Le Groupe A de Cassis


Anti-Davis : non à la drogue, à l'alcool,
à la violence, à l'indifférence et au sida

Pendant deux décennies, le Groupe A de Cassis s'est engagé dans de nombreux programmes de prévention, de réhabilitation et de soutien aux parents et familles de toxicomanes. Mais l'année 2006 a marqué une révolution dans ses stratégies de prévention grâce à la création du groupe SPeLRA (Soldats de Port-Louis et des régions avoisinantes) et à l'organisation du pèlerinage anti-Davis autour de la
capitale. Une messe regroupant tous les soldats a été célébrée le 1er janvier en l'église St-Sacrement, Cassis.

Début 2006. Les travailleurs sociaux de Cassis découvrent que plusieurs adolescents de la région des Salines se livrent à l'automutilation en s'infligeant des blessures partout sur le bras avec un cutter. Et c'est la toute première fois que des parents approchent le Groupe A de Cassis pour dire que ces jeunes désertent le toit familial pour y revenir plus tard avec des cicatrices. C'est ainsi que les jeunes membres du Groupe A de Cassis ont eu pour tâche d'approcher ces jeunes afin de connaître où ils se rendent et qui les accueille.

Le Groupe A de Cassis constate ainsi que le quartier de Bain-des-Dames, des Salines, de Cassis, de Fort-Victoria et de Cité-Vallijee sont en zone rouge, touchés gravement par le sida. La situation devient très inquiétante.

Les chiffres étaient inconnus, mais le nombre de malades ayant contracté le sida par voie intraveineuse ne faisait qu'augmenter. D'autre part, le Groupe A de Cassis découvre aussi que plusieurs vols sont commis par certains toxicomanes en manque pour se payer leur dose.

Un sentiment d'insécurité gagne très vite les habitants. C'est ainsi que le père Gérard Mongelard, curé de la paroisse de Cassis, est approché par le Groupe A de Cassis. Le prêtre lance un appel aux volontaires afin de renforcer l'équipe de soldats du Groupe A de Cassis et n'hésite pas à faire entendre sa voix afin que les autorités réagissent pour éradiquer la pauvreté du quartier car, estime-t-il, c'est la racine de tous les problèmes.

Jésus-Christ : arme principale du combat

C'est ainsi que le prépèlerinage anti-Davis voit le jour en janvier 2006. C'est un programme de proximité avec la communauté, ayant pour thème principal Nou pe desann pou denonse et pou anonse. Dans ce combat, le Groupe A de Cassis dénonce Davis D : drogue et découragement; A : alcool ; V : viol, vol et violence ;
I : indifférence et ignorance ; S : suicide et sida) et l'inaction des autorités devant tous ces fléaux.

L'arme principale dans ce combat est Jésus-Christ, mis au centre de toutes leurs actions. Le Groupe A de Cassis croit fermement qu'à travers la prière et la foi, des actions positives peuvent être réalisées. En même temps, il propose des moyens efficaces pour combattre ces problèmes sociaux. En créant, durant tout le pèlerinage, une «armée» de plus d'un millier de «soldats» conscients de Davis.

Ce pèlerinage a commencé à Cassis et dans les quartiers des alentours. Très vite, les régions avoisinantes de la capitale ont été touchées : Tranquebar, La Tour-Koenig, Pointe-aux-Sables, Pailles, Roche-Bois, Cité-Richelieu et Petite-Rivière. Au total, environ 30 000 personnes ont été sensibilisées des divers problèmes sociaux affectant ces quartiers. Les prêtres sont aussi de la partie. C'est ainsi

que plusieurs prêtres des paroisses de Port-Louis ont apporté leur soutien à ce pèlerinage - Gérard Mongelard, Jean-Michaël Durhône, Pierre Piat, Michel Moura, Jean-Maurice Labour, Sylvio Lodoïska, Jocelyn Grégoire ainsi que l'arya Mestry.

D'autre part, le pèlerinage anti-Davis a aussi donné naissance à d'autres groupes. D'abord, un Out-Reach Group, où un groupe de personnes va rejoindre les toxicomanes et les personnes vivant avec le virus du sida là où ils sont.

Ensuite, un groupe de soutien où les membres soutiennent et accompagnent les toxicomanes et les personnes séropositives ainsi que leurs familles. Puis, un groupe de volontaires encadrant et accompagnant les enfants à problèmes.

Contrairement à d'autres campagnes de sensibilisation et de prévention sur le sida, où l'on mise beaucoup sur le préservatif, le Groupe A de Cassis met l'accent surtout sur la formation des jeunes, la character building, la fidélité et l'abstinence. D'autres groupes ont aussi vu le jour : la Federasyaon Bann Organizasyon Rosbwa (FOR), à Roche-Bois, qui regroupe plusieurs associations afin de combattre les fléaux qui les rongent. A Pailles, le Groupe espoir, le Groupe d'entraide à Richelieu, le Groupe vigilance à Batterie-Cassée, entre autres.

Naissance de Lacaz A

Lacaz A a marqué l'histoire du Groupe A de Cassis après vingt ans de combat et de prévention. Ce centre d'accueil, situé à la rue Saint-Georges, Port-Louis, a vu le jour le 1er décembre 2006, en raison de la stigmatisation liée autour de la maladie du sida. Les victimes ne savaient pas où s'adresser et à qui se confier. C'est ainsi que Lacaz A vient répondre à une grande attente et représente un espoir pour les victimes du sida, alcooliques et toxicomanes qui ont besoin d'un encadrement et d'un soutien.

Sa mission principale est de prodiguer soins et conseils, tout en apportant accueil, amitié, affection, accompagnement et soutien nécessaires aux malades ainsi qu'à leurs familles. La thérapie de groupe, des ateliers de travail et plusieurs autres activités sont prévus pour la réhabilitation. Très bientôt, parents et enfants pourront s'informer dans une bibliothèque qui sera mise à leur disposition. Lacaz A donne aussi l'opportunité à des personnes de faire des dépistages en toute confidentialité.

Notons que le Groupe A de Cassis a eu la collaboration de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), des prêtres, des représentants d'autres religions et des organisations pour pouvoir faire de l'île Maurice un lieu où il fait bon vivre. Le Groupe A de Cassis ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. L'an prochain, les soldats descendront à Sainte-Croix et à Baie-du-Tombeau. Le Groupe est aussi sollicité par les habitants de divers quartiers à travers l'île.

Le Groupe A de Cassis a clôturé l'année par un grand rassemblement au monument de la Marie, Reine-de-La-Paix, le dimanche 17 décembre dernier. Neuf résolutions ont été votées à la fin de cette manifestation.

par Cadress Rungen

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