Messe d'action de grâce

«Soyez des éducateurs,
à l'exemple de Jésus»

90e anniversaire du collège Lorette de St-Pierre

Enracinés dans le Christ pour porter du fruit

1917-2007 : 90 ans que le collège Lorette de St-Pierre (LCSP) existe. Malgré le poids des années, l'institution garde une certaine jeunesse véhiculant encore et toujours les mêmes valeurs et la même philosophie «striving for excellence», cela peu importe le potentiel de l'apprenant.

«Le LCSP a évolué, mais a gardé le même esprit. C'est une petite école qui ne compte que 575 élèves et où il règne une ambiance familiale. Tout le monde connaît tout le monde, du personnel enseignant et d'encadrement aux élèves», dit fièrement Carole Raynal, principale de l'établissement depuis plus de huit ans.

Après avoir travaillé dans des conditions difficiles ces dernières années à cause d'un problème d'infrastructure inadéquat, les choses ont bien changé depuis. Le collège dispense des cours dans les
filières art, sciences, économiques et techniques jusqu'à la SC. L'institution a, depuis la fin des travaux de rénovation, la possibilité d'accueillir des élèves pour les classes de HSC, et ce pour répondre à la demande des parents et des enseignants du collège.

«Nous étions prêts pour cette éventualité il y a quelque temps, à l'époque où la réforme pour les collèges Form I à V et des Form VI Colleges avait été proposée. Nous ne pouvions nager à contre-courant et lancer le HSC dans notre collège et on a attendu», fait comprendre Carole Raynal. Le sujet est de nouveau d'actualité et sera incessamment abordé avec la manager du collège, Sister Nora O'Sullivan. Si ce projet est approuvé, l'établissement devrait commencer modestement avec de «petites» filières dans un premier temps. Entre-temps, le collège produit d'excellents résultats en SC chaque année. Le taux de réussite a atteint les 100% pour les derniers examens.

Progresser à son rythme

«Même si, officiellement, nous accueillons des élèves de mixed abilities depuis trois ans, tout a été mis en œuvre depuis la création du collège pour que chaque élève, quelque soit son niveau intellectuel, puisse progresser à son rythme», précise la principale du collège. Elle se dit en faveur d'un programme d'études qui réponde aux aptitudes de chaque élève.

C'est ainsi qu'un projet a été initié il y a peu pour permettre aux élèves moins brillantes de réussir. «Nous leur avons proposé de suivre des classes de Form IV préparatoire, au lieu de doubler la Form III, avec une nouvelle orientation de sujets, cela selon leur performance. Cela a augmenté leurs chances de réussite, même si certaines ont obtenu plus de 25 unités. Pour nous, c'est une réussite», dit Carole Raynal, qui considère que l'option mixed abilities n'affecte en rien les bons résultats du collège. «Cela grâce au dévouement du personnel enseignant.» Afin d'encourager les élèves, le collège ne récompense pas seulement les meilleures de chaque classe, mais aussi celles qui ont réussi les meilleures progressions dans leurs différents sujets.

Difficultés des parents

Parlant de l'éducation «gratuite», Carole Raynal se demande si les autorités sont conscientes des difficultés que certains parents rencontrent pour envoyer leurs enfants à l'école. «Même si le transport est gratuit, les parents doivent quand même trouver de l'argent pour que l'enfant puisse avoir à manger à la maison et à l'école. Tout en allégeant le fardeau des familles, des difficultés subsistent et des frais scolaires que les parents doivent s'acquitter. Comment une école peut fonctionner sans demander de l'argent pour payer certains frais ?».

Et la responsable de l'établissement de Saint-Pierre d'avancer que «la suppression des subventions pour les frais d'examens du SC et du HSC est aussi un gros souci pour de nombreux parents qui ne s'étaient pas préparés à cela». Elle est d'avis que «les parents auraient dû prendre leurs dispositions pour que leurs enfants puissent réussir». Néanmoins, elle trouve que l'école demeure onéreuse pour de nombreux parents, particulièrement pour ceux qui croient que les leçons particulières sont obligatoires.

Pour les 90 ans du collège, Carole Raynal a tenu à rendre hommage à toutes les religieuses et enseignants qui ont contribué à faire de l'institution ce qu'elle est aujourd'hui. Elle remercie particulièrement Sr Nora O'Sullivan pour tout le soutien qu'elle a accordé pour les travaux de rénovation et permettre ainsi le développement collège. Elle remercie aussi le collège Notre-Dame et ceux des Lorette qui accueillent les élèves de St-Pierre en HSC.

Jean-Marie St-Cyr

Line

Mgr Maurice E. Piat a rendu un vibrant hommage aux enseignants et religieuses qui ont permis au collège Lorette de St-Pierre d'exister. Il a invité élèves et enseignants de la présente génération à s'inspirer de la vie de Jésus pour être de bons éducateurs comme lui. C'était lors de la messe d'action de grâce pour marquer les 90 ans du collège. Une cérémonie vivante grâce à la chorale de l'institution et remplie de symbolisme pour montrer la pluri culturalité qui existe dans l'institution.

«Jésus a passé beaucoup de temps à écouter avant de commencer à enseigner durant les trois dernières années de sa vie (...) Il nous montre que l'éducation commence par l'écoute». C'est ce qu'à déclaré Mgr Piat à ceux présents pour célébrer les 90 ans du collège Lorette de St-Pierre, institution qu'il a lui-même fréquenté avec le père Adrien Wiehe, entre autres, à l'époque où l'établissement était mixte. Citant l'exemple des disciples d'Emmaüs, qui ont rencontré Jésus sur la route sans le reconnaître, l'évêque de Port-Louis a expliqué que Jésus les a écoutés avant de leur apporter un éclairage et donner son témoignage. Il a aussi évoqué la créativité de Jésus, qui a saisi toutes les occasions pour enseigner, et cela sans attendre, devant une grande foule. «Jésus est comme le bon berger qui montre le chemin et qui s'adresse à la liberté des personnes pour le suivre sans rien imposer», a encore expliqué Mgr Piat. Faisant référence à sa présente lettre pastorale, qu'il a recommandée à tous, Mgr Piat a déclaré que l'Eglise de demain doit se construire sur le témoignage de personnes qui expliquent pourquoi ils ont choisi une voie donnée.

Concience morale éclairée

Parlant du thème de la messe ­ Enracinés dans le Christ pour porter du fruit ­, Mgr Piat s'est dit touché par cela car, pour lui, «quand on est enracinés dans le Christ, on est attaché à lui et on découvre qu'il est un éducateur». Selon lui, éduquer ce n'est pas faire passer les examens, mais aussi permettre à la personne de se construire, de développer son sens de la responsabilité, d'avoir une opinion personnelle et d'avoir une conscience morale et éclairée et qui a le courage de ses convictions. «Eduquer, c'est croire que chaque personne à du prix aux yeux de Dieu pour qui il a un projet qu'il s'agit de faire découvrir lentement.»

En guise de conclusion, Mgr Piat a déclaré que «les éducateurs sont appelés à être des amis entourant de leurs témoignages ceux qu'ils éduquent. Ils seront des sauveurs à la manière du Christ et ceux qu'ils auront sauvés porteront du fruit».

Pour cette cérémonie d'action de grâce, Mgr Piat était entouré des pères Steves Babooram et Patrick Murphy, curé de la paroisse. Etaient aussi présents anciens et anciennes du collège, parents, religieuses de Lorette et recteurs de différents collèges ainsi que la directrice du Bureau de l'éducation catholique (BEC), Gilberte Chung.

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