Pourquoi je suis intervenue au
Forum de la MFPWA

La MFPWA m'a demandé d'intervenir dans un forum intitulé The Right of Women to safe abortions. Who cares ?

Il est évident que je ne suis pas d'accord avec le titre du forum, mais j'ai accepté de parler quand même afin que l'auditoire entende autre chose que le droit de la femme à se faire avorter. Tout d'abord, le droit de la femme s'arrête là où le droit à la vie de son enfant commence et il n'y a pas de safe abortion. Pour l'enfant, c'est toujours la mort, dans toute son horreur ; pour la mère, cela reste un acte médical grave, avec d'importantes séquelles psychologiques loin d'être négligeables, séquelles ayant même des conséquences sur le comportement relationnel et sur des problèmes sexuels (69%), avec des séquelles physiques surtout concernant les grossesses futures (2,2% de plus de mortalité périnatal).

Parler d'un safe abortions laisse entendre que seulement ceux-là sont un problème. Si on est sincèrement contre l'avortement, tout avortement est un problème. Ce qu'il faut, c'est donc œuvrer pour réduire l'incidence des avortements quels qu'ils soient ; réduire le nombre d'enfants qui n'ont pas eu, comme nous, le droit de naître ; réduire le nombre de femmes qui porteront toute leur vie le poids d'un avortement. Ce n'est certainement pas en affirmant le droit à l'avortement qu'on le fera. Il faut aussi aider les femmes en difficulté.

Des stratégies pour diminuer le nombre d'avortements ont marché ailleurs. Ces stratégies se résument en la sensibilisation des femmes, des hommes, des filles et des garçons :

a) à la merveille qu'est l'enfant qui se développe dans le sein de sa mère ;

b) à ce rôle formidable de la femme, qu'est la protection de l'enfant qu'elle porte. Ce devoir qui lui incombe fait partie de sa grandeur ;

c) à savoir regarder autour de nous tous ceux qui sont là, plein de vie, qui ne seraient peut-être pas là si la légalisation avait existé, avec toute la banalisation qu'elle entraîne.

Lorsque l'on en est bien convaincu, on comprend que l'on est responsable de sa fécondité, que la fécondité commence à la procréation. On est alors plus sérieux par rapport aux actes pouvant donner la vie. On est surtout bien convaincu qu'une grossesse non-planifiée ne doit pas être égale à un avortement - elle est d'ailleurs très souvent source de grandes joies. «Ma petite fille ! Quand je pense que je n'avais pas envie d'avoir ce quatrième enfant !»

Jacqueline Le Blanc

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