75 ans de l'école Ste-Famille RCA

Mgr Alain Harel :

«Sak zenfant li ene star»

Line

Anne-Marie Joyce Jolicoeur :


«Le HSC : une porte ouverte pour aller plus loin»

Il n'y a pas de petite ou de grande institution, dit-on dans le milieu scolaire. Ce n'est pas Anne-Marie Joyce Jolicœur, cinquième chez les filles pour la cuvée HSC 2006, qui nous dira le contraire. Agée de 19 ans, cette habitante de Lataniers a étudié à l'école primaire Ste-Famille, dans son village, puis au collège Grande-Montagne jusqu'en Form V. Elle a ensuite fréquenté l'ex-Citron-Donis F VI College. Elle a étudié, comme matières principales, le français, la comptabilité et Business Studies et comme matières subsidiaires, General Paper et économie.

Cette jeune fille a pour passe-temps la lecture, la télévision et la musique. Enseignante de langues «pour le moment» au collège de Mont-Lubin, elle compte s'inscrire à l'université de Maurice, en droit et management ou en français. Mais elle n'a pas encore arrêté son choix. Son frère, Joseph Margéot, et ses deux sœurs, Rose de Lima et Angelina, étudient actuellement à Réduit.

Notre interlocutrice s'était donné comme objectif, elle qui prenait part pour la deuxième fois aux examens du HSC, d'améliorer ses résultats en comptabilité. «Je ne m'attendais pas vraiment à être classée parmi les cinq premières filles», nous déclare-t-elle. «Je suis très fière de ma performance.»

Elle a entrepris un travail assidu avec ses camarades de classe et également chez elle, avec sa sœur, qui est collégienne. Aux collégiens, elle conseille de placer en premier les études. Selon notre interlocutrice, détenir son certificat de HSC, «c'est la porte ouverte pour aller plus loin dans la vie».

Sur le plan social et infrastructurel, notre invitée constate qu'il y a eu des avancées. Toutefois, ajoute-t-elle, le plus grand défi demeure la création d'emplois durables. Anne-Marie Joyce considère que les petites et moyennes entreprises (PME) doivent être soutenues, car elles sont un excellent moyen pour de nombreuses personnes de gagner leur vie. Elle cible l'écoulement des produits comme un des grands handicaps des PME. Elle encourage également les associations féminines, incontournables dans le paysage des ONG à Rodrigues.

Jean-Gérard Gaspard


Une messe a marqué le début des activités initiant l'année jubilaire des écoles catholiques à Rodrigues. Elle s'est tenue à l'école Ste-Famille, le jeudi 8 mars dernier. La cérémonie était présidée par Mgr Alain Harel, qui était entouré des pères Eddy Coosnapen et Jocelyn Patient.

Ferline Etienne, qui assure la suppléance à la tête de l'école, a rappelé que son institution a «produit» de nombreux cadres et autres personnes qui contribuent aujourd'hui au développement de Rodrigues. Elle a invité l'assistance à louer Dieu pour ceux qui ont travaillé et qui œuvrent encore pour l'école.

Antoinette Prudence, ancienne élève de cet établissement et Manager des écoles primaires catholiques, s'est adressée aux enfants: «Vous, les enfants, vous êtes le centre de nos préoccupations. Cent ans, c'est une grande fête pour le progrès de nos écoles. Car elles nous ont construit pour prendre des responsabilités là où nous sommes. Nous devons avoir une pensée spéciale pour les premiers bâtisseurs de nos écoles : le Père Pivault et ses confrères et les religieuses Filles de Marie. C'est une merveille de voir que dans les salles de classe, les livres parlent sur l'histoire de Rodrigues. Dans une île autonome et une Eglise ayant le statut de vicariat, nous devons faire plus d'efforts pour nous faire connaître.»

Fierté légitime

Elle a également parlé des signes positifs à l'école: amélioration des résultats et bonnes performances sportives. Elle affirme que la qualité des infrastructures sera améliorée et que la collaboration sera renforcée avec la commission de l'Éducation.

Dans son homélie, le vicaire apostolique de Rodrigues a fait ressortir que c'est avec une fierté légitime que les fidèles présents rendent grâce à Dieu pour toutes les merveilles durant les 75 ans de l'école. «Durant 75 ans, le personnel et les élèves de l'école se sont rencontrés en ce lieu pour apprendre à lire, à écrire, à compter et à vivre en société. C'est une belle page d'histoire que nous avons écrite et que nous continuons à écrire. C'est pour cela que j'ai écrit ma lettre pastorale 2007 sur l'éducation. Entre la paroisse et l'école, il y a un lien important pour la vitalité de l'école. L'éducation doit permettre de développer toutes les potentialités de chaque enfant. Sak zanfan li enn star, gagn enn valer inestimab.»

La solidarité, le partage et le vivre-ensemble sont les valeurs que l'école catholique veut promouvoir à travers la pédagogie inclusive qui fait son chemin, a rappelé l'évêque. Selon Mgr Alain Harel, il y a encore des efforts à faire pour que chaque enfant donne le meilleur de lui-même.

A l'offertoire, outre le pain et le vin, on apporta les joies, les succès et les difficultés de l'école. Mary Gontran et Lélio Meunier, ex-Managers des écoles catholiques, ainsi que l'actuelle Manager, Antionette Prudence, ont coupé le traditionnel gâteau d'anniversaire.

Jean-Gérard Gaspard

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