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Yaya Paraouty, porte-parole de la Plateforme nationale

«Nous croyions que le gouvernement
allait être sensible...»

Alors que le paiement des «fees» d'examens du SC et du HSC a débuté, la Plateforme nationale maintient sa manifestation du 30 mars prochain à Centre-de-Flacq, dans la circonscription du ministre de l'Education, Dharam Gokhool. Le point avec Yaya Paraouty, porte-parole de la Plateforme nationale.

Où en est la Plateforme nationale aujourd'hui?

Le comité élargi se rencontre aujourd'hui (mercredi) à 15h00 au collège Modern, à Centre-de-Flacq, pour une conférence de presse. En prévision de la manifestation qui se tiendra ce vendredi 23 mars à Centre-de-Flacq, nous avons déjà commencé notre campagne d'affichage et de tracts ­ le tout est en bonne voie. Nous maintenons aussi notre grève pour le 30 mars. Le Premier ministre a signifié son intention de rencontrer les collégiens. Quels collégiens ? Quand ? Nous aurions souhaité qu'il rencontre ces parents qui souffrent actuellement. Qu'il écoute leur voix.

Nous ne faisons pas du chantage. Le 28 février dernier, nous avions envoyé une lettre au Premier ministre pour solliciter une rencontre. Il ne nous a toujours pas répondu. Or, nous sommes toujours ouverts au dialogue. C'est l'intérêt des élèves et des parents qui prime. Nous n'allons pas nous arrêter avec la grève du 30 mars. Après une trêve en période de Pâques, nous allons poursuivre nos manifestations.

Comment s'annonce la manifestation du 23?

L'ambiance s'annonce meilleure qu'à Rose-Hill. Nous nous attendons à une très bonne participation. Il y a pas moins d'une dizaine de collèges à Centre-de-Flacq et encore plusieurs dans les localités avoisinantes. Ce sera pour nous un défi. D'autant plus que c'est la circonscription de Dharam Gokhool. Nous allons débuter à 14h30 à la place des taxis et terminerons notre marche à New Link Road (la place des camions). Des intervenants prendront la parole au début et à la fin de la marche.

Et la grève du 30...

Ce sera une grève des collégiens qui ne durera qu'une journée et sera très symbolique. Nous invitons les élèves et leurs parents à se réunir près du kiosque au Champ-de-Mars. Nous donnerons l'occasion à ceux qui éprouvent des difficultés à payer les frais d'examens de s'adresser à l'assistance. Nous espérons que le gouvernement entendra la voix de ces personnes.

Vous avez proposé au gouvernement que la date du paiement des salaires soit avancée pour le mois de mars et qu'il y ait un plus long délai pour le paiement des frais d'examens...

Il n'y a pas eu de réelle prise de décision de la Plateforme nationale à ce sujet. Cependant, comme nous avons rencontré plusieurs parents qui sont disposés à payer ces examens, mais qui font actuellement face à un manque d'argent, nous avons fait ces demandes. Si cela peut soulager certaines personnes, nous en serions très heureux. Si le gouvernement trouve une autre solution qui pourrait satisfaire tout le monde, alors tant mieux.

De nombreux parents se sont quand même déjà acquittés de ces paiements. Ne croyez-vous pas que vous avez déjà perdu la guerre?

Nous avons fait tout ce qu'il fallait faire. Nous croyions que le gouvernement allait réagir. Même si certains parents ont déjà payé, nous n'allons pas nous arrêter là. Nous continuerons notre lutte jusqu'au mois de mai. Notre objectif désormais est que le gouvernement prenne conscience qu'il y a beaucoup de gens qui ne sont pas contents de cette mesure et qu'éventuellement il prendra les dispositions nécessaires dans le prochain budget.

Nous croyions que le gouvernement allait être sensible au cri de la population, mais non... Que la population en tire ses propres conclusions. Je ne crois pas que notre action ait été vaine. Nous avons alerté l'opinion publique et même internationale. Je suis d'ailleurs intervenu sur RFI. Le problème auquel nous faisons face actuellement touche des milliers d'élèves. Les parents font d'énormes sacrifices pour envoyer leurs enfants à l'école et, arrivés en SC ou en HSC, ces élèves ne peuvent prendre part aux examens parce que les frais d'examens ne sont pas à la portée de la bourse des parents. C'est très grave. Le gouvernement est ainsi en train d'enlever un droit fondamental à ces élèves.

Martine Théodore


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