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«Sil me manque l'amour,
je n'y gagne rien!»

A chaque fois que nous lisons la Bible, nous redécouvrons que Dieu nous parle et interpelle constamment à travers ses messagers : Abraham, Moïse, Jésus... Mais, parfois, cette Parole de Dieu est sujette à de mauvaises interprétations.

Sur la question de richesse, par exemple. «Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer au Royaume de Dieu.» (Matt. 19, 24) Devons-nous donc comprendre que les riches sont exclus du Royaume de Dieu ?

Jésus nous affirme le contraire : quand il parle des talents, il nous dit qu'à «tout homme qui a, l'on donnera et il sera dans la surabondance ; mais à celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera retiré.» (Matt. 25, 29) Ainsi, pour Dieu, le travail est sacré et nous nous devons de faire fructifier nos biens par le travail honnête.

Si Dieu ne condamne pas la richesse, il prône le partage et dénonce ceux qui demeurent aveugles aux besoins des autres. «Si quelqu'un possède les biens de ce monde et voit son frère dans le besoin, et qu'il se ferme à toute compassion, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui ?» (1 Jean 3, 17)

Qui dit amour de Dieu, dit également amour des autres, surtout des plus pauvres. «C'est un devoir pour nous, les forts, de porter l'infirmité des faibles et de ne pas rechercher ce qui nous plaît.» (Romains 15, 1) Les Ecritures nous poussent ainsi à porter sur les pauvres le même regard d'amour que le Christ.

La compassion de Jésus pour les pauvres est omniprésente dans les Evangiles. «Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux.» Pourtant, dans les Béatitudes, Jésus ne dit pas que pour être élu

de Dieu, il faut être démuni et accepter sa condition d'exploité. Ce qu'il faut retenir : aux pauvres, Dieu sera indulgent, car il comprend leur vulnérabilité. Ainsi, la Parole de Dieu est claire : aux riches, il sera beaucoup exigé, car ils ont beaucoup reçu. Ceux qui sont riches n'ont aucune excuse : Dieu exige d'eux encore plus d'efforts pour être fidèles à sa Parole.

Pour ceux nés dans de «bonnes conditions», il leur a été plus facile de faire quelque chose de leur vie. D'où la tendance à juger ceux qui n'ont pas «réussi» sans se demander ce qu'il serait advenu s'ils étaient nés ou avaient grandi dans le même environnement qu'eux.

Car cette tendance à porter des jugements nous aveugle souvent. Et nous éloigne de cette solidarité effective que réclame notre foi. Saint Jean nous interpelle à ce sujet : «N'aimons pas en paroles et de langue, mais en acte et dans la vérité.» (1 Jean 3, 18) Et cet engagement «en acte et dans la vérité» ne peut se faire que si nous arrivons à accorder plus d'importance aux gens qu'aux choses.

Le carême est le temps idéal pour nous de comprendre qu'aimer Dieu passe par l'autre, plus particulièrement les plus démunis. D'où la nécessité d'un engagement en faveur des marginalisés. «La foi qui n'aurait pas d'œuvre est morte dans son isolement», nous dit saint Jacques (2, 17).

Pourtant, ce n'est pas à la charité que nous sommes appelés, mais à un véritable élan du cœur. «Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s'il me manque l'amour, je n'y gagne rien», nous dit saint Paul (1 Corinthiens 13, 3) Donc acte !

Erick Brelu-Brelu

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