Engagement social


Quand les Églises se font écoute et accompagnement

Les «petites» Églises s'engagent sur le terrain social. Elles ont été particulièrement actives dans le domaine de la prevéntion et de la sensibilisation contre le VIH/sida.

Aniel Barbe est pasteur de l'Église adventiste et responsable du Club Jeunesse adventiste. Du 1er au 10 décembre dernier, ils étaient actifs sur le terrain à travers le projet Zanfan enn sel papa. Soutenus par des personnes ressources telles Carmen Anazor (Aids Unit du ministère de la Santé), Diren Moher (Pils) et Dany Philippe (Centre de Solidarité), le Club Jeunesse adventiste a animé des causeries dans trois quartiers : Cité-Barkly, Cité La Caverne et à Cité La Lumière.

Partage, écoute, échange et dialogue donc entre gens vivant des réalités différentes et venant de milieux divers. Et le tout a culminé sur un concert, le 10, sur l'esplanade du Plaza, avec la participation des chorales adventises, celle de La Voix de la Délivrance et des Églises anglicane et catholique.

Acceptation et respect de l'autre

Le pasteur Barbe est catégorique : «Même si nous ne partageons pas le style que prône la société, les religions se doivent, à temps et à contre-temps, de rappeler certaines valeurs fondamentales : l'acceptation et le respect de tous, ainsi que le droit d'être aimés», rappelle-t-il.

Soit, la valeur inconditionnelle de l'Amour qui puise ses racines au cœur même de l'Évangile. «Notre message, poursuit notre interlocuteur, est un message d'espérance, d'accueil, surtout des plus faibles.»

Abstinence sexuelle avant le mariage et fidélité ont été revalorisées lors de ce projet. «Nous n'encourageons pas l'utilisation du préservatif avant le mariage, précise le responsable du Club Jeunesse adventiste. Mais, nous n'écartons pas cette alternative de notre discours ; cette option est présentée à ceux qui choisissent de s'éloigner de l'abstinence et de la fidélité.»

Son engagement dans la lutte contre le sida, l'Église adventiste compte bien le poursuivre. Elle travaille sur un projet Youth Alive. Et prévoit l'organisation, cette année, de sessions de formation de l'Adventist International Aids Ministry (AAIM), qui a pour responsabilité la «mobilisation du réseau des églises et des institutions adventistes» dans la lutte contre le VIH/sida.

Un engagement qui aborde aussi d'autres fronts. Notamment à travers le service communautaire de l'Adventist Development Relief Agency (ADRA). Ainsi que l'encadrement imminent de ceux désireux de se lancer dans l'entrepreneuriat. «Notre mission en tant que chrétiens est aussi de travailler pour que les gens aient une qualité de vie sur terre», lâche le pasteur Aniel Barbe.

Pour sa part, le pasteur Rodney Curpanen, de l'Église presbytérienne, a été récemment la cheville ouvrière de tout un travail auprès des Églises protestantes, évangéliques et pentecô

tistes.

Etre prophétique

«Notre objectif - à travers deux séminaires en juillet et novembre derniers - est de conscientiser les pasteurs, les leaders et les responsables de jeunes par rapport au VIH/sida. Car ce sont des gens qui prennent des décisions et qui ont le pouvoir d'influencer la communuaté. Rendre les Églises compétentes dans la lutte contre le VIH/sida est un impératif missionnaire», explique le pasteur Curpanen.

La commumauté chrétienne, insistera cet interlocuteur, est appelée à être une communauté de compassion et d'accueil. «Il nous faut être prophétique et savoir discerner les appels de Dieu. Aujourd'hui, l'appel, c'est aussi accompagner et soutenir celui qui souffre, qui est rejeté et marginalisé. Dans ce sens, l'Église se doit d'être présente au cœur de ces réalités humaines.»

Propos qui rejoignent ceux émis par les participants au séminaire de fin novembre dernier. L'Église fait partie de la société ; quand la société est malade, l'Église aussi est malade, disait l'un d'eux. L'Église doit prendre conscience et s'impliquer face à l'attente des infectés et des affectés, soutenait un autre. L'Église est une sentinelle qui alerte les autres des situations de danger, affirmait un autre...

Les relations cordiales tissées entre le pasteur Curpanen et les responsables des Églises indépendantes ont grandement facilité l'organisation de ce travail de sensibilisation. «Le capital de confiance placé en moi a grandement joué», explique Rodney Curpanen. La participation a été bonne. «Les échanges fort intéressants, même si je déplore la faible participation des pasteurs.»

Equiper et empower

«Nul ne peut se dire pasteur s'il n'a pas une réponse théologique pour les membres de son Église ou toute autre personne, infectée ou affectée, qui frappe à sa porte. Ne pas être formé en conséquence est une lacune grave dans le concept de communauté de compassion et d'accueil», poursuit le pasteur Curpanen.

L'idée derrière l'engagement de l'Église presbytérienne n'est pas d'imposer aux autres sa position. «Nous désirons passer l'information afin que les différentes Églises puissent prendre les décisions et les actions à leurs niveaux. La mission que nous nous sommes fixée est de les équiper et de les empower. De créer un réseau qui utiliserait les compétences des uns et des autres.»

Quand les Églises vivent à l'heure de l'information, de la formation et du partenariat, le VIH/sida n'a qu'à bien se tenir...

Danièle Babooram

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