour le futur ­ ce serait de l'irresponsabilité ! Mais, tout comme il ne faut pas s'arrêter sur le passé qu'on ne peut pas changer, il ne faut pas non plus perdre du temps à «s'imaginer» notre futur. A Timothée, qui se préoccupe trop de l'avenir, saint Paul affirme que «ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi». (2 Tm 1, 7)

Nous tous connaissons, à un moment ou à un autre, la peur. Mais les baptisés que nous sommes avons une armure contre cela : l'esprit de Dieu. Même s'il est parfois malheureux que ce soit dans nos moments de détresse que nous prions le plus, cela demeure souvent notre plus grand refuge Certaines personnes qui passent par des tragédies n'arrivent à s'en sortir que grâce à leur foi, à la force que Dieu leur donne.

Dans les évangiles, Pierre renie Jésus en trois occasions. Mais, il sera prêt à mourir plus tard au nom de ce même Christ ressuscité. Face à la maladie ou autres épreuves, le croyant a un avantage conséquent sur l'incroyant : la force de la prière. Et des scientifiques ont d'ailleurs constaté le healing effect de la prière.

C'est également la peur, la peur de l'échec qui nous paralyse dans nos rapports avec l'autre. Ainsi, ils sont de plus en plus nombreux les couples qui ne résistent pas aux épreuves du temps et de la vie. Ou encore

les murs qui se dressent entre parents et enfants. Ou des rapports difficiles dans le monde du travail.

Notre pire ennemi : notre égo. Et c'est uniquement l'esprit d'amour qui peut nous sauver, nous permettre de transcender notre égoïsme et de chasser notre peur et dépasser «nos» problèmes ! Si nous sommes souvent des éternels insatisfaits, c'est parce que nous avons oublié qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir. Donner pas seulement du matériel, mais également de nous-mêmes.

Il est paradoxal qu'à l'heure où l'homme prétend maîtriser toutes les technologies, nous sommes de plus en plus incapables d'être maîtres de nous-mêmes. L'homme est le seul être vivant qui sait qu'il va mourir. Et, consciemment ou inconsciemment, nous cherchons tous à donner un sens à notre vie ­ mais savons-nous vraiment où nous allons ?

Aujourd'hui, le bonheur paraît impossible sans prospérité matérielle. Nous sommes esclaves de notre confort. Et, devant des lendemains économiques difficiles, beaucoup cèdent à la panique et à l'irrationnel : désir d'émigration et argent facile deviennent, pour beaucoup, les seules solutions. La raison peut aller se rhabiller, car ce sont désormais les événements qui nous dominent.

La sagesse populaire le reconnaît : «Aide-toi et le ciel t'aidera!» Jésus nous appelle effectivement à accomplir la moitié du chemin, à réaliser ce qui est de notre ressort. Il fera le reste avec nous. «Ne vous inquiétez pas pour le lendemain : le lendemain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine», nous dit Jésus (Mt 6, 34). Un appel à la confiance.

Erick Brelu-Brelu


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