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Gilberte Chung


Self-made woman

Gilberte Chung a débuté comme simple enseignante et se retrouve, aujourd'hui, à la tête de l'Enseignement catholique, après avoir servi comme Section Leader, assistante rectrice et rectrice dans des collèges confessionnels. Puis, pendant deux ans, elle a agi comme conseillère et responsable de projet au sein du département Special Needs Education au ministère de l'Education. Ces nouvelles responsabilités, Gilberte les accueille avec dynamisme, déterminée à mener la barque à bon port.

Les rouages de l'éducation n'ont plus de secret pour elle. Et pour cause : vingt-deux ans au sein de l'éducation catholique et deux ans au ministère de l'Éducation. Des années qu'elle avoue ne pas avoir vu passer tellement que son métier la passionne. «Je ne me suis jamais ennuyée», déclare-t-elle.

Enseigner, sa vocation

Avec elle, enseigner a toujours été loin d'être un exercice d'instruction, mais plutôt d'immersion, de découvertes. D'ailleurs, nous confie-t-elle, «j'ai beaucoup aimé enseigner la littérature aux grands. Il y avait de grands échanges en classe parmi les élèves. Les discussions allaient bon train et permettaient aux filles de s'ouvrir à d'autres mondes. Aux plus petits élèves d'une classe avec des difficultés, je leur avais appris à faire des graphiques pour surveiller leur progrès à l'école». Selon elle, pour enseigner, il faut avoir l'esprit inventif. «Des choses simples qui aident grandement à l'apprentissage.»

Loin de se contenter de transmettre uniquement son savoir, celle qui a été au cours de sa carrière enseignante de mathématiques, de chimie, d'anglais, de comptabilité et enfin de langue et de littérature françaises, s'est aussi toujours fait un point d'honneur de créer des liens avec ses élèves. Pour Gilberte Chung, «c'est à travers le relationnel qu'on atteint l'académique. Les élèves ont besoin d'être écoutés, d'être encadrés. Il est aussi capital que l'enseignant soit attentif aux élèves afin de pouvoir déceler et réconforter ceux en difficulté».

Le choix

Travailler avec les enfants a toujours été une évidence pour notre interlocutrice. D'ailleurs, élève déjà, elle rêvait d'être pédiatre, puis puéricultrice, mais, issue d'une famille nombreuse, aller faire des études à l'étranger n'était pas à la portée de la bourse des siens. «J'ai alors choisi l'enseignement. J'ai eu une offre de remplacement au collège Lorette de Quatre-Bornes tout de suite après mon HSC. J'ai accepté...»

Des vingt-deux années qui ont suivi, Gilberte Chung a eu l'occasion de travailler dans quatre collèges Lorette : Quatre-Bornes, Curepipe, Rose-Hill et Port-Louis, où elle est promue rectrice en 2000.

De cette progression professionnelle, elle confie n'en avoir jamais rêvé. «J'aurais été toute à fait heureuse d'être enseignante toute ma vie. Les autres, voyant en moi les potentiels nécessaires, m'ont toujours encouragée à aller plus loin. Et moi je me disais alors que s'ils m'encouragent ainsi, c'est que sans doute parce que j'ai les capacités pour y arriver. Tu peux te découvrir, mais c'est toujours confirmé par ce que les autres disent de toi.»

Self-made woman

Au seuil d'entamer une nouvelle phase dans sa carrière, Gilberte Chung nous confie que la réussite est une question de volonté, de hard work. «A l'école, je ne me suis jamais considérée comme une élève brillante, mais moyenne. Je suis aussi persévérante de nature.»

Celle qui se décrit comme «femme, épouse et mère», parlant de ses études supérieures, raconte qu'elles ont été entamées à temps partiel avec l'université de La Réunion, puis à l'institut de Pédagogie (MIE) pour le Post Graduate Certificate in Education (PGCE).

C'est durant cette même période qu'elle décide de se marier et de construire sa famille. «Je suis une self-made woman et je n'aime pas remettre les choses à plus tard. Je suis d'avis qu'une personne peut entreprendre plusieurs choses et réussir si elle sait s'organiser et décide de s'investir.»

Passage au ministère,

une riche expérience

A quelques jours de son départ du ministère de l'Education, Gilberte Chung tire un bilan tout à fait positif de cette expérience. Pour elle, ces deux ans de travail lui ont permis de jeter les bases pour que l'éducation des personnes aux besoins spéciaux se fasse selon des normes rigoureuses et qu'elle soit de qualité.

D'ailleurs, à travers un document de politique nationale, préparé par tout les partenaires de ce domaine, un plan de travail jusqu'à 2015 a déjà été établi. «Il s'agit maintenant de veiller à ce que les choses soient mises en œuvre.»

Ces deux ans, riches en événements, ont aussi permis une meilleure structuration des services dans ce secteur, principalement grâce à des formations et à la création de programmes d'études et au rétablissement de certaines déséquilibres.

«On a rendu aux enfants handicapés leur droit à l'éducation gratuite.» Cette expérience lui a aussi donné la chance de découvrir et de comprendre la sphère des structures d'Etat. Un apprentissage qui lui sera d'un grand aide dans ses nouvelles fonctions.

Prochaine arrêt, le BEC

C'est avec une grande sérénité que Gilberte Chung se prépare à assumer ses nouvelles fonctions. Approchée au mois de mai et invitée à ces nouvelles responsabilités, elle confie avoir pris deux mois pour discerner et se décider, d'un commun accord avec son époux. «Parce que ce choix implique aussi la famille.»

Sûre de ses expériences acquises pendant toutes ces années dans le domaine éducatif, ajoutés à sa détermination, son sens du travail bien fait et sa patience et sa bonne humeur, Gilberte Chung est bien résolue à mener à bien ses nouvelles responsabilités.

Pour elle, l'Éducation catholique a déjà des acquis positifs alors que d'autres points doivent être améliorés. La mission se poursuivra donc dans un esprit d'équipe et avec une bonne dose de diplomatie.

Martine Théodore

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