dans le ministère est extra. Personne ne naît prêtre. On apprend à l'être. Je pense que le temps aussi joue un rôle important dans l'exercice de discernement et que la personne est l'acteur principal dans cet exercice. Si un homme a envie de vous cacher la vérité, il peut bien le faire jusqu'au diaconat. En ce qu'il s'agit de la maturité, qui peut dire qu'on est mûr quand on arrive au mariage ? A la prêtrise ? Aujourd'hui, on n'imaginerait pas une ordination à 27-28 ans.»

Danielle Laville : «En tant que laïque, je me sens concernée par le départ des prêtres, plus particulièrement le dernier en date, avec qui j'ai cheminé à un moment. Je me pose aussi beaucoup de questions et me rends compte que cela n'a pas dû être facile pour ces personnes de prendre la décision de partir. Je ne peux pas m'empêcher non plus de me demander: qui sera le suivant ? Est-ce qu'il y a un travail de réflexion qui se fait sur les départs des prêtres ? Quand j'étais à Victoria, en Australie, je logeais chez une dame qui travaillait au séminaire et dont la tâche consistait à écouter les séminaristes. Je respecte la décision de partir de ces prêtres, mais il y a un travail à faire.»

Roger Billy: «On est continuellement en discernement. Un processus complexe et qui concerne plusieurs aspects : prière, sexualité,... On se demande toujours si le discernement est bien fait. Quand quelqu'un quitte, cela nous fait quelque chose. C'est comme un mariage que nous avons préparé et qui n'a pas réussi. On se pose des questions.»

Solitude du prêtre? Accueil du jeune prêtre?

Georgy Kenny : «La question sur la solitude des prêtres est une fausse question. D'ailleurs, on peut tout aussi bien être en communauté, mais se sentir bien seul. Il y a toute une manière d'être prêtre diocésain. L'équipe de vie est un lieu de partage, mais à condition que j'accepte de me dire. D'autre part, une certaine solitude fait partie de notre ministère et tout dépend comment on la vit. Personnellement, je pousse souvent un «Ouf» quand les jeunes du Foyer partent en week-end, car j'ai besoin de me retrouver. Je rêve qu'un jour plusieurs prêtres puissent vivre ensemble dans une même cure.»

Gérard Mongelard: «J'ai vécu 6 ans à Rodrigues. Mon voisin, c'était le cimetière et je n'avais pas d'équipe de vie. Je vivais donc dans une certaine solitude et, pourtant, je n'étais pas malheureux. Je pense que tout dépend de la personne. Pour ma part, je suis très préoccupé quant à nos rencontres entre prêtres. C'est important de pouvoir se rencontrer de temps à autre pour vivre le partage et la fraternité.»

Jean-Claude Véder: «Il y a un problème en ce qu'il s'agit de la visibilité de la vie fraternelle. Or, nous devons montrer aux gens que nous, prêtres, avons aussi une vie fraternelle. Où est-ce que les gens voient les prêtres diocésains ensemble ? Peu de prêtres prennent l'initiative d'organiser des sorties entre confrères. Or, quand il y a ces sorties, nous sommes tous heureux de nous retrouver ensemble. Il faudrait encourager cela. Les jeunes voient toujours les prêtres diocésains seuls et pensent donc que notre vie est triste et seule. Le

rôle de la communauté est aussi important. C'est à elle de porter le prêtre. C'est toujours réconfortant pour un prêtre de savoir qu'il est le bienvenu chez telle ou telle famille. Nous avons aussi nos moments où la solitude se fait sentir. Ce serait bien que plusieurs prêtres se regroupent et partagent une même cure, mais il faudrait que cela se réalise maintenant. Il ne faut pas attendre que je sois devenu vieux et grincheux pour me demander de partager une cure avec d'autres. En ce qu'il s'agit de l'arrivée d'un jeune prêtre dans une paroisse, il est important que cela se prépare correctement. Que le jeune prêtre comprenne qu'il faut qu'il prenne un temps pour observer et comprendre la paroisse.»

Danielle Laville : «Prenons l'exemple du père Pierre Piat, quand il était à Chamarel. Il n'a pas souffert de solitude. Tout dépend comment la personne organise sa vie.»

Clet Adolphe: «Un prêtre qui est seul sur une paroisse peut aussi favoriser la création de liens de proximité avec les paroissiens. D'autre part, un peu de solitude permet aussi au prêtre d'avoir une coupure avec la vie et de faire une relecture de sa vie de prêtre.»

Roger Billy: «Le regroupement de plusieurs prêtres dans une cure et qui auraient la responsabilité de plusieurs lieux de culte devient une nécessité à cause de la réduction du nombre de prêtres.»

L'avenir du presbytérium? Bilan des EAP? Diaconat permanent?

Gérard Mongelard: «D'ici quelques années, il ne nous restera pas beaucoup de prêtres. Il nous faut voir la réalité en face. Dans sa lettre pastorale, Mgr Piat l'a d'ailleurs dit: le prêtre est irremplaçable. En même temps, quand je regarde tout ce qui se fait en termes de formation des laïcs, je suis ravi.»

Georgy Kenny : «Je n'ai pas peur. L'Eglise s'ouvre à une nouvelle manière de faire. C'est une chance. Redécouvrir son baptême amènera des changements. En parlant du diaconat, pourquoi pas des diaconesses ?»

Clet Adolphe: «Mgr Piat a dit qu'il faut voir comment réinventer l'Eglise d'aujourd'hui. Comment les laïcs seront plus fermement engagés et assumeront avec le prêtre la responsabilité de l'Eglise ? D'autre part, il faut certainement se demander où est la place de la femme quand l'Eglise fait face à un manque de prêtres.»

Georgy Kenny : «Les EAP, ce n'est pas une recette miracle. Elles ont fait toutefois leurs preuves et sont une belle manière de vivre la mission ensemble.»

Clet Adolphe: «A travers les EAP, les fidèles ont le souci de porter la pastorale avec le prêtre.»

Jean-Claude Véder: «Faire partie d'une EAP est l'une de mes joies dans ma vie de prêtre

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