Situation de la femme


«Il y a encore du chemin à faire»

Occasion pour ces femmes de porter un regard profond sur leur situation et leur engagement de femmes dans la société, la famille, au travail, en politique et dans le tissu asociatif. «Nous devons continuer à nous battre pour nos droits. Et la vie de la femme, c'est un combat quotidien», a résumé une participante à cet exercice. La rencontre s'est articulée autour de la place de la femme dans la société ; si elle est protégée par la loi ; s'il est aisé de concilier vie de mère, d'épouse et le travail ; le rôle du ministère de la Femme et des centres de femmes ; et sur leurs rêves en tant que femmes.

Pour Lethiechia, jeune étudiante : «La femme se bat encore pour trouver sa place dans notre société. Pour faire avancer les choses, il y a encore du chemin à faire. Je ne trouve pas le rôle de la femme mauricienne valorisé par la société. Elle est esclave de la société ou du mari et de la famille. La femme hésite encore sur son rôle : contribuer à l'économie ou rest lakaz. La femme hésite encore une fois à s'investir pour améliorer la vie collective ou pour défendre certaines valeurs.»

Des battantes

En tant que mères de famille, Sylviane, Floryse et Jocelyne affirment : «La femme mauricienne a sa place dans la société. Oui, nous avons progressé, malgré les difficultés. Nous sommes des battantes. Grâce à l'éducation, notre ouverture d'esprit ne dépend plus des hommes. Certaines sont autonomes. L'accès à l'éducation gratuite a joué un grand rôle pour les femmes, que ce soit dans la famille ou dans la société.»

Elles ont toutes affirmé avoir «participé au développement économique du pays», comme machiniste, laboureur, ailleurs dans le
textile ou comme cadre. «Mais, malheureusement, on ne connaît notre contribution que pour la Journée de la femmes et lors des discours.»

Et nos interlocutrices sont unanimes à se demander jusqu'à quand l'éducation gratuite va profiter aux filles. Avec les difficultés financières des familles et le coût à l'éducation élevé, les parents opteraient pour un choix au détriment des filles.

Du chemin à faire

La femme mauricienne a-t-elle sa place dans la société ? Oui et non, dira Maryse, de Centre-de-Flacq. Et de citer son l'exemple. «Aujourd'hui, je peux voyager seule, je peux faire mes courses, aller au magasin seule, décider comment organiser mes
journées. Mais, très souvent, dans nombre de cas, les hommes ont toujours le dernier mot, seules leurs opinions et leurs décisions sont prises en compte. Nous avons encore du chemin à faire.»«Il ne faut pas oublier que nous sommes encore dans une société patriarcale»,
affirme Lethiechia. «Dans certaines familles, cela n'a pas changé. La fille est confinée à ses jouets To pa zoue avec loto, zoue avec poupet. Au collège, les garçons ont priorité, surtout avec la hausse constante du coût de la vie. Sa carrière professionnelle est décidée par son père, ses frères, oncles ou cousins. Tu ne peux être ingénieur, technicienne ou opter pour un métier réservé à l'homme. Tu dois être enseignante, médecin, secrétaire, réceptionniste ou, tout au plus, avocate.»

Nos interlocutrices soulignent également la pauvreté grandissante, source de déclin moral dévalorisant et dégradant la femme - violence, viols, drogues, divorces, jeunes filles mères... «Il y a la violence dans les rues, à la maison, au travail. La violence des parents et des beaux-parents. Que faire face à ces violences ? Faut-il renforcer les lois et amener un changement de mentalité pour éliminer la violence à l'encontre des femmes ?»

L'année 2007 marque
le 30e anniversaire
de la Journée
internationale de la femme.
Occasion de voir les moyens
à prendre pour que les femmes et les filles,
dans toute leur diversité, atteignent l'égalité.
Pour marquer cette Journée internationale de la femme, «La Vie Catholique»
a organisé une
rencontre entre
cinq femmes travaillant
dans différents secteurs
et endroits de l'île.

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