Saint-Jacques, Souillac

Au service
de la formation intégrale

p.11foto1

Cour de la chapelle Saint-Joseph à Surinam. La petite chapelle en décrépitude jouxte un bâtiment neuf, à étage, au service de la formation et du développement : service d'écoute et de développement (SEED), unité préscolaire, bibliothèque, salle informatique, gymnase... Ca grouille de vie et les va-et-vient y sont nombreux...

La bibliothèque, le gymnase et la salle informatique, Marie-Lise Barry et les siens, habitant diverses parties de l'île et engagés dans le social, les ont pris sous leur protection. «Tout a démarré lors d'une visite à Surinam, raconte-t-elle. Nos sommes tombés sous le charme du coin et de sa population. Nous avons voulu leur venir en aide. Notre réflexion nous a menés à une conclusion : il ne suffit pas de donner des vêtements et des vivres. Sans l'éducation, on ne brise pas le cercle de la pauvreté.»

Constat qui amène donc la petite équipe à s'engager dans ce quartier du Sud. «Au départ, nous avions réuni plus de 40 enfants et jeunes. Mais pour être davantage efficaces, nous avons opté de cheminer avec 25 familles.»

La belle structure érigée par la paroisse, sous le pastorat prévoyant du père Tadeusz Lewick, en collaboration avec l'Union européenne et de A nou diboute ansam, se prête volontiers à cet exercice de solidarité.

Cadre idéal

Puisant de leurs ressources financières et avec la solidarité des connaissances, l'équipe - outre la solidarité dans le quotidien - apporte des améliorations au bâtiment qui sert de promotion au savoir : installation d'antivols, mobilier de bureau, ordinateurs neufs, embauche d'un enseignant pour les leçons d'informatique... «L'idée étant d'offrir un cadre idéal pour l'apprentissage, quelque chose qui invite et ravive le goût de l'étude et de la formation.»

Des efforts récompensés par l'accueil chaleureux des enfants, l'éveil de leur intelligence, leur soif de progresser, leur reconnaissance, leur solidarité entre eux. «Le travail est certes immense, admet notre interlocutrice. Ce que nous faisons n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan. Nous ne prétendons pas sauver tout le monde : de l'homme mûr qui cuve son vin sous la varangue de la boutique à la femme qui s'adonne à la prostitution. Mais travailler à la promotion de quelques enfants est de notre ressort ; ne pas le faire serait d'ailleurs manquer à notre devoir.»

Transformation visible

La transformation chez ces enfants, Marie-Line Barry et les siens la découvrent de semaine en semaine. «Cela se découvre à de toutes petites choses. Par exemple, lors de notre première sortie, il y a de cela plusieurs années, à 8 adultes, nous avions du mal à contenir les enfants; ils étaient comme du vif argent. Quelques années après, je les ai emmenés, seule, à l'École du Centre. Ils se sont bien comportés, semblaient plus sereins et apaisés. Et je me dis que nous avons quand même avancé.»

C'est dire la joie de l'équipe quand un de leurs protégés réussit au CPE, fait son entrée au collège, alors que l'avenir s'annonçait sombre. «Nous n'attendons rien de ces enfants si ce n'est qu'ils réussissent leur vie. Nous sommes convaincus qu'ils sont uniques, ont de la valeur, un potentiel énorme et peuvent s'en sortir. Il s'agit ici tout simplement de soutenir, d'encourager et de bâtir sur leurs qualités.»

Favoriser l'élan spirituel

Le souci des Barry et de leurs proches ne s'arrête pas au développement humain. «Le père Tadeusz se dévoue énormément pour sa paroisse et ses paroissiens. Les mouvements sont bien organisés, la liturgie bien rodée, les chorales prennent leurs responsabilités bien en main.»

Leur souhait le plus profond : voir le projet de reconstruction de la chapelle Saint-Joseph vite enclenché. «Le gymnase est là pour favoriser un corps sain. Pour notre part, nous apportons notre toute petite pierre au développement humain. Une chapelle neuve, accueillante ne pourrait que favoriser l'élan spirituel. Cela donnerait à ce petit coin une autre vie.»

Un souhait qui a commencé à se concrétiser par la solidarité de tous aux Chantiers du diocèse 2006. Mais dont l'aboutissement tarde faute d'avoir trouvé l'intégralité du budget nécessaire. «Rêvons d'une encore plus belle solidarité spirituelle avec les habitants de Surinam », espèrent Marie-Lise Barry ainsi que le père Lewicki. Tout don pour la construction de la nouvelle chapelle Saint-Joseph doit être adressé au père Tadeusz Lewicki, cure de Saint-Jacques, Souillac.

Danièle Babooram

retour