plaisir pour moi que de vivre cette mission avec la paroisse. Faire des discernements ensemble est plus enrichissant et vivre tout cela est une chance extraordinaire. Dans une EAP, ce n'est ni le prêtre, ni les laïcs qui sont la vérité. C'est le Christ.»

Gérard Mongelard: «Le travail d'équipe, c'est cela l'avenir de l'Eglise.»

Danielle Laville : «Je ne trouve pas que l'avenir soit sombre. Dieu continuera à inviter les gens à s'engager et cela ne va pas tomber dans des oreilles de sourds. Peut-être que nous n'aurons pas le nombre de prêtres dont nous rêvons, mais le presbyterium ne va pas fermer ses portes.»

Clet Adolphe: «Mgr Piat a dit qu'il faut voir comment réinventer l'Eglise d'aujourd'hui. Comment les laïcs seront plus fermement engagés et assumeront, avec le prêtre, la responsabilité de l'Eglise ?»

Jean-Claude Véder: «Je suis passé de l'optimisme à l'espérance, qui est une vertu chrétienne. Je crois que le Seigneur agit. Ki ena enn nouvo soley pe leve. Il faudra un grand changement de regard et réorganiser l'Eglise. Ce qui nous arrive aujourd'hui est comme un blessing in disguise. Cela nous pousse à un réveil de l'appel de notre baptême.»

Roger Billy: «J'ai toujours travaillé dans des situations difficiles à Madagascar. Une chose est certaine : le Seigneur peut, avec peu de choses, faire des merveilles.»

Bilan de la table-ronde

Roger Billy: «Je suis très heureux. Cela m'a confirmé dans ma vocation de prêtre.»

Jean-Claude Véder: «C'est une bonne initiative. Nous avons eu l'occasion de parler de certaines choses dont on ne parle pas spontanément. C'est intéressant comme parole de liberté.»

Clet Adolphe: «Une initiative louable. C'est important d'avoir parlé de la vie des prêtres. Un sujet qui paraissait tabou. C'est important aussi de pouvoir discuter, de réfléchir ensemble.»

Georgy Kenny : «J'ai apprécié la franchise du débat. Il faudrait qu'il y ait ces espaces de paroles libres.»

Gérard Mongelard: «L'exercice nous a donné l'occasion de dire certaines choses et d'écouter les confrères.»

Danielle Laville : «J'avais peur de venir, mais finalement j'ai été bien à l'aise. Il y a eu des échanges très enrichissants.»

Line

Vocations

Question cruciale pour l'Église d'aujourd'hui et surtout de demain.

L'Evangile abonde d'histoires de brebis sans bergers ou de bergers délinquants.

D'abord un bilan chiffré.

Ils sont six, trois vieux et trois jeunes, à avoir claqué la porte, chacun avec son petit scandale ­ et ce en l'espace de trois ans.

Ajouter à cela deux qui quittent le séminaire à l'avant-veille
de leur ordination au diaconat.

Ajouter à cela pas un seul jeune qui entre
au séminaire à Maurice ces deux dernières années.

Les responsables : a) Les jeunes ; et, b) Les prêtres.

Les jeunes perdent la tête. D'un côté : sexe, argent, football, musique...
De l'autre : sida, suicide, drogue...

Les prêtres sont fatigués. Une armée rangée en bataille qui monte au front en boitillant.

Toute vocation suppose un appel, un appelant et un appelé.

L'appel. Il n'est pas question de dire que l'appel n'existe pas. Il est bel et bien là. Dieu appelle et continue d'appeler.

Les appelés se trouvent dans cette masse de jeunes que nous voyons tous les jours à la sortie de l'école.

Mais voilà : Dieu appelle par ses appelants, c'est-à-dire par ses prêtres.

Et le presbyterium aujourd'hui n'est pas appelant.

Les prêtres sont vieux, fatigués, démotivés, découragés.

Pour ma part, je serais pour cesser toute pastorale de vocations et s'occuper d'abord des prêtres du presbyterium.

Le prêtre ­ vieux garçon, mal habillé, mal nourri, grincheux ­ perd alors tout sens
de l'accueil et bloque le processus des vocations. En le voyant vivre, les jeunes n'ont pas envie de devenir comme lui.

Les prêtres ne sont plus appelants, mais «repellent». That is the question !

Henri Souchon


retour aller