130 ans du collège St-Joseph


Jean-Baptiste de La Salle, un exemple à suivre

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Ils ont tenu à être là : élèves et personnel du collège St-Joseph, parents, anciens élèves de l'établissement et amis du collège. Et l'église Ste Thérèse était bondée en ce matin du lundi 19 mars. Une manière pour tous de rendre grâce à Dieu pour cet établissement qui 130 ans durant, à l'exemple de Jean-Baptiste de la Salle, s'attelle à éduquer des jeunes pour en faire des hommes et des citoyens responsables.

Le 19 mars, jour de la fête de saint Joseph, a été choisi pour rendre grâce aux 130 ans d'existence de cet établissement curepipien. Messe qui fait suite à toute une série d'activités organisées par le collège pour marquer cet anniversaire.

La messe, à l'église Ste-Thérèse, a été présidée par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice E. Piat. Il était entouré du père Robert Jauffret (curé de la paroisse) et de plusieurs autres prêtres anciens élèves de l'établissement curepipien: Hervé de St-Pern, Jacques Henri David, Henri Tostée, Michel Boullé, Robert Bathfield et Jean-Claude Desjardins. S'adressant à l'assemblée, Mgr Piat a tenu à rappeler le rôle prépondérant des Frères des Ecoles chrétiennes dans l'histoire du collège St-Joseph et dans l'adoption d'une philosophie toujours en cours 130 années plus tard.

Parlant de saint Jean-Baptiste de la Salle, l'évêque a fait ressortir comment le fondateur des Frères des Ecoles chrétiennes n'avait pas pris cas des us et coutumes de son temps et avait choisi de se consacrer à
l'éducation des plus pauvres. Et de souligner que dès lors, il avait choisi de se faire appeler frère et non père ou maître, car «le frère est celui qui s'intéresse à l'enfant avant de se soucier du programme d'études. Il marche à ses côtés.»

Ecole de la vie

Pour Mgr Piat, Jean-Baptiste de la Salle a déclenché une révolution en son temps. «Il a fait de l'école de son temps un passage de l'école de l'ennui à l'école vivante.

Il est passé de l'école «caserne» à une école famille, une école communauté. Il a fait le passage d'une école qui prépare à l'examen à une école qui prépare à la vie.» Une flamme allumée longtemps de cela par les Frères des écoles chrétiennes et qui a besoin de continuer à briller, a affirmé Mgr Piat.

L'évêque a aussi profité de l'occasion pour réaffirmer son désir de voir les mixed abilities et départements prévoccationnels faire pleinement partie de l'éducation catholique. «Je crois de tout cœur que si on prend les mixed abilities et le prévoccationnel au sérieux, cela va nous conduire au salut. Le prévoccationnel a le mérite de s'intéresser à l'élève d'abord. Ce n'est pas une école caserne. Il est essentiel que l'éducation du pays ne se contente pas de s'occuper que des 50% des enfants, alors qu'il y a 50% qui n'auront même pas le SC.»

Gratuité

Poursuivant sa plaidoirie pour une éducation aux plus pauvres, Mgr Piat a fait ressortir que la réussite de ces initiatives se fera uniquement dans la «gratuité de l'éducation» : «Je ne parle pas là de subvention», a-t-il clarifié. «Gratuit, c'est ce que l'argent ne peut acheter. Il faut que des personnes donnent d'elles-mêmes gratuitement. S'il n'y a pas cet élan, il n'y a pas d'éducation.» Ainsi demande-t-il au Seigneur la grâce «de permettre à chaque personne de donner de son humanité afin que d'autres puissent grandir en humanité».

Serge Ng Tat Chung, recteur du collège, a souligné, lors de son allocution, l'importance du prévoccationnel. Une «formidable inspiration qu'à eue Mgr Piat».«Ceci a permis au collège de retrouver son souffle fondateur :
l'éducation des plus pauvres»,
a-t-il fait ressortir. Et de rappeler également que l'enseignement n'est guère une mission facile, mais pas impossible quand on a le souci de «pouvoir au pays des cadres et à la République des citoyens».

Martine Théodore

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