Les achats de la rentrée


Entre prévoyance et négligence

En dépit de la période de festivités, ils ont été nombreux les parents à avoir quand même pensé à l'éducation de leurs enfants. D'autres, préférant attendre la veille de la rentrée des classes, ont opté de festoyer avant d'y songer.

D'une librairie à l'autre, les commerçants sont unanimes : la grande affluence pour l'a-chat de matériel scolaire ne se fera qu'au début de l'année. Ils reconnaissent cependant que certains parents, plus consciencieux, ont commencé leurs achats et de tout ce dont ils ont besoin pour leurs enfants dès qu'ils ont eu la liste des livres en main ou dès que l'exercice d'admission pour ceux qui vont entrer en Form I cette année a été complété.

Consciencieux

Jacqueline Sin, de la librairie Le Flamboyant, Rose-Hill, affirme que ses premiers clients pour la rentrée scolaire 2007 ont commencé à lui rendre visite à la mi-novembre. Le 23 décembre, la librairie a été littéralement envahie par des parents à la recherche de matériels scolaires requis pour que leurs enfants puissent avoir une bonne rentrée au collège.

A la librairie Le Printemps, Vacoas, Faiza Mooraby, responsable des ventes, explique que la grande affluence n'arrive habituellement qu'au début de l'année, avec la rentrée des classes pour ceux qui découvrent le collège, mais que depuis le 23 décembre, certains clients ont commencé à venir à la librairie.

Selon la préposée de la librairie, certains parents ont aussi acheté des livres d'histoire ou des jeux pédagogiques pour offrir en cadeau à leurs enfants pour la Noël. Les parents dont les enfants sont au collège ont commencé à faire leurs achats de livres et autres matériels scolaires dès qu'ils ont reçu la liste de livres l'année dernière, mais ceux qui ont des contraintes financières vont certainement se retrouver à faire des achats à la fin du mois de janvier, dit-elle, dépendant de leurs moyens.

Au Corner House, Port-Louis, la période de forte affluence a été après l'exercice d'admission dans les collèges pour les élèves de Form I, dit Wellington Ng, gérant de la librairie. Il est d'avis que la grosse majorité ne viendra que peu de temps avant la rentrée des classes et qu'au mois de décembre, certains parents ne pensent qu'à acheter des jouets pour leurs

enfants. Pour lui, ce sont surtout les parents consciencieux et ceux qui veulent éviter la grosse foule qui ont choisi d'acheter bien à l'avance.

Échange

Ni la librairie Corner House, ni Le Flamboyant ne pratiquent l'échange de livres. Si Wellington Ng y voit un grand avantage pour les parents, Jacqueline Sin considère que cela peut renfermer des pièges. «Il faut bien veiller à l'édition de chaque livre et vérifier si les textes corroborent, même si le livre porte le même titre.»

Roselys Maniacara considère que l'échange de livres usagés est un avantage considérable pour les parents. «On l'a fait plusieurs années de suite et c'est nettement plus économique», affirme-t-elle. Les achats de matériels scolaires pour ses trois fils ont été la priorité de son couple durant le mois de décembre. «Avec le boni de fin d'année, on a plus d'argent en main. Nous en profitons pour acheter tout ce dont ils ont besoin pour leur éducation. Ce n'est qu'après qu'on pense aux autres dépenses.» Prévoyante, elle a choisi de faire ses achats tôt afin d'éviter de faire la queue devant les librairies. Roselys Maniacara encourage les parents à acheter les livres de seconde main.

Économies

Wellington Ng est du même avis. Il a déjà fait cette proposition aux différents collèges de la capitale et aux Parents Teachers Associations, mais personne n'a montré un grand intérêt à cela. «L'échange de livres entre amis d'un même collège aurait permis aux parents de faire des économies considérables, surtout ceux qui éprouvent des difficultés financières. Ceux qui revendent leurs livres usagers sortent gagnants de cette pratique», dit-il. Mais pour Jacqueline Sin, c'est plus encourageant pour un enfant qui entame sa première année de Form I d'avoir des manuels neufs que de seconde main.

Consciencieuse aussi, Jennyfer Kataroo a songé à l'éducation de ses enfants avant de penser aux fêtes. Bien que ses filles soient en bas âge, leurs frais de scolarité engloutit une partie du budget familial. Bien qu'elle s'y soit prise à l'avance, il lui faut cependant refaire la tournée des librairies, certains manuels n'étant pas disponibles sur le marché quand elle a commencé ses achats. Pour la Noël, ses enfants ont eu des jeux éducatifs et quelques jouets pas chers car pour son mari et elle, c'est leur éducation qui est plus importante. Jennyfer Kataroo se dit prête à tout pour qu'elles réussissent sur ce plan.

Jean-Marie St-Cyr

retour aller