Dany Sauvage, du Comité interculturel pour le respect de la vie :

«Légaliser l'avortement n'est pas une solution»

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La question de la légalisation de l'avortement ayant été posée par le ministre de la Santé, Satish Faugoo, le Comité interculturel pour le respect de la vie organise, ce samedi, un rassemblement au collège Saint-Mary's. Le point avec Dany Sauvage, de l'équipe organisatrice de cette rencontre.

Qu'est-ce que le Comité interculturel pour le respect de la vie ? Quels sont ses objectifs ? Qui en sont membres ?

Le Comité interculturel pour le respect de la vie est constitué de 12 membres représentant des associations ou des individus, tous des passionnés de la vie. Ils ont pour objectif de protéger la vie humaine, surtout celle des plus petits et des plus faibles. Le droit à la vie est un droit fondamental parmi les autres droits humains et doit être respecté à toutes ses étapes.

Quel est le but de la manifestation du 17 mars ?

Un fort lobbying se fait actuellement auprès du gouvernement pour légaliser l'avortement dans des cas spécifiques. D'autre part, le ministre de la Santé, Satish Faugoo, a déclaré au forum organisé par la Mauritius Family Planning que l'avortement est un droit humain, que l'avortement à risques est «entirely preventable» Ceci démontre clairement que la menace de la légalisation de l'avortement est bien réelle.

Nous organisons la rencontre du 17 mars pour conscientiser les Mauriciens sur l'enjeu de l'avortement, même dans certaines circonstances. Légaliser l'avortement n'est pas un acte anodin : nous pouvons analyser l'impact d'une telle décision auprès des sociétés qui l'ont appliqué : l'avortement devenant alors un acte des plus banals ; dans certains pays, l'avortement se pratiquant même jusqu'au 9e mois. Dans d'autres pays, la pression sociale étant telle que les femmes qui portent un enfant handicapé se sentent coupables de garder leur enfant.

Existe-il des mesures alternatives à l'avortement
et des solutions à mettre en pratique ?

L'avortement devient très vite un moyen de contraception. Nous devons certainement

être attentifs à la détresse de la femme enceinte qui ne désire pas garder son enfant, mais est-ce le meilleur moyen de lui venir en aide que de l'aider à avorter? Beaucoup de femmes ayant passé par des moments difficiles ont eu la chance d'être aidées et sont ensuite heureuses et soulagées d'avoir gardé leur enfant.

Un avortement est un acte lourd à porter, avec nombre de conséquences et de souffrances. Il existe d'autres alternatives à l'avortement et des solutions à mettre en pratique - ce serait un magnifique défi à prendre au niveau du gouvernement et avec le concours des ONG que de mettre en place ces solutions qui réduiraient l'avortement clandestin au lieu de s'embarquer dans la facilité apparente de la légalisation.

Le Comité interculturel pour le respect de la vie a soumis en 2003 des propositions aux membres de l'Assemblée nationale d'alors quant à un éventuel projet de réforme de la loi sur l'avortement. Ont-ils répondu et y a-t-il eu une suite ?

Il y a des mesures de solidarité à prendre pour les futures mères en difficulté, les soutenir dans le concret; ouvrir des centres d'hébergement, faciliter l'adoption, développer une politique de logement et de soutien pour les mères célibataires, subventionner les crèches, mettre en place des structures pour les enfants autrement capables. En un mot, traduire l'amour en action. Réaliser une politique d'éducation affective, sexuelle et parentale, favoriser dans le milieu de travail l'éducation adaptée aux adultes avec une attention spéciale aux hommes, réaliser une campagne médiatique sur le respect de la vie. Il faudrait également hausser les subventions aux associations qui œuvrent dans ce sens.

Comptez-vous remettre une copie
aux autorités encore une fois ?

Nous comptons définitivement prendre contact avec le gouvernement et progresser dans notre campagne pour le respect de la vie.

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