Syndicat des pêcheurs de l'île Maurice


Le manque d'éducation, le gros problème des pêcheurs

Le syndicat des pêcheurs de l'île Maurice, lancé en août 2006, a pour mission d'être à l'écoute des pêcheurs (artisanaux, banc...) et de leur venir en aide si nécessaire. Il regroupe à ce jour entre 60 et 70% des pêcheurs de l'île. Le comité exécutif est constitué de 14 membres, avec deux représentants de différentes régions côtières de l'île.

Judex Rampaul, président du Syndicat des pêcheurs, est catégorique : la population des pêcheurs a longtemps été marginalisée. Du coup, bien des pêcheurs n'ont pas eu la chance de développer leur activité. Il est donc, avance-t-il, grand temps de prendre les choses en main pour aider cette communauté. «La pêche est un métier bien rentable... A condition de savoir la gérer. Il faut savoir s'organiser et évoluer.» Or, c'est là tout le problème. «La population de pêcheurs souffre d'un gros handicap : le manque d'éducation. Beaucoup ne savent ni lire, ni écrire et, du coup, ont beaucoup de mal à améliorer leurs conditions de vie.»

C'est pour venir en aide à toutes ces personnes que le Syndicat s'organise petit à petit. «Nous espérons trouver des fonds pour permettre aux pêcheurs d'acquérir leurs propres équipements de pêche», explique notre interlocuteur. «D'autre part, nous encourageons nos amis pêcheurs à se lancer dans la pêche semi-industrielle. Jour après jour, pêcher devient de plus en plus difficile. Nous souffrons de problèmes tels que la corrosion et le réchauffement climatique. Nous sommes aussi victimes des travaux de construction des hôtels.»

Liens avec les autorités

Selon le syndicat des pêcheurs, la communauté des gens de mer a beaucoup souffert d'abandon et ce n'est que depuis peu que les choses commencent à bouger. «Il y a eu l'ex-ministre Sylvio Michel qui s'est un peu intéressé à nous. A l'époque, nous avions même reçu des gilets de sauvetage et des voiles. Mais il n'y a pas eu de suite après. Or, ce sont des choses qui, avec le temps, s'abîment en mer.»

Aujourd'hui, la communauté des pêcheurs espère faire pression sur le gouvernement à travers son syndicat. D'ailleurs, de grandes améliorations ont déjà été notées en ce qu'il s'agit de la communication entre les pêcheurs et les autorités, cela à travers le comité consultatif qui se réunit chaque mois. Cette structure est constituée de représentants de pêcheurs, de membres du Fisherman Welfare Fund, du ministère des Coopératives, entre autres. «Aujourd'hui, nous avons la carte des pêcheurs qui nous permet, entre autres, de toucher nos allocations de mauvais temps et de faire des achats dans certains magasins. La carte fait alors office de fiche de paie. Il y a aussi un fonds créé pour permettre aux pêcheurs d'acheter des équipements.»

Malgré cela, tout n'est pas encore rose. «Un des gros problème des pêcheurs est l'absence d'éducation et il n'est pas toujours facile de faire comprendre à certains combien c'est important pour leur survie. Nous avons aussi besoin de formation afin de pouvoir professionnaliser le métier.»

Or, pour l'heure, cette absence d'éducation et de formation fait que bon nombre de pêcheurs sont toujours exploités. Pauvres et vulnérables, beaucoup sont toujours la proie des banians, qui s'enrichissent grâce au labeur du pêcheur. «Cependant, poursuit Judex Rampaul, ce n'est pas toujours la faute des autres non plus. Certains pêcheurs ont malheureusement tendance à être insouciants et à ne pas penser à demain.»

Parlant de la National Coast Guard, le Syndicat déplore qu'il n'y ait pas de collaboration entre ce dernier et les pêcheurs quand il y a des cas de disparition en mer. «Nous les gens de mer comprenons le mouvement des courants. Nous aurions pu aider pour retrouver les disparus. Nous ne comprenons pas toujours leur manière de travailler.»

Aujourd'hui plus que jamais, le Syndicat des pêcheurs est bien décidé à se battre pour que cette communauté s'épanouisse. D'ailleurs, le Syndicat s'intéresse aussi à l'éducation des enfants des pêcheurs et espère que grâce à une bonne éducation et une bonne formation ils pourront aspirer à de meilleure condition de vie et ainsi donner un nouveau souffle à la communauté des pêcheurs.

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