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Reconciliation

Cela fait trois mois que les élections ont eu lieu. Avec une certaine émotion, Antoinette Prudence a lancé un appel au Premier ministre pour que l'île Maurice aide Rodrigues dans ses efforts pour une vraie réconciliation après les dernières élections qui laissent encore des blessures.

Travailler ensemble dans la paix et l'harmonie c'est l'aspiration qui est inscrite au plus profond de chacun de nous. Mais que faisons-nous concrètement pour répondre à cette aspiration ? Il est bien malheureux que depuis quelque temps il y a des gestes, des paroles et des écrits qui vont dans le sens de la division et de la haine.

Il y a eu la publication d'un article dans un hebdomadaire politique qui, pour bien dénigrer l'adversaire, va jusqu'à dire que sa chair n'est pas comestible mais plutôt venimeuse. Il y a eu ce refus de poignée de main en public de certains adversaires politiques, des réactions hostiles au cours d'un discours officiel, une visite du Premier ministre empreinte de politique partisane. On a l'impression que la réconciliation ce n'est pas le souci de certains dans ce pays. Ils continuent à chercher tous les moyens pour dénigrer l'autre et se venger. Quel esprit !

Dieu merci, il y a d'autres expériences qui sont vécues en ce moment. Des personnes issues de mouvements d'Action Catholique essayent de tout mettre en œuvre afin que les personnes de différents bords politiques puissent se mettre ensemble pour réfléchir et travailler pour l'avancement de Rodrigues.

En ce temps de carême, les chrétiens de partis politiques différents qui avaient du mal à se regarder durant la campagne électorale décident de se rassembler pour réfléchir sur la lettre pastorale. C'est déjà un très grand pas d'uatnat plus que le thème de la réconciliation est souvent explicitement abordé.

Dans plusieurs villages il y a eu de véritables signes de réconciliation. Des chrétiens ont reconnu publiquement qu'au cours de la campagne électorale, ils ont blessé leurs voisins et leurs proches par certaines attitudes et paroles. Et ils décident de demander pardon et de se réconcilier. Oui, cela se passe aujourd'hui dans des villages à Rodrigues. Quel exemple d'humilité et d'ouverture ! C'est cela la bonne Nouvelle.

Cette prière de Jésus a une résonance particulière en nous aujourd'hui.

«Je te loue Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout petits.» Lc 10 , 21

Visite du Premier ministre le Dr Navin Ramgoolam :


«Rodrigues doit s'intégrer dans l'économie mauricienne et mondiale»

Le Premier ministre le Dr Navin Ramgoolam était en visite officielle à Rodrigues du 18 au 20 mars. Il était à sa deuxième visite dans l'île après celle de janvier 1996. C'était l'occasion pour le chef du gouvernement Mauricien d'avoir des sessions de travail avec le nouveau gouvernement régional issu des urnes en décembre dernier ainsi que le chef de l'Opposition rodriguais. Le Dr Ramgoolam s'est d'abord dit impressionné par l'accueil chaleureux qu'il a reçu des Rodriguais. «Les Rodriguais nous servent d'exemple par leur sens d'accueil, leur volonté de prendre des initiatives et d'entreprendre.»

Lors d'une fête populaire à Malabar, dimanche dernier, dans le cadre des célébrations marquant le 39e anniversaire de l'indépendance, le Premier ministre a parlé de la situation difficile de l'économie de Maurice et de la volonté de son gouvernement de répondre aux aspirations du peuple de Rodrigues. Il a développé les mêmes idées au cours d'une séance spéciale de l'Assemblée régionale qui a eu lieu le lundi 19 mars à 11h à Port-Mathurin. A cette occasion, il a salué la détermination de la nouvelle équipe dirigeante de rendre l'île plus productive et consolider l'économie. Il a exprimé le souhait que Rodrigues augmente sa production pour redevenir le grenier de l'île Maurice.

Selon le Dr Navin Ramgoolam le développement de Rodrigues passera nécessairement par la technologie informatique. Un développement qui doit se faire dans l'harmonie, en conciliant préservation des traditions et modernité.

Il a conclu en disant que le conseil des ministres sera sensible aux propositions budgétaires qui seront faites par le gouvernement régional.

L'après-midi de lundi a été marquée essentiellement par une rencontre avec les forces vives de Rodrigues et la visite du site de cascade Pistache pour une éventuelle construction d'un barrage.

Une rencontre avec la société civile et le secteur privé que le Premier ministre a tenu à avoir pour mieux connaître les attentes de la population. C'était l'occasion pour le Dr Navin Ramgoolam

de réaffirmer les priorités de son gouvernement qui veut donner une attention particulière au développement de la pêche, au tourisme et aux technologies de l'informatique. «Il faut que l'économie de Rodrigues soit intégrée dans l'économie mauricienne et mondiale» a-t-il déclaré.

Les représentants des forces vives ont abordé divers sujets concernant le développement de Rodrigues. Entre autres le logement pour les personnes âgées, l'accès aux crédits avec un terrain à bail, la production agricole, l'eau, la télécommunication et la promotion touristique.

Plus de drapeaux vert et rouge que de quadricolores

Antoinette Prudence a été la première à prendre la parole parmi les membres de la société civile pour faire un plaidoyer pour que l'île Maurice aide Rodrigues à guérir des blessures de la division qui sont encore présentes après les violences liées aux élections de décembre dernier. «Il y a des ONG qui font tout aujourd'hui pour permettre aux Rodriguais de se rassembler et travailler ensemble... Je demande que l'île Maurice ait la préoccupation pour qu'il y ait la paix et la réconciliation à Rodrigues. Je suis très à l'aise pour vous le demander M. le Premier ministre parce que je sais que vous avez un grand souci de la paix, la vérité et la réconciliation dans la République.

Je pense que nous devons tous faire attention à ce que nous disons, nos attitudes pour ne pas faire encore plus de tort à la paix. Monn trouv sa drol et mo pas dakor qui enn visit Premier minis dan kad fet republik ena sa kantite ti pavion rouz ek ver plis qui bann ti kadricolor. Sa pa finn donn sa visit-la tou so karacter fet nasyonal ki li bizin enan e sa pa favoriz la rekonsilyation.»

Le Premier ministre s'est montré très sensible à cet appel et a souligné qu'il ne peut pas y avoir de vrai développement sans la paix et la réconciliation.

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