AVANT-PROPOS

Dans le livre "Tasawwuf- Le coeur vivant de L’Islam", nous avons prouvé que le Tasawwuf en tant que tel existait bel et bien à l’époque matinale de l’Islam et que tous les principes des Sufis sont fondés sur le Qur’an et le Sunnah, le Tasawwuf étant l’Ihsan mentionné dans le Hadith Jibra’il fort connu.

Citant Shaykh Abu Bak’r Al – Kattaani , nous avons expliqué que "Le Tasawwuf est Safa et Mushaahada", Safa voulant dire purification et Mushaahada vision de la vérité. Ces deux mots, rappelons–le, définissent l’ensemble du Tasawwuf, le premier signifiant la voie et le second la destination.

Nous avons amplement défini le Tasawwuf, montré l’importance de la compagnie (sohbat) et expliqué le sens du Mujaahadah et les méthodes de sa mise en pratique. Comme promis, nous allons, dans ce présent livre, aborder les différentes étapes du Tasawwuf .

D’abord , nous allons parler des sujets tels que le Zik’r , le Muzaakarah , le Khalwah et le Muraaqabah. Ensuite, nous allons aborder les différentes étapes du "Muqaamaat". Puisse Allah agréer cet humble ouvrage et le rendre utile à nos frères et soeurs. Ameen, Thoumma ameen!

Votre frère en Islam!

SYED ALEEM ASHRAF JILANI

Port Louis

République de Maurice

Jumaada-al-ula, 1423 Hijri

Juillet 2002.
 
 

ZIK’R

Le Zik’r est à la base même de toutes les Moqaamaat (stations) dans la voie vers Allah Subhaanahou Wa Ta’àla, car chaque mur de l’édifice repose sur une fondation. Un bandah (être humain) peut ne pas être conscient de sa léthargie qui l’empêche de s’éveiller en vue de se diriger dans la voie du Maarifah d’Allah, ce pourquoi Allah a créé l’ab’d (serviteur d’Allah). Comme mentionné dans le Qur’an Shareef (S:51:V56 ) : "Et Je n’ai créé les djinns et les humains que pour qu’ils me prient".

Le mot Zik’r a étè utilisé dans le Qur’an et le Sunnah dans plusieurs sens. Des fois Zik’r signifie le Qur’an Shareef, comme dans le Sura Al – Hij’r, Aahyah 9. D’autres fois, Zik’r signifie la prière de Jummah, comme dans le Sura Al – Jummah, verset 9. Quelquefois, Zik’r veut dire la connaissance, comme le Sura Al – Ambiyaa, verset 7. Mais, dans sa signification courante, Zik’r signifie le prononcé du Tasbeeh (comme Soubhaanallah ...), du Tahleel (Laa ilaaha illallah), du Takbeer (Allahou Akbar), du Tahmeed (Alhamdolillah…) et le Swalaato Salaam sur le Prophète s.a.w… Comme, par exemple, dans la Qur’an Shareef, Allah Taàla dit: "Et puis après la prière, faites le Zik’r d’Allah en vous tenant debout, assis ou allongé sur vos côtés… …"(S: An- Nisaa, V:103). Et Allah Ta’àla dit : "Et rappelle le nom de Ton Seigneur, et demeure pour Lui seulement, en rompant avec tout". (S: Muzzammil, V:8)

Hazrat Abu Horaira r.a. a rapporté que Rassoolullah s.a.w a dit: "Allah dit: ‘Je suis avec Mon serviteur quand il se souvient de Moi,ses lèvres frémissant pour Mon Zik’r " (1). Hazrat Abdullah Bin Bis’r a dit: "Une personne dit au Prophète s.a.w.: "Ya Rasssoolullah s.a.w.! les pratiques sont trop nombreuses; donnez – moi une pratique à laquelle je pourrais m’accrocher". Nabi-e-Karim s.a.w. répondit: " Faites que votre langue soit toujours humide dans le zik’r d’Allah". (2) Ces quelques exemples suffisent à illustrer les sens divers du mot Zik’r.

Si quelqu’un prétend que Zik’r veut seulement dire la connaissance du licite et de l’illicite (Halal et Haram), nous pouvons lui répondre que le mot Zik’r est utilisé dans plusieurs sens dans le Qur’an et le Sunnah. Selon la règle générale, il est établi que la signification d’un mot dans le sens courant est unanimement retenue plutôt que sa signification rare ou exceptionnelle, excepté lorsque ce mot suppose idée de sa signification rare ou exceptionnelle dans un contexte spécifique. Par exemple le mot lion se rapporte généralement à l’espèce animale, mais dans un contexte exceptionnel, il signifie un homme brave. Par exemple, Allah Taàla dit dans le Saint Qur’an: " ô les gens, demandez à l’ahlouz Zik’r (ceux qui ont la connaissance), si vous ne savez pas (Sura 21, V.7). Ainsi, dans ce contexte précis, Zik’r signifie connaissance. Le mot "demandez" ici se rapporte à la connaissance; autrement Zik’r doit être compris selon sa signification dans son utilisation courante.
 
 
La preuve du Zik’r dans le Qur’an

Allah Soubhaana Wa Taàla dit : " Aussi, souvenez-vous de Moi et Je me souviendrai de vous…" ( Surah Al-Baqarah, Aayat: 152). Et Allah Taàla dit : "Ô les croyants! Faites beaucoup le Zik’r d’Allah et chantez sa pureté (Tasbeeh) le matin et l’après-midi" (S:Ahzaab, V: 41-42). D’autre part, nous devons nous rapporter à quelques aayat-e-Kareema dans lesquels "Zik’r" est utilisé dans son sens courant et nous demandons à nos lecteurs de se référer à:

La preuve du Zik’r dans le Sunnah
  1. Hazrat Abu Moussa Ashraari a rapporté que Rassoolullah s.a.w a dit : "La différence entre celui qui se souvient de son Seigneur et celui qui ne s’en souvient pas est similaire entre un être vivant et un mort." (3)
  2. Hazrat Anas r.a a rapporté que Nabi-e-Karim s.a.w a dit que "Si vous passez près des jardins du Jannah, bénéficiez-en!". Les gens demandèrent: "Quels sont les jardins du Jannah?" Le Prophète s.a.w répondit: "Les cercles du Zik’r."(4)
  3. Hazrat Abu Horeira r.a a rapporté que Rassoolullah s.a.w a dit: "En vérité, il y a certains anges qui parcourent différents chemins à la recherche des gens du Zik’r et s’ils rencontrent un groupe de croyants en train de se souvenir d’Allah, ils annoncent à l’intention de ces derniers: "Venez à vos nécessités!" Alors, ces anges les couvrent de leurs ailes.


    Rassoolullah s.a.w poursuivi: "Alors, Allah Subhaanahu Wa Taàla demande aux anges: "Que disent Mes serviteurs?" Les anges répondent: "Ils font votre tasbeeh, votre taqbeer, votre ham’d (louanges) et votre tamjeed (glorification)." Allah demandera: "M’ont-ils vu?" Ils répondront: "Non!" Par Allah, ils ne Vous ont pas vu. Alors Allah dira: "Et s’ils M’avaient vu?" Ils répondront : "S’ils Vous avaient vu ils Vous adoreraient davantage, ils Vous glorifieraient plus et feraient Votre tasbeeh encore plus." Allah dira "Qu’est-ce qu’ils demandent?" Les anges répondront: "Ils Vous demandent le Jannah." Allah dira: "Ont-ils vu le Jannah?" Ils répondront: "Non, par Allah, ô notre Seigneur, ils ne l’ont pas vu." Allah dira: "Et s’ils l’avaient vu?" Ils répondront : "S’ils l’avaient vu, ils en seraient encore plus avides et leur désir du Jannah s’intensifierait." Allah dira: "Contre quoi ils recherchent protection?" Ils répondront: "Du feu." Allah dira: Ont-ils vu le feu (l’enfer)?" Ils répondront: "Non, par Allah, ils ne l’ont pas vu." Allah dira: "S’ils l’avaient vu?" Ils répondront : "S’ils l’avaient vu, ils auraient pris davantage de fuite du feu, craignant encore plus le feu." Alors, Allah dira: "Je vous prends à témoin que Je leur ai pardonné." Alors un des anges dira: "Untel n’était pas du groupe; il s’y amena pour quelque autre motif." Allah dira: "Ce sont des gens dont le compagnon ne restera pas malheureux grâce à eux."(5)

  1. Hazrat Abu Darda a rapporté que Nabi-e-Karim s.a.w a dit: "Le jour du Quiyaamat, Allah réveillera à la vie des gens qui apparaîtront le visage auréolé de noor (lumière, sur des mimbars couverts de perles; les gens désireront leur position (sans envie). Ce ne sera pas des Prophètes, ni des Martyrs." A ce stade, le rapporteur (Abu Darda) dit qu’un villageois se dressa sur ses genoux et dit: "Ya Rassoolullah! Décrivez-les pour que nous les reconnaissions." Le Prophète s.a.w dit: "Ce sont des gens qui s’aiment les uns les autres pour le plaisir d’Allah, venant de différentes tribus et de différents pays. Le Zik’r d’Allah les réunit et ils s’assemblent pour se souvenir d’Allah.(6)
  2. Imam Al Bokhari et Imam Muslim ont rapporté citant Abu Horeira r.a rapportant ces paroles de Rassoolullah s.a.w: "Allah Taàla dit: "Je suis avec Mon serviteur Tel qu’il pense de Moi. Je suis avec Mon serviteur lorsqu’il pense à Moi (Zik’r). S’il se souvient de Moi dans la solitude, Je me souviens seul de lui, s’il se souvient de moi en groupe, Je me souviens de lui dans une meilleure assemblée. Si Mon serviteur est proche de Moi (de la distance) d’une main, Je serai proche de lui de quatre coudées. Et si Mon serviteur est proche de moi d’une coudée, Je serai proche de lui de deux bras étendus."(7)
  3. Rassoolullah s.a.w a dit qu’Allah Taàla dit: "Celui qui est si occupé avec la récitation du Qur’an Shareef et le Zik’r d’Allah qu’il n’a point le temps de Me demander quelque chose, Je le comblerai encore plus que ceux-là qui Me demandent quelque chose."(8)
Il n’y a aucun doute que notre coeur est souillé de rouille et qu’il n’y a d’autre moyen de le polir que par le Zik’r d’Allah, comme mentionné dans le Hadith Shareef. Et certainement, le Zik’r purifie nos coeurs et le fait briller comme un miroir parfaitement poli. Quand nous abandonnons le Zik’r, le coeur est envahi par la rouille. Cette rouille est généralement causée par deux choses: la torpeur et le péché. Le coeur peut être poli par l’astaghfar (demander pardon à Allah) et le Zik’r. Celui qui demeure dans la torpeur aura le coeur couvert de plusieurs couches de rouille. Si le coeur poli reflète fidèlement les réalités connues, par contre le coeur noirci ne reflètera que des réalités déformées, dans une confusion qui montre la vérité comme étant fausseté et le faux comme étant la vérité. Et c’est là la grande punition pour le coeur. La seule cause en est le fait d’être inconscient du Zik’r, parce que cette inconscience-là détruit la lumière du coeur. Allah Tabaaraka Wa Ta’àla dit: "… …Et n’obéis pas à celui dont Nous avons écarté le coeur de Notre pensée; il a suivi sa passion et ses actes ont outrepassé les limites." ( Al- Kahaf: 28)

Voilà la raison pour laquelle tous les Murshideen-é-Keram (guides spirituels) recommandent aux Saalikeen (ceux qui marchent dans la voie d’Allah) de faire autant que faire se peut le Zik’r d’Allah et leur enseignent que c’est là le moyen pratique de progresser vers Allah. Les guides spirituels les encouragent à garder un contact étroit avec les Zaakireen, parce que les respirations de ceux-ci anéantissent leurs désirs (An-Nafs Al Ammaarat Bis Soo’é), leurs pulsions violentes.

Types de Zik’r 

Il est permis de faire le Zik’r d’Allah, individuellement ou en groupe, à voix basse ou à haute voix, secrètement ou ouvertement. Rassoolullah s.a.w. a enseigné tous ces types de Zik’r. Les Sufia-é keram préfèrent généralement le Zik’r à haute voix et sans aucun doute, il y a certaines sources qui étayent leur point de vue.

Le Zik’r à haute voix

Nous avons déjà cité le Hadith-e-Qudsi rapporté par Al-Bokhari, Muslim, An Nassaï et Ibné Maaja et dans lequel Allah dit que lorsqu’un serviteur fait Son Zik’r en groupe, Allah se souvient de lui dans une meilleure assemblée. Et c’est évident que c’est à haute voix que les croyants font le Zik’r en groupe.

Ibné Adràa r.a. a dit: "Une nuit, je marchais aux côtés du Prophète s.a.w. quand Nabi-e-Karin s.a.w. passa tout près d’une personne qui élevait la voix dans le masjid. Je dis au Prophète s.a.w. que peut-être ce dernier faisait preuve d’ostentation. Rassoolullah s.a.w. répondit: "Non. Il est rempli de sollicitude." (9)

Hazrat Ibné Abbas r.a. a dit : "Au temps du Prophète s.a.w., les gens avaient l’habitude, sitôt le namaz far’z terminé, d’élever la voix dans le Zik’r." Il ajouta:" Je savais que le namaz avait pris fin." (10)

A part ces ahadith, il y a plusieurs autres ahadith qui prouvent la pratique du Zik’r à haute voix. Toutefois, les ahadith sus-mentionés suffisent ici.

L’éminent Imam et Mohaddith Jalaluddin Suyuti (expira en 911H/1506 A.D.) a écrit un livre sur ce sujet spécifique et dont le titre est "NATEEJATUL FIK’R FI AL JEH’R FI AZ-ZIK’R." Dans ce livre, Imam Suyuti a réuni 25 ahadith pour prouver que le zik’r à haute voix est meilleure au Zik’r discret, car le Zik’r à haute voix implique plus d’action avec la participation de la voix, l’ouïe etc. qui chassent la léthargie et bénificient aux auditeurs autour. Ce type de Zik’r suscite la concentration et repousse les chuchotements de Shaïtan. Le Zik’r-e-Khafi (Zik’r discret) est nécessaire quand, par exemple, il s’agit de combattre l’ostentation en certaines circonstances, ou quand il s’agit de ne point déranger un Muswalli ou le repos d’une personne souffrante. Dans ce contexte précis, Hadith Shareef recommande le Zik’r-e-Khafi. Ainsi, toute contradiction qui pourrait naître dans l’esprit des gens est vite dissipée à la lumière de ces ahadith dès lors qu’il s’agira de chosir le type de Zik’r approprié dans un contexte donné.

Il y a certains gens qui pourraient citer l’aayat-e-karima qui suit contre la pratique du Zik’r à voix haute: "Et pense à ton Créateur dans ton coeur avec humilité et frayeur et sans élever la voix … …" ( Al Aàraf:205 ). Imam Jalaluddin Suyuti a abordé la question dans son livre précité en ces termes: (a) cet aayat est Makkiya, c-à-d révélé à Macca et nous savons tous qu’à Macca, alors, les Mushrikeen persécutaient les Musulmans et quand ceux-ci récitaient le Qur’an, ils injuriaient le Qur’an de même que Celui qui a envoyé le Qur’an. C’est pourquoi Allah Taàla ordonna alors à ces Musulmans de ne pas lire le Qur’an Shareef à haute voix (Vide Al Israat:110) Pour la même raison, le Zik’r à haute voix n’était pas recommandé en l’occurrence. Mais, par la suite, les Musulmans ont étè autorisés à lire le Qur’an à haute voix, tout comme le Zik’r à haute voix devint pratique courante.(b) Selon un groupe de Mufassireen (les interprètes du Qur’an), tels que Abdur Rahmaan Bin Zeid Bin Aslam et Ibné Jalil, etc, il était interdit de faire le Zik’r à haute voix lorsque des croyants lisaient le Qur’an à haute voix, et l’injonction Qu’ranique s’appliquait dans un contexte précis (c) selon des oulémas, l’injonction concernait uniquement le Prophète s.a.w, parce que étant toujours à l’abri de Shaïtaan il n’avait pas à repousser quelque chuchotement de shaïtan. Telle était la personnalité lumineuse de l’envoyé d’Allah qu’il n’avait pas besoin de tirer parti du Zik’r à haute voix. Mais, nous autres, qui sommes poursuivis par les ruses de Shaïtan, le Zik’r à haute voix est nécessaire pour nous, car c’est un moyen puissant de tenir Shaïtan à distance. (11)

Imam Aaloosi Iraaqi a dit dans son tafsir Ruhul Ma’àni que dans l’aayat susmentionné, l’interdiction se rapporte à la voix haute plus que nécessaire, mais non pas à la voix modérée suivant les exigences. Imam Aaloosi ajouta que cela est le maz’hab de Imam Shaféi, Imam Malik et Imam Ahmad et qui est conforme au fatwa de Imam Qazi Khan, éminent érudit Hannafi. (12)

Le Zik’r en groupe

Nous savons tous que généralement l’ibaadah en groupe est supérieur à l’ibaadah dans la solitude. Nous avons déjà cité des ahadith qui étayent la validité et l’importance du Zik’r en groupe. Ci-après, quelques autres ahadith.

  1. Abu Horeira et Abu Said Al Khud’ri ont rapporté que Rassoolullah s.a.w a dit: " Il n’y a pas de groupe de Zik’r d’Allah que les anges n’entourent pas et le Rahmat ne couvre pas. Le Sakeenah (satisfaction du coeur) est déversé sur les Zakireen. Et Allah Taàla se souvient d’eux en présence de ceux auprès de lui. (13)
  2. Harat Maàviyah a rappoté que Rassoolullah s.a.w rencontra un cercle de ses compagnons et leur demanda: "Qu’est-ce qui fait que vous vous asseyez ainsi?" Ils répondirent: "nous nous asseyons pour faire le Zik’r d’Allah et Sa glorification." Alors Nabi-e-Karim s.a.w. dit: "Jibra’il est venu me voir et m’a informé que Allah est fier de vous devant les anges."(14)
  3. Imam Twahtwavi a dit: "Imam Shàraani a fait ressortir que l’oummah est unanime à reconnaître les mérites du Zik’r en groupe, sauf lorsque la voix élevée perturbe le repos d’une personne ou la concentration d’un Muswalli, comme confirmé dans les livres de Fiq’h. (15)
Le Zik’r en solitude

Le Zik’r en solitude est fort utile pour purifier la coeur et l’éveiller. Il conduit le Zakir à être plus proche et intime avec son Seigneur. Il favorise le Munaajaat, c-à-d les éloges d’Allah accompagnés de requêtes à voix douce. Aussi, il est extrêmement important pour le croyant d’avoir un aparté avec son Seigneur par le biais du Zik’r en solitude. Après son auto-critique, examinant les méfaits de son nafs et, si durant le Muhaasabah il a constaté ses défauts, il doit s’efforcer à s’en débarrasser à travers le Mujaahadah. Voir le livre précédent. Pour souligner l’importance du Zik’r en solitude, nous vous citerons un hadith qui doit suffire ici: Hazrat Abu Horeira r.a. a rapporté que Rassoolullah s.a.w. a dit: " Le jour où il n’y aura aucune ombre excepté l’ombre (de miséricorde) d’Allah, Allah prendra sept catégories de personnes sous Son Trône." Et Rassoolullah s.a.w. mentionne, parmi ces sept catégories, "l’homme qui s’est souvenu de son Seigneur dans la solitude et dont les larmes coulaient au rappel d’Allah." (16)

Les conditions requises pour le Zik’r

Le Zakir, ses vêtements et le lieu du Zik’r doivent être propres. Il est préférable de faire le Zik’r dans un lieu sacré tel que le masjid ou encore dans le coin de sa maison réservé aux prières. Le Zakir doit se nettoyer la bouche et, s’il est seul, doit s’asseoir en direction du Qiblah, avec une grande humilité, une grande soumission, un grand calme. Mais le plus important, c’est la purification du coeur. Il doit faire de son mieux pour débarrasser son coeur de tout ce qui le noicit comme la jalousie, l’ostentation, l’orgueil, l’avarice, etc parce que c’est le coeur de l’homme que Allah regarde en permanence. Il doit se garder de toute action ou expression qui pourrait attirer l’attention des autres sur lui. Est également important le Huzoor-e-Qalb, c-à-d la présence du coeur. Car c’est avec tout son coeur qu’on doit faire la Zik’r d’Allah, et non pas avec sa voix seulement. Pour réaliser cette présence du coeur, il faut comprendre et pénétrer le sens des mots du Zik’r. Par exemple, si l’on fait le Zik’r de Istighfar (astaghféroullah, astaghféroullah …) il doit penser aux péchés qu’il a commis, accepter sa faute et implorer la clémence d’Allah. Si l’on adresse le salaatus Salaam à Rassoolullah,s.a.w., on doit penser à la noblesse, à la grandeur du Prophète s.a.w. Et si l’on fait le Zik’r-un-Nafi Wal Ithbaat ( Laa ilaaha illallah), on doit libérer son esprit de toutes les préocupation mondaines. Même si, au début, l’on ne parvient pas à le faire on ne doit pas quitter le Zik’r: par la suite, l’on pourrait recevoir la présence du coeur. Nous devons réaliser que l’absence du Huzoor-e-Qalb est malgré tout meilleur que l’absence du Zik’r. (17)

Al Muzaakarah

Muzaakarah veut dire rechercher la guidance du Murshid à propos de ses états, sensations et expériences durant le Zik’r. Pour toute faveur, tout Rahmat qu’il reçoit durant le Zik’r, le Zakir doit en parler avec son Murshid. De même, les chuchotements de Shaïtaan et ses ruses peuvent lui jouer des tours et son Murshid, avisé, l’aidera à repousser les tromperies ainsi que d’autres obstacles.

Le Muzakaarah a une grande signification, une grande importance pour progresser dans la voie vers Allah Tabaaraka Wa Taàla et le Mooreed doit parler de ses expériences durant le Zik’r et après, avec son Murshid. Il doit se considérer devant son Shaykh comme un patient qui a confiance en son médecin. Si le patient bénéficie de l’expérience de son médecin, de même le Zakir bénéficie de la compétance de son Murshid, tout comme un contracteur tire parti des connaissances de l’ingénieur, etc. Mais le Zakir a plus besoin de son Murshid que, par exemple, le constructeur a besoin d’un ingénieur, car un guide dans le monde invisible est encore plus nécessaire qu’un guide dans le monde visible. Certaines gens peuvent croire à tort qu’il ya une similitude entre le Muzaakarah et les confessions, mais il n’en est rien. Car dans l’Islam, le croyant ne demande pas pardon au guide spirituel, mais recherche auprès du Murshid les enseignements nécessaires pour obtenir la clémence d’Allah et pour s’ameliorer. Dautre part, d’autres gens pourraient confondre entre le Muzaakara et le Mujaaharah. Le Mujaaharah est l’annonce de ses péchés devant des gens, qui est péché plus grave que le péché commis lui-même. Le Prophète s.a.w. a dit : " tout mon oummah peut obtenir la clémence d’Allah excepté ceux qui annoncent aux autres les péchés qu’ils ont commis." (18)

Imam Nawavi a dit que l’annonce de ses péchés est un péché grave, mais rechercher, auprès d’un Shaykh, les moyens de se faire pardonner d’Allah est une bonne oeuvre. (19)

Al Khalwah

Shaykh Ahmad Zarooq a.r.: "Le Khalwah est un isolement spécial et les buts et objectifs du Khalwah en font L’îtékaaf. Le Khalwah peut être pratiqué dans le masjid ou dans un autre lieu. Le Khalwah, pourrait être d’une durée indéterminée. Mais il y a une indication dans le sunnah que la durée maximale du Khalwah doit être de quarante jours, selon le "temps promis" de Hazrat Moosa a.s. (sur la montagne Toor). La durée initiale était de trente jours; elle a été étendue à 40 jours. Selon Sahih Muslim, Rassoolullah s.a.w. fit le Khalwah dans la cave de Hira, pendant 30 jours.(20) … … … Lobjectif du Khalwah est la purification du coeur en vue de le libérer des affaires mondaines. Le Khalwah renferme de gros avantages mais, sans la supervision d’un Shaykh, il pourrait causer des dangers. (21)

Voilà pourquoi le Khalwah est l’isolement tant par rapport aux gens que par rapport aux affaires mondaines durant un temps déterminé, prescrit par un Murshid. Le Khalwah est un excellent moyen de se libérer de l’emprise terrestre et de purifier son coeur. Dans le Khalwah, il est fortement conseillé de faire le Zik’r d’Allah et d’autres ibaadates comme recommandé par le Murshid. Le croyant doit pratiquer le Zik’r dévotement et de façon continue tant et si bien que lorsque le Zik’r vocal est terminé, la forme des mots du Zik’r s’imprime dans son coeur. Dans un autre stage, quand il aura poursuivi le Zik’r, la forme disparaît et le sens des mots du Zik’r demeure.

Durant le Khalwah, le croyant peut être confronté aux interférences de son nafs, Shaïtan et différentes sortes de Was’wasa, allant jusqu’à l’entraîner vers le péché et le kuf’r (mécroyance). Mais la forte détermination du croyant fera que tous ces dangers ne pourront l’affecter. Et durant le Khalwah, quels que soient les états (positifs ou négatifs) que le croyant aura éprouvés, il devra consulter son Murshid ou son guide spirituel, se gardant d’en parler à qui que ce soit. Pour plus amples explications à propos du Khalwah, voir le livre précédent.

Muraaqabah

La signification du Muraaqabah est la concentration de votre esprit sur un point précis, afin d’analyser l’état spirituel de votre coeur. L’objectif est de parvenir à un point où vous sentez fortement et profondément que Allah vous regarde. Et au stade suivant, c’est de parvenir au point où vous avez le sentiment profond que vous regardez Allah.

Méthodes du Muraaqabah

Le Muraaqabah est un moyen excellent pour atteindre un état spirituel élevé. Il est préférable que le croyant s’asseye face au nord et suive certaines recommandations, telles que …

  1. Il porte son choix sur un lieu paisible loin de tout tapage, de toute rumeur.
  2. Le lieu devrait avoir une température modérée, c-à-d où il fait ni trop chaud ni trop froid, sauf exception.
  3. Le lieu devrait être obscur où ne filtre aucune lumière vive mais où il y a un éclairage tamisé, doux.
  4. Il est préférable de s’asseoir à même le sol, sur un tapis, et non sur un objet moelleux ou sur un fauteuil.
  5. La colonne vertébrale doit être maintenue en position droite.
  6. Le Muraaqabah doit être pratiqué avec le wazou.
  7. Le croyant doit se libérer de toute pression mentale, sutout de tout sentiment de colère.
  8. Le Muraaqabah doit être pratiqué deux ou trois heures après le repas.
  9. Avant de commencer le Muraaqabah, il est impérieux de rechercher l’aide d’Allah Ta’àla contre les chuchotements de shaïtan en récitant le 2ème. Kalimah, en se concentrant sur la signification des mots prononcés.
  10. L’exercice respiratoire aide le Muraaqib à pratiquer avec succès sa méditation.
  11. Pressez le pouce de la main droite sur votre narine droite et respirez pendant 5 secondes. Puis retirez votre pouce et retenez votre souffle pendant 5 secondes. Ensuite avec le petit doigt de la main droite pressez la narine gauche, exhalez pendant 5 secondes et respirez du côté droit du nez pendant 5 secondes, retenez votre souffle pendant 5 secondes. Et recommencez l’exercice et faites le 5 fois en tout.
Il y a plusieurs types de Muraaqabah et il est sage de consulter votre Murshid qui choisira pour vous le Muraaqabah approprié. Pour le débutant, le Muraaqabah Maqaamé Ehsaan est recommandé. Dans ce type de Muraaqabah, après avoir observé les conditions précitées, le Muraaqib récitera 100 fois le Darood Shareef, (comme: "Allahoumma Swallé àlaa Sayyedena Mohammadin wa àlaa aalé Sayyedena Mohammadin Kamaa tohibbo wa tardwa bé ann to swalliya àlaïhii"), puis récitera 100 fois "Yaa Hayyo Yaa Qayyoomo", ensuite fermera les yeux et sentira qu’Allah le regarde. La durée du Muraaqabah dépend des aptitudes du Muraaqib mais il est conseillé aux débutants de ne pas excéder 15 à 30 minutes.

Avec le Muraaqabah, nous pouvons simultanément faire le Ihtisaab-e-Nafs. Durant le Muraaqabah, nous pouvons focaliser toute notre attention sur notre coeur afin de découvrir ses maladies et autres faiblesses.

Au cours du Muraaqabah, l’esprit sera envahi par toutes sortes de pensées mondaines qui portent continuellement atteinte à la concentration. Auparavant, il était recommandé de chasser immédiatement ces pensées mais, de nos jours, l’emprise matérialiste étant ce qu’elle est, il est préférable de laisser passer ces pensées mondaines jusqu’à ce qu’elles cessent d’elles-mêmes. Car si vous essayez de les stopper, c’est elles qui vous stopperont dans votre effort de réalisation spirituelle, du fait qu’elles accaparereront votre concentration.

Le Muraaqabah comporte de nombreux avantages:-

etats et stations du coeur

Le Saalik, c-à-d celui qui poursuit la voie du Tasawwuf, doit réaliser certaines stations avant d’arriver jusqu’au Wo’swool d’Allah Subhaana Ta’àla et Son maarifah. La signification littérale de Wo’swool est le fait d’arriver jusqu’à une personne ou d’atteindre un lieu ou un objet. Mais ce sens ne s’applique pas ici, car Allah n’a pas de forme et est au-delà du temps et de l’espace. Shaykh Ibné Atwa’ullah d’Alexandrie, Egypte, a dit qu’atteindre Allah veut dire atteindre Son Maarifah (la connaissance véridique d’Allah ) , car Allah est au-delà de la conception qu’Allah arrive jusqu’à quelqu’un ou que quelqu’un arrive juqu’à Allah. (22)

Imam Al- Ghazzali décrit le sens du Wo’swool comme étant le fait de regarder Allah avec les yeux du coeur dans ce monde, et avec les yeux de la tête dans le monde après. (23)

Pour les états et stations du coeur, il n’y a pas de limite. Ci-après quelques-uns d’importants.

Tauba

Tauba est le fait de retourner du blâmable au louable, au regard du Sharyah.

Tauba est le point de départ du Saalik quand il s’embarque dans la voie d’Allah Taàla. C’est la clé de tous les bonheurs et félicités. C’est une condition essentielle pour aborder la voie.

L’ordre de faire le tauba est de nombreuses fois donné dans le Livre d’Allah. Allah a fait du tauba le fondement même du succès de l’homme ici-bas et dans le monde après. Allah Taàla dit dans le Glorieux Qur’an: "… Rechercher la clémence d’Allah, vous tous ô croyants, afin que vous puissiez prospérer." (An-Noor:31)

Notre mieux-aimé Prophète s.a.w., qui était Masoom c-à-d qu’Allah a mis à l’abri du péché, avait l’habitude de faire beaucoup de tauba. Et le Prophète s.a.w. a dis: "ô les gens! Faites le tauba auprès d’Allah et recherchez de lui le Maghfirah (pardon). Chaque jour, je fais moi-même le tauba 70 fois." (24)

Imam Navawi r.a. a dit: "Le tauba est obligatoire pour chaque péché. Si le péché a trait entre l’homme et son Seigneur et n’a pas trait entre l’homme et ses semblables, dans ce cas il y a trois conditions nécessaires au tauba:

  1. Rompre immédiatement avec le péché
  2. Eprouver le remord quant à votre méfait
  3. Prendre la ferme détermination de ne jamais plus commettre ce péché
Si quelqu’un manque une de ces trois conditions, son tauba ne sera pas valable.

Et si le péché a trait entre l’homme et ses semblables ou son environnement (animaux, arbres, etc.), alors il y a quatre conditions nécessaires au tauba: les trois précitées ainsi que le devoir de retourner le droit d’autrui, ou de compenser les vitimisés,ou encore de leur demander pardon. (25)

Avec toutes ces conditions, celui qui recherche la clémence d’Allah doit rompre avec les mauvaises compagnies, car les mauvais amis vous empêcheront d’être obéissants à votre Seigneur et vous encourageront au péché. Nous avons déjà traité de ce sujet dans le livre précédent.

Mes chers frères et soeurs, un Mômeen ne doit jamais considérer la petitesse d’un péché, mais doit plutôt considérer la grandeur et la gloire d’Allah. Un vrai Sufi non seulement recherche le pardon d’Allah pour le péché mais surtout fait le tauba pour toute chose qui l’occupe (son coeur) éloigné quelque peu d’Allah. Shaykh Zun Noun Mis’ri a dit: "si le croyant ordinaire fait le tauba pour tout péché commis, le Khawaass (le sufi), lui, recherche le tauba pour ce qui aurait pu retenir son attention loin d’Allah," (26)

Muhaasabah

Le Muhaasabah, c’est l’observation, l’analyse du nafs. C’est une qualité du Mômeen qui l’empêche de persister dans le péché. C’est un moyen excellent de faire la compatibilité de ses actes, de parfaire son auto-critique. Le Muhaasabah est une qualité indispensable au Saalik et au Sufi. Celui qui surveille toujours son nafs ne sera jamais occupé par le faux. Le Muhaasabi garde le croyant occupé avec l’obéissance, la soumission.

Nabi-e-Karim s.a.w a dit: "Celui qui surveille constamment son nafs et fait bonne oeuvre pour la vie après, est un sage; est voué à l’échec celui dont le nafs suit sa passion." (27)

Shaykh Ahmad Rifaée a dit que la crainte d’Allah conduit au Muhaasabah, et le Muhaasabah mène finalement à la continuité de l’attention portée à Allah. (28) Le Muhaasabah créée en nous un sens profond de responsabilité envers Allah et envers Ses créatures, et nous donne une constante attention aux impératifs du Shariah.

Le Muhaasabah fait naître en nous la ferme conviction qu’Allah ne nous a pas créés pour rien, et que nous devons retourner à Allah. Par conséquent, le Muhaasabah nous pousse, indépendamment de notre volonté, vers le tauba. Par contre, l’absence du Muhaasabah aiguisera le penchant de l’homme pour le péché à tel point que, plus grave, il aura l’auto-satisfaction dans le péché amplifié. C’est là une situation extrêmement grave. Puisse Allah nous sauver de pareille situation!

Khauf

Hajjatul Islam, Imam Ghazzali, a dit: "Sachez que la réalité du Khauf est le sentiment de douleur et de souffrance de ce qui pourrait arriver. Cela peut être à cause du péché que l'homme a commis ou peut provenir de la frayeur d’Allah en raison de notre connaissance de Ses attributs. Car la connaissance des attributs d’Allah créée forcément cette crainte. Il s’agit parfaitement de la frayeur d’Allah. Qui connaît Allah doit Le craindre. Voilà pourquoi Allah dit dans le Qur’an Shareef que parmi les gens ce sont ceux qui ont la connaissance qui ont la frayeur d’Allah. (29)

Le Khauf est nécessaire pour la perfection de la foi. Allah Taàla dit: " Craignez Moi si vous êtes des Mômeen (Al Imraan:175). Allah Taàla fait les éloges de Ses serviteurs (Mômeen) qui Le craignent. (An-Nahl:50) et promet le Jannat à ceux qui Le craignent: Jannaté Irfan (l’état de celui qui a la connaissance d’Allah) et Jannaté Rizwaan (le paradis du monde après). Allah Tabaaraka Wa Taàla dit dans le Glorieux Qur’an: "celui qui a peur de se tenir debout devant son Maître, il y aura pour lui deux jannat. (Ar-Rahmaan:46)

La frayeur d’Allah est la porte ouverte sur le salut. Imam Al-Bokhari et Imam Muslim ont rapporté de Hazrat Abu Horeira r.a. à l’effet que Rassoolullah s.a.w. a dit: qu’à l’époque de Banou Israïl, il y avait un grand pécheur sur le point de mourir, il appela ses enfants et leur dit: "Je sais que j’ai commis trop de péchés. Si Allah m’attrape, j’aurai des punitions terribles. C’est pourquoi je vous demande de brûler mon corps après ma mort et de disperser la moitié de la cendre dans la mer et l’autre moitié dans le désert. Après sa mort, ses enfants firent comme ordonné par leur père. Mais sitôt après, il se retrouva en face d’Allah. Allah lui

demanda: "pourquoi as-tu agi de la sorte?" Il répondit: "ô Allah! Vous savez que j’ai agi ainsi parce que j’ai peur de vous." Allah lui pardonna.

L’importance du Khauf peut être jaugée dans Tirmizi quand Ibné Abbas a dit qu’un jour Hazrat Abu Bakr a dit à Rassoolullah s.a.w.: "Ya Rassoolullah s.a.w. vous avez vieilli." Le Prophète s.a.w. répondit: " Les Suras tels que Hood, Al Waaké-àh, Al Mursalaat, àmma yatasaa’aloon." M’ont vieilli. Dans ces Suras, Allah Taàla décrit les diverses horreurs du Qiyaamah. Mes chers frères et soeurs, nous devons examiner la position de notre coeur qui serait probablement dénué de la crainte d’Allah. Nous ne sommes pas prêts à rencontrer notre Seigneur. Nous ne sommes pas prêts à faire face aux terreurs du Qiyaamah. Et pourtant, nous avons peu ou prou de cainte de d’Allah! Notre bien-aimé Prophète s.a.w. était hors d’atteinte du péchés et des pécheurs innombrables entreront au paradis grâce à son Shafa’àh, et pourtant il avait la crainte intense d’Allah.

Shaykh Abu Soleman Ad-Durraani a dit: "Quand le Khauf déserte le coeur de l’homme, c’est la ruine qui envahira son coeur. (30)

Rajaa

Shaykh Ahmad Zarooq a dit que Rajaa veut dire la tranquillité du coeur en raison de la grâce d’Allah. (31)

Le sens littéral de Rajaa est le fait de fonder son espoir sur la grâce d’Allah mais, dans la terminologie çoufique, Rajaa est l’état du croyant qui, après avoir fait de son mieux, espère qu’Allah lui viendra en aide. Rajaa est différent de l’espoir platonique: le rajaa s’articule autour des exigences du Shariah. Pour cette raison, Allah Taàla dit: " Celui qui espère rencontrer son Seigneur doit faire bonne oeuvre et ne doit associer de partenaire à Allah." (Sura Kahf:110)

Rajaa a une grande importance en Islam. D’après l’Islaam, avoir de l’espoir en Allah est équivalent à l’imaan, et abandonner cet espoir équivaut au Kuf’r (mécroyance). Et l’état de Rajaa est aussi imporant que l’état de Khauf. Et les Soufis affirment que l’imaan réside entre la crainte et l’espoir. Et lorsqu’un croyant atteint les deux états (Khauf et Rajaa), il goûtera la saveur de l’imaan. Celui qui veut prendre la voie des Soufis doit espérer qu’il ira au paradis même s’il apprend qu’Allah n’enverrait qu’une seule personne au paradis d’une part et, d’autre part, il doit craindre que c’est lui qui aille en enfer si jamais il apprenait qu’Allah n’enverrait qu’une seule personne en enfer.

Allah Taàla nous exhorte à observer le Rajaa et nous interdit d’être désespéré. Il fait les éloges de Ses serviteurs espérant en lui. Allah dit dans le Qur’an Shareef: " Dis: ‘ô mes serviteurs qui ont transgressé à l’encontre de leurs âmes! Ne désesperez pas de la grâce d’Allah; car Allah pardonne tous les péchés car Il est grand pardonneur et miséricordieux.’" (S:Az zumar:53). Allah Taàla dit aussi dans le glorieux Qur’an: " Ma grâce s’étend à toutes choses" (Al Aàraaf:156). Allah Tabaaraaka Wa Taàla dit encore: " Ceux qui ont cru et ceux qui ont souffert de l’exil et qui ont combattu (fait des efforts et lutté) dans le chemin d’Allah, ils ont l’espoir de la grâce d’Allah: et Allah est grand pardonneur et très miséricordieux" (Al- Baqarah:218).

À part ces citations qur’aniques, il y a plusieurs ahadith faisant ressortir l’importance du Rajaa. Abu Horeira r.a. a rapporté que Rassoolullah s.a.w. a dit: "Par Celui qui tient ma vie dans Sa main, si vous ne commettez pas de péchés, Allah vous écartera et apportera des êtres qui commettront des péchés et Lui demanderont pardon et qu’Il pardonnera".(32)

Mais, nous devons faire attention: le réél Rajaa c’est tout d’abord faire de notre mieux dans l’ibadaate et ensuite entretenir fermement l’espoir qu’Allah nous aidera. Le résultat ne dépend pas de notre effort mais totalememt des faveurs d’Allah. Aussi, il est de notre devoir de faire tout notre possible, de faire le maximum d’efforts, et ensuite avoir de l’espoir qu’Allah nous comblera. Un jour Hazrat Umar r.a. vit des gens assis dans le masjid et leur demanda ce qu’ils y faisaient car c’était l’heure du labeur. Ils répondirent qu’ils avaient de l’espoir en Allah qu’Il leur donnerait ce dont ils avaient besoin. Hazrat Umar leur dit d’aller d’abord faire leurs efforts, ensuite ils auraient droit à l’espoir qu’Allah subviendrait à leurs besoins. Car "il ne pleut pas de l’or et de l’argent du ciel", dit Hazrat Umar r.a.. Dans notre société, il y a des gens qui ne font pas d’effort et qui garde l’espoir en Allah d’une part et, d’autre part, il y a un autre groupe de gens qui font des efforts et qui croient que c’est leur action qui est la clé du succès: les deux ont tort, sont dans l’égarement. L’action sans rajaa est aussi mauvaise que le rajaa sans action.

Finalement la question est: "qu’est-ce qui est plus important? Le rajaa ou le Khauf? Lequel des deux doit avec préséance sur l’autre? La réponse varie, relativement aux états individuels des croyants. Par exemple, si un jeune est enclin aux péchés à répétition, il doit, pour son salut, accorder préséance au Khauf. Par contre, un viel homme plutôt éloigné du péché doit accorder préséance au Rajaa. Le croyant doit établir l’équilibre entre le Khauf et le Rajaa.

SWIDQUE

Qazi Zakarya Ansari a dit, expliquant le Swidque, que c’est le fait d’agir selon l’évidence. Le Swidque a trait à trois choses: la langue, le coeur et l’action. Le Swidque (propre) de la langue est de décrire une chose telle qu’elle est. Le propre du coeur est d’avoir une ferme détermination. Le propre de l’action est d’agir selon ses convictions avec dynamisme et affection.(33)

Imam Al Ghazzali a dit que le Swidque a six significations:-

  1. Le Swidque des paroles.
  2. Le Swidque des intentions.
  3. Le Swidque de la détermination.
  4. Le Swidque de la persévérance dans la détermination.
  5. Le Swidque de l’action; et
  6. Le Swidque des états spirituels comme tauba, khauf, rajaa… .(34)
Celui qui aura réalisé les 6 Swidque sus-mentionnés devient Swidique ayant un rang immédiat après celui de prophète. Dans le Qur’an, voir le Sura. Généralement, la signification de Swidque est le fait de dire vrai, mais selon les Sufia-e-Keram, cette définition n’est qu’une partie du sens de Swidque. Allama Ibné Shareef a dit: "Les Soufis ont employé le mot Swidque dans un sens plus large; d’après eux c’est la similarité entre l’apparent et l’intérieur de l’homme, tant et si bien que l’état apparent ne contredise pas l’état intérieur et que son action n’est pas contraire à ses paroles." (35)

Le Swidque a une grande inportance dans l’Islam. Allah Taàla dit dans le Glorieux Qur’an: "ô les croyants! Craignez Allah et demeurez avec les Swadeqeen" (Sura Tauba: 119)

Hazrat Maàroof Karkhi r.a a dit qu’il y a beaucoup de gens qui font les bonnes actions mais il n’y a que très peu d’entre eux qui sont Swaadeqeen.(36)

Rassoolullah s.a.w a énuméré les mensonges des hypocrites. Il a dit: " Le Munaafiq a trois signes: quand il parle, il ment; quand il promet, il ne tient pas sa parole; et quand on lui confie quelquechose, il trahit." (37)

Ikhlaas

Ikhlaas est la sincérité dans la foi et dans l’action ,par opposition au riyaa (l’ostentation ).Imam Abul Qaasim Qushairi r.a a dit, définissant Ikhlaas, "Faites intentionllement votre ibaadate pour Allah seul et ne recherchez autre chose dans votre ibaadate que la proximité d’Allah-autre chose comme les éloges des gens, etc."(38)

Hazrat Fuzail bin Aayaz r.a a dit que quitter des actions en raison des gens est riyaa et faire des actions en raison des gens est shirk et qu’Ikhlaas est qu’Allah vous garde éloigné de ces deux attitudes.(39)Hazrat Junaid Baghdadi a dit cette belle parole: Ikhlaas est un secret entre Allah Taàla et Son serviteur qu’aucun ange ne peut découvrir pour l’écrire et que shaitan ne peut découvrir en vue de le gâcher .Ainsi, ce que shaïtan ignore , il ne peut y porter préjudice.(40).

Nous pouvons bien comprendre l’ importance de l’Ikhlaas dans ce verset qur’anique par lequel Allah intime l’ordre à son Prophète mieux-aimé s.a.w. en vue de la pratique de l’ibaadate avec la parfaite sincérité. Allah Taàla dit : "Dis :en vérité je suis ordonné de servir Allah avec une dévotion sincére"(AZ Zumar : 11). Allah dit encore : "Dis :C’est Allah que je sers avec ma sincère (et exclusive)dévotion."(Az Zumar : 14)

Hazrat Abu Horeira r.a a rapporté que le Prophète s.a.w a dit : "Sans aucun doute, Allah ne regarde pas vos corps, ni vos postures mais vos coeurs."(41).

Hazrat Shaddaad Bin Aouss r.a. a dit qu’il a entendu de Rassoolullah s.a.w. : "celui qui observe le saum pour la considération des gens a commis le riyaa et celui qui fait le swalaate pour la considération des gens a commis le shirk et celui qui donne le swadaqah pour la considération des gens a commis le shirk". (42)

Ikhlaas est la contrainte la plus lourde sur le nafs. Voilà pourquoi Hazrat Imam Mak’hool r.a. a dit : "si quelqu’un pratique la sincérité dans son ibaadate durant 40 jours, Allah fera naître une fontaine de sagesse dans son coeur." (43)

Nous pouvons saisir le sens du mot Ikhlaas dans les paroles de Hazrat Rabyah Bisrya àdwiyah : "ô mon Seigneur! Je ne vous adore pas par peur du Jahannam; je ne Vous adore pas par intérêt pour le Jannat mais je ne Vous adore que pour Vous-Même."

Les Sufia-e-Karam ont dit que l’action peut être comparée au corps et la sincérité peut être comparée à l’âme; l’action sans sincérité est pareille à un corps sans âme.

Il y a de nombreux obstacles dans la voie de l’accomplissement de la sincérité et le Saalik doit en être averti :

Il convient de comprendre que le fait de demander quelquechose relative au duniya ou à l’akhirat est non seulement permis mais est en soi une sorte d’ibaadate. Allah nous ordonne : "Vous tous demandez Moi et Je vous exaucerai". Dans le hadith shareef, le doah est considéré comme le noyau de l’ibaadate. Mais il y a une différence entre demander à Allah et rechercher une récompense en retour de son action.

Atteindre cet état de tasawwuf, ce haut niveau du coeur, est plutôt dur; aussi il est fortement recommandé de rechercher la guidée d’un Murshid.

Swab’r

Imam Raaghib a dit que le swab’r veut dire l’assujettissement du nafs à l’action requise dans le cadre du shariah et la raison, mais aussi le fait de retenir son nafs contre ce que le shariah et la raison interdisent. (45)

Syed Shareef Jurjaani définit le swab’r dans son livre "At-Taàreefaat" comme l’abstention de toutes complaintes de ses problèmes aux gens, excepté de s’en plaindre à Allah seulement. (46)

Les ouléma ont classifié le swab’r en plusieurs catégories. (47) Mais toutes ces catégories se résument à trois :

  1. Le Swab’r de l’obéissance. Pratiquer le swab’r avec fermeté en toutes sortes d’ibaadate qu’il s’agisse d’exigences financières telles le Zakat, qu’il s’agisse d’exigences physiques, telles le Salaat ou le Haj, qu’il s’agisse d’ordre du coeur comme le Khauff, le Rajaa, etc. Faisant toutes sortes d’ibaadate, le croyant doit faire preuve de swab’r pour promouvoir le bien et empêcher le blâmable. Dans les deux types de Jihad ( le Jihad contre votre nafs et le jihad contre les ennemis d’Allah), le croyant doit pratiquer encore plus le swab’r. Dans toutes ces obéissances requises, le Mômeen doit faire face à toutes sortes de problèmes comme l’humiliation et la torture et il doit faire le swab’r avec détermination. C’est cela le swab’r de l’obéissance. Hazrat Luqman a dit dans son testament à son fils : "ô mon fils, établis la prière régulière, ordonne ce qui est juste et interdis ce qui est mal; et fais preuve de patience constante face à ce qui t’arrive; car cela est la fermeté dans la conduite des affaires" (Luqman : 17)


    Nous pouvons nous rendre compte de l’importance du swab’r lorsque Allah fait le serment que le succès sera atteint par ceux-là qui auront acquis quatre qualités : Imaan, bonne oeuvre, de bons conseils à l’oummah, et swab’r. (Al As’r)

    2. Le Swab’r de la désobéissance. C’est le combat contre le nafs afin de le purifier contre toutes sortes de péchés. Les tentations et les séductions de ce monde égarent l’homme et le conduisent au péché et l’effort qu’il fait constamment pour retenir son nafs contre le péché s’appelle swab’r de la désobéissance. Allah Taàla dit dans le Qur’an Shareef : "Et ceux qui font le Mujaahada (combat contre le nafs) dans notre cause, certainement nous les guiderons vers nos chemins" (Al Ankaboot : 69) (48)

    3. Le Swab’r sur la calamité et le malheur. Nous savons tous que ce monde est le lieu de l’épreuve. Allah teste la foi de ses serviteurs avec différentes sortes de malheur afin de distinguer les croyants obéissants des hypocrites. Allah Taàla dit dans le Saint Qur’an : "Soyez certains que nous vous testerons avec quelquechose de la peur et de la famine, quelque perte dans vos biens ou vos vies ou les fruits (de votre labeur); mais annoncez la bonne nouvelle à ceux qui patientent avec persévérence – qui disent, lorsque frappés par la calamité : A Allah nous appartenons, et à Lui nous retournons" (Al Baqarah : 155-6)

    Sans aucun doute, le vrai Mômeen fait face à toutes sortes de calamités et de malheur avec patience continue dans l’agrément d’Allah, parce qu’il sait que sa patience continue effacera ses péchés et le conduira à la suprême récompense d’Allah. Notre Prophète bien-aimé s.a.w. a dit que si une épine pénètre le corps d’un homme, Allah réduira ses péchés. (49)

    En raison de l’importance et de l’état élevé du swab’r, le Qur’an Shareef en fait mention par 70 fois environ. Allah nous ordonne dans certains versets de recourir au swab’r en vue de l’aide d’Allah (Al Baqarah : 153). Dans d’autres versets, Allah fait les éloges de ceux qui pratiquent le swab’r (Al Baqarah : 176). Dans d’autres aayat encore, Allah exprime Son appréciation des Swabereen (Al Imraan : 145). Dans nombre de versets, Allah proclame la compagnie des swabereen avec Lui (Al Baqarah : 153).

    La vie de Rassoolullah s.a.w. est en soi un exemple vivant de swab’r continue avec détermination. Car qui mieux que lui était conscient du mérite du swab’r? Sa vie même a été l’illustration de swab’r dans la persévérence, de durs sacrifices et de jihad. Le Prophète s.a.w. a dit que rien d’autre que le swab’r offre meilleur cadeau (50). Dans un autre hadith, Nabi-e-Karim s.a.w. dit : "Le Musulman qui fréquente des gens et qui endure de la peine avec swab’r est meilleur que le Musulman qui vit dans la solitude et qui ne fait pas de swab’r à cause des autres." (51)

    Nos grands Imam et Auliya Allah ont offert l’exemple d’une vie remplie de swab’r. Un jour, Imam Malik r.a., pendant qu’il enseignait le Hadith Shareef, fut piqué à 17 reprises : son visage devint jaune de douleur mais il poursuivit son enseignement en raison de son respect pour le Prophète Mohammad s.a.w.. (52) Et dire que de nos jours, le Musulman est incapable de faire le swab’r quand il apprend qu’une autre personne a médit de lui!

    Un jour, Zun Nun Misri visita son ami malade. Il dit à ce dernier : "Pourquoi es-tu à gémir de douleur? Son amour d’Allah n’est pas authentique celui qui ne sait faire le swab’r quand son Seigneur le met à l’épreuve!" L’autre de répondre : "celui qui n’est pas véridique dans son amour d’Allah ne sait pas savourer l’épreuve à laquelle son Seigneur le met!" (53) Cette conversation entre les deux amis de grande piété nous indique que le gémissement apparent n’était en vérité que la reconnaissance du dévot savourant sa souffrance avec swab’r en raison de l’épreuve qu’Allah lui a donnée.

    Waraà

    Waraà est le fait de s’abstenir de quelquechose au cas où l’on doute de sa licité afin d’éviter que cette chose puisse nous impliquer dans le haram (54).

    Hazrat Mohammad Bin Allaan Siddiqui a dit que le waraà, comme défini par les ouléma, est "l’abandon du licite en certaines circonstances comme précaution contre l’illicite" (55).

    Hazrat Ibné Ujaibah r.a. a défini le waraà comme suit : "Chassez votre nafs loin de la possibilité de commettre quelquechose dont la conséquence pourrait être détestée" (56).

    Mes frères et soeurs, s’abstenir du haram mène au rang de Mômeen, mais s’abstenir de choses douteuses conduit au rang de Mômeen-e-Kaamil (Wali).

    Nous pouvons comprendre le sens du mot Waraà dans le Hadith rapporté par Hazrat Anas r.a. : "Un jour, Rassoolullah s.a.w. trouva une datte sur le chemin et dit : "Si j’étais certain que cette datte ne provient d’un Swadqah, je le mangerais." (57)

    Hazrat Abu Horeira r.a. a rapporté qu’un jour Imam Hassen r.a., encore enfant, prit une datte provenant d’un swadqah et le mit dans sa bouche. Rassoolullah s.a.w. lui dit : "Que non! Jetez la! Vous ne saviez pas que nous (Ahle Bait) ne consommons pas le swadqah? Et que le swadqah n’est pas licite pour nous!" (58)

    Hazrat Abu Bakar Siddique r.a. aimait raconter que "nous évitons 70 portes de halal lorsque nous doutons que l’une d’elles soit halal ou pas". (59)

    Lorsque Hazrat Umar r.a. était Khalifatul Muslimeen, son fils Abdullah acheta un nombre de chameaux et les laissa brouter l’herbe sur un terrain de l’état. Après que les chameaux se furent engraissés, il les conduisit au marché pour les vendre. Soudain Hazrat Umar y parut comme il avait l’habitude de faire des inspections à l’improviste. ‘A qui ces chameaux?’, demanda-t-il. Il lui fut répondu qu’ils appartenaient à son fils Abdullah. Il appela son fils et s’enquit de ces chameaux bien portants. Son fils lui expliqua tout. Alors Hazrat Umar r.a. lui dit que le fils de Amir-e-Mômeen n’avait pas droit aux terres de l’état comme en avaient normalement droit les Musulmans et qu’il devrait, par conséquent, après la vente des chameaux, verser au Bait-ul-Maal le montant total du profit réalisé. (60)

    Imam Mannaavi a raconté qu’une fois Hazrat Abdullah Abdullah Ibné Mubaarak avait voyagé de Khorassaan (près d’Azerbaizan, au nord-est de l’Iraan) jusqu’en Syrie rien que pour retourner à quelqu’un la plume qu’il avait empruntée à celui-ci. (61)

    Il est clair que l’état de Waraà est très important pour accéder à la proximité d’Allah. Il y a trois stages de Waraà : Le premier c’est l’abstention de choses douteuses, le deuxième est l’abstention de ce qui trouble le coeur, et, enfin le troisième est l’abstention de tout, excepté Allah.

    Zuh’d

    Imam Sayyeddi Janayd Bagdadi a défini le Zuh’d en ces termes : "Le Zuh’d, c’est tant le sentiment absolu que le monde et les affaires mondaines sont petits que l’omission de leurs effets sur le coeur." (62)

    Zuh’d, c’est vider son coeur de tout attachement au monde et aux affaires mondaines, mais aussi remplir son coeur du maarifat d’Allah. Zuh’d n’est pas le but d’un Mômeen, mais un moyen pour lui d’être proche d’Allah Taàla.

    Il y a des gens qui croient que le Zuh’d est contraire à l’Islam, que c’est un bid’at introduit dans l’Islam, ou que c’est une pratique empruntée aux chrétiens et aux hindous. Mais cette allégation est à l’opposé de l’affirmation du Glorieux Qur’an. Dans plusieurs aayat-e-karima, Allah nous enseigne que le monde est éphémère. Quelqu’un alla voir le Prophète s.a.w. et lui demanda de lui enseigner une action par laquelle il aurait le plaisir d’Allah et l’estime des gens. Rassoolullah s.a.w. lui dit : "Pratique le zuh’d du duniya en t’abstenant des désirs mondains : Allah t’aimera; et fais le zuh’d de ce qui est entre les mains des gens : ils t’aimeront." (63)

    Allah Taàla dit dans le Glorieux Qur’an : "Qu’est-ce la vie de ce monde sinon jeu et distraction? Mais, en vérité, la Demeure dans le monde après – c’est cela la vie vraiment, si seulement ils savaient" (Al Ankaboot : 64)

    Cela ne signifie pas qu’il faut éviter les moyens de l’abondance mais on doit garder le coeur libre de tout attachement aux affaires mondaines. Zuh’d est un état du coeur, et c’est pourquoi il faut savoir garder le coeur libre de préoccupations terrestres quand les autres membres du corps sont impliqués dans les occupations quotidiennes. C’est pourquoi Shaykh Abdul Qadir Jilani r.a. dit, dans son livre ‘Al Fath Ar Rahmaani’ : "Ote le monde de ton coeur et garde-le entre tes mains : il ne te nuira pas". Ici, nous pouvons aisément comprendre la différence entre le zuh’d et le fait d’être cloîtré dans un monastère.

    Razaa

    Dans son sens littéral, Razaa veut dire accepter, être plu. Syed Jurjaani a dit que Rajaa et l’acceptation du coeur face au destin. (64)

    Razaa est un état très élevé du coeur : si quelqu’un atteint cet état, le bonheur comme le malheur lui sera égal. Il demeurera en toutes circonstances satisfait d’Allah, quels que soient les problèmes auxquels il est confronté.

    Être satisfait de Son seigneur ne veut pas dire ne pas sentir la douleur physique, mais l’on ne doit pas s’en plaindre mais au contraire apprécier l’épreuve d’Allah; l’on ne doit pas objecter au destin.

    Nous aimerions tous qu’Allah soit satisfait de nous, mais peu d’entre nous savent ce que nous devons faire pour qu’Il soit satisfait de nous. A l’époque de Bari Israïl, un groupe de gens s’en enquirent auprès de leur prophète. Immédiatement, Allah envoya Hazrat Jibra’il a.s. pour annoncer au prophète que Allah a entendu leur question et que la réponse est qu’ils doivent être satisfaits de leur Seigneur pour que leur Seigneur soit satisfait d’eux.

    Il y a Hadith Shareef dans lequel Rassoolullah s.a.w. a donné au razaa un sens identique c’est à dire que celui qui veut connaître ce qu’Allah a pour lui, il doit voir ce qu’il a pour Allah.

    Razaa est certainement un état fort élevé. Imam Al Ghazzali a rapporté dans son livre Ihyaa-e-uloomuddeen, que lorsque les croyants entreront au paradis, Allah leur demandera ce qu’ils désireraient encore; les Jannatis répondront : " Ô Allah! Nous désirons votre Rajaa. Ce qui signifie que le Rajaa (la satisfaction d'Allah) est supérieur au paradis même.

    Hazraat Sufian Thauri était en compagnie de Hazrat Rabyah Bisryah. Il dit : "Ô Allah ! sois satisfait de moi!" Rabyah lui dit : "N’avez- vous pas honte de demander la satisfaction d’Allah quand vous n’êtes pas satisfait de lui?" (65).

    Qui veut marcher sur le chemin de Tariquah doit développer l’attribut du Razaa. Tant que son coeur n’atteindra pas cette qualité du coeur, il ne sera pas proche d’Allah.

    Il n’est pas interdit d’éprouver le sentiment de douleur face aux malheurs et aux calamités, car c’est un phénomène naturel, mais l’on doit toujours demeurer satisfait d’Allah et content de son destin. Tel le patient qui ressent la douleur d’une injection mais est satisfait de son médecin.

    Parfois, nous sommes mécontents de notre destin parce que nous ne savons pas le secret d’Allah. Parfois nous aimons qulquechose qui, en vérité, nous est nuisible et détestons quelquechose qui, en vérité, nous est profitable. C’est notre ignorance qui nous pousse souvent à être insatisfaits d’Allah et de Son oeuvre. C’est cette ignorance de la réalité cachée qui étonna Moussa a.s et le poussa à objecter chaque fois à l’action de Khidr (voir Sura Kahf).

    Tawakkul

    Imam Syed Jurjaani a dit que le Tawakkul, c’est la confiance totale en Allah et le fait de ne rien espérer des gens. Mais il importe de noter que le Tawakkul ne doit pas être en contradiction avec son action en recourant aux moyens mondains. (66)

    Pour comprendre le sens réel du Tawakkul, nous pouvons nous rapporter au hadith dans lequel mention est faite de quelqu’un à dos de chameau rendant visite à Nabi-e-Karim s.a.w. et qui demanda au Prophète s’il devait quitter son chameau pour pratiquer le tawakkul. Le Prophète s.a.w. lui répondit : "Attachez votre chameau, puis faites le tawakkul". (67)

    Imam Qushairi r.a. a dit que le lieu du tawakkul est bien le coeur et, donc, le tawakkul n’a point de contradiction avec les mouvements des autres parties du corps. (68)

    Il y a des gens qui croient, à tort, que le tawakkul signifie le renoncement au travail, aux salaires, au traitement médical et la passivité en cas de danger, la noyade par exemple. Nous savons tous que toutes ces attitudes sont interdites par le shariah et ne peuvent être considérées comme tawakkul. Allah déteste ces attitudes, mais aime les gens qui font vraiment le tawakkul. Le Qur’an dit : "Certainement, Allah aime les Mutawakkileen" (Al Imran : 159)

    Tawakkul est un état des plus élevés du coeur. Et Allah fait, dans plusieurs versets Qur’aniques, les éloges de ceux qui pratiquent le tawakkul. C’est un des résultats de la foi profonde. Le tawakkul nous procure le bien être et la satisfaction, quelles que soient les vicissitudes de la vie.

    Shuk’r

    Shuk’r signifie, généralement, remerciements à quelqu’un pour services rendus ou pour un présent. Mais le véritable shuk’r est l’amour du Dispensateur des faveurs dans le coeur, l’obéissance à Allah dans ses actions, et le fait d’exprimer verbalement les louanges d’Allah et de Ses attributs. Les faveurs d’Allah sont illimitées mais nous pouvons les classifier en trois catégories (69) :

  1. Les faveurs ayant trait au duniya, comme la sante, l'abondance, la paix, etc.
  2. Les faveurs ayant trait au deen, telles que Imaan, connaissance, piété etc.
  3. Les faveurs ayant trait à l’akhirat, comme de grands thawaab pour de petites actions, le jannat, etc.
Nous devons exprimer notre reconnaissance à Allah Taàla pour toutes les faveurs qu’Il nous a accordées, plus particulièrement pour la plus grande faveur dont il nous a comblé en ce monde, soit Imaan et Islaam.

Notre Prophète bien-aimé, Hazrat Mohammad Mustapha s.a.w., nous a laissé en héritage l’exemple parfait du Shuk’r. Imam Tirmizi raconte dans son livre que le Prophète s.a.w. a dit que son Maître lui présenta la possibilité de tout le "bathaa" de Macca en or et le Prophète dit : "Non, ô mon Seigneur! Je voudrais tout simplement manger à ma faim un jour et rester sans rien manger le lendemain. Quand je reste sans rien manger, je vous implorerai et quand je mangerai, je vous louerai". (70)

Hazrat Ayesha r.a. a rapporté que Rassoolullah s.a.w. faisait le salaat longuement durant la nuit au point que ses pieds s’enflaient. Une fois, je lui demandai : "Pourquoi priez-vous si longuement pendant la nuit quand Allah vous a donné la bonne nouvelle de Sa Clémence?" Nabi-e-Karim s.a.w. répondit : "Est-ce que je ne devrais pas être un banda reconnaissant?" (71)

Shuk’r est l’état le plus élevé du coeur, parce qu’il implique toutes les parties du corps de l’homme et renferme plusieurs états du coeur tels que le Swab’r, le Razaa, etc. mais aussi inclue plusieurs ibaadates du corps et du coeur. Aussi, Allah nous ordonne d’être reconnaissant et nous interdit l’ingratitude qui est Kuf’r.

Dans le Glorieux Qur’an, Allah Tabaarak Wa Taàla dit : "Soyez reconnaissants à Moi et ne rejette pas la foi!" (Al Baqarah : 152)


A notre lectorat

Mes chers lecteurs et lectrices,

Par la grâce d’Allah, l’occasion nous a été donnée de vous présenter la deuxième partie de mon livre sur le Tasawwuf.

Brièvement et en termes clairs, ce livre vous offre cette fois-ci des conseils pratiques pour vous exercer au perfectionnement de votre foi en vue d’accéder à l’Ihsaan, l’âme même de l’Islaam.

Tous les conseils prodigués ici, nous les avons puisés de la vie et de l’oeuvre des croyants de grande piété à travers l’histoire de l’Islam – conseils qui sont conformes aux injonctions du Qur’an Shareef et des recommandations des ahadith.

Insha Allah, dans la troisième partie, nous vous parlerons des fruits du Tasawwuf, qui découlent naturellement de la sincérité à parcourir la voie de la vérité. Ces fruits sont comme suit :

  1. L’amour d’Allah
  2. Kashf (dévoilement du caché)
  3. Ilhaam (inspiration)
  4. Karaamat (miracle)
Puisse ce livre rencontrer l’agrément d’Allah et bénéficier à Ses serviteurs.
 
"Ô notre Seigneur! Ne nous condamne pas si nous oublions ou nous tombons dans l’erreur" Wa Swallallaaho Taàla àla Sayyedena Mohammadinn Wa’àla aaléhee Wa Swahbihi Wa Swallam"

L’auteur. 
Références et notes  
  1. Rapporté par Ibné Maajah "Kitaabul Adab" et aussi Ibné Habbaan dans son ‘Swaheeh’ et Imam Ahmad dans son ‘Musnad’ et Imam Hakeem dans son ‘Mustadrak’ comme mentionné dans ‘Faizul Qadeer’ de Imam Mannawee, Presse Mehmanyah, Egypte 1309 H., vol:1, p 309.
  2. Rapporté par Kitaabud Daawaat, et Imam Tirmizi a dit à propos de ce hadith que c’est un hadith Hasan.
  3. Vide Sahih Imam Bokhari dans Kitaabud Daawaat.
  4. Vide Sahih Tirmizi, Kitaabud Daawaat. Imam Tirmizi a dit que c’est un hadith Hasan.
  5. Vide Al Jaamé As Swaheeh de Imam Al Bokhari, Kitaabud Daawaat.
  6. Rapporté par Imam Tabraani avec Isnaadé Hasan. Voir Attargheeb Wat Targheeb de Al Munzari, Presse Mustapha Baabi Halbi, Caire, 1342 H., V:2, p. 406.
  7. Vide Swaheeh Al Bokhari, Kitaabut Towheed, et Swaheeh Muslim, Kitaabul Zik’r, et Swaheeh At Tirmizi; ce hadith est aussi mentionné dans Sonané Ibné Maajah et An Nasaï.
  8. Vide Saheeh At Tirmizi, Kitaabo Fazaïl-e-Qur’an. Imam Tirmizi a dit que c’est un Hadith Hasan. Ce hadith est aussi mentionné dans Sonané Ad Darrmie et Al Baïhaqi.
  9. Vide Al Haawee dans Fataawa de Imam Jalaaluddeen As Sayuti, Presse Mehmanya, Egypte, 1352 H., Vol: 1, p 391.
  10. Vide Swaheeh Al Bokhari. Imam Ibné Haajar Al Asqalaani a dit que le sens du hadith… "nous savions que le Salaat était terminé quand nous entendions le Zik’r à voix élevée." Voir Fath Al Baari, explication de Swaheeh Al Bokhari, Presse Al Bahiyah, Egypte, 1348 H., Vol: 2, p 259.
  11. Vide Al Haawee de Imam Jalaaluddeen Suyuti, Vol: 1, p 394.
  12. Vide Roohul Maàni (le Tafsir du Quran-e-Kareem en 30 volumes) par Shaykh Mehmood Aaloosi qui expira en Iraq en 1270 H. Presse Al Munirya, Vol: 16, p 147-148.
  13. Vide Swaheeh Muslim, Kitaabuz Zik’r et Swaheeh At Tirmizi, Kitaabud Daàwaat.
  14. Vide référence précédente.
  15. Vide Haashiah At Tahaawee sur Maraaqi Al Falaah, Presse Bulaaq, Egypte, 1290 H., p 208.
  16. Vide Sahih Al Bokhari, Kitaab Abwaabo Swalaatil Jum’aà et Muslim, Kitabaabaz Zakaat.
  17. Vide ‘îqaazul Himam’ par Ibné Hujaibah, Presse Jamalyah, Egypte, 1331 H., Vol: 1, p 79.
  18. Vide Swaheeh Al Bokhari, Kitaabul Adab et Sahih Muslim, Kitaabuz Zohd.
  19. Vide Al Azkaar de Imam An Nawawi, Presse Mustapha Baabi, Egypte, 1375 H., p 327.
  20. Vide Swaheeh Muslim, Kitaabul Imaan.
  21. Vide Qawaaed At Tasawwuf par Shaykh Ahmad Al Faasi, imprimé en Egypte en 1318 H., p 39. Shaykh Ahmad était un grand Soufi et Wali-Allah, né au Maroc et expira à Tripoli, Libye en 899 H.
  22. Vide ‘îqaazul Himam’, Vol:2, p 295.
  23. Vide Swaheeh Muslim, Kitaabut Tawbah, rapporté par Abu Sàeed Al Khudri.
  24. Swaheeh Al Bokhari, Kitaabur Riqaaq, rapporté par Hazrat Anas r.a.
  25. Ar Risaalah Al Qushaïriyah par Imam Abdul Qaaseem Al Qushaïri, Presse Mustapha Baabi Halbi, Egypte, 1330 H., chapitre Tawbah, p 47.
  26. Vide Swaheeh Tirmizi, Kitaab Swifatul Qiyaamah, rapporté par Shaddad Ibné Awss. La traduction du hadith n’est pas littérale.
  27. Vide Al Burhaan Al Mu’ayyad par Ahmed Ar Rafaï, Presse Ilmiyah, Aleppo, Syrie, 1351 H, p 56.
  28. Al Arbaeen fee Usooliddeen par Imam Al Ghazzali, Presse Al Istèqaamah, Egypte, 1344 H., p. 196.
  29. Vide Ar Risaalah Al Qushaïriyah, p 60.
  30. Qawaaédut Tasawwuf, par Shaykh Ahmad Zarooq, p 74.
  31. Vide Swaheeh Muslim, Kitaabut Tawbah.
  32. Vide Ar Risaalah Al Qushaïriyah, p 97.
  33. Vide Ihyaa Uloomiddeen par Imam Al Ghazzali, Vol 4, p 334.
  34. Vide explications de Riyaadus/Swaleheen par Ibné Allaan Siddiqui, Vol 1, p 282.
  35. Vide Tabaaqatus Sufya par Silmi, Presse Darrul Kitaab Al Arabi, Egypte, 1372 H., p 87.
  36. Rapporté par Imam Al Bokhari dans son Al Jamèa As Swaheeh, Kitaabul Imaan; Imam Muslim, Kitaabul Imaan rapporté par Abu Horeira r.a.
Imam An-Manaawee a dit que le nifaaq (hypocrisie) est de deux genres: l’une est Sharaï c-à-d dissimuler kuf’r mais montrer Imaan et, d’autre part, Urfee c-à-d quand l’action est contraire à l’intention. Voir Faizul Qaadir, explications de Jaméa As Swagheer, Presse Mustapha Mohammad, Caire,1356 H., Vol 1, p 63.
38.Vide Ar Risaalah Al Qushaïriyah, p 95.

39.Même référence, p 96.

  1. Même référence, même page.
  2. Vide Swaheeh Muslim, Kitaabul Birré Was Swélah, rapporté par Abu Horeira r.a.
  3. Rapporté par Imam Al Baehaquee, At Targheeb Wat Tarheeb par Imam Al Munzali, Vol 2, p 31.
  4. Vide Ar Risaalah Al Qushaïriyah, p 96.
  5. Vide Al Bokhari, dans son Al Jamé. As Swaheeh, Kitaabul Mardwa et Swaheeh Muslim, Kitaabul Swifaat Al Munaaféqeen.
  6. Vide explications de Riyaadus Swaléheen par Ibné Allann, Vol 1, p 194.
  7. Même référence.
  8. Voir détail dans Ihyaa Ullumiddeen par Al Ghazzali et Qutool Quloob par Abu Twalib Al Makki et Madaaré Jussaalékeen par Ibné Qayyim, Presse Ad Manaar, Caire, 1332 H.
  9. Ce verset fut révélé à Macca Mokarrama quand le jihad n’était pas rendu obligatoire. La raison en est que les ouléma l’expliquent par le jihad-e-nafs.
  10. Vide Swaheeh Al Bokhari, Kitaabul Mard’w et Swaheeh Muslim, Kitaabul Birré, rapporté par Abu Saïd et Abu Horeira r.a.
  11. Vide Swaheeh Al Bokhari et Swaheeh Muslim et An Nasaï et Abu Daoud dans Kitaabuz Zakaat et At Tirmizi, Kitaabul Birré Was Swilah.
  12. Vide Swaheeh At Tirmizi, Kitaab Swifatul Qiyaamah.
  13. Vide explications de Imam Zarqaani sur Moatta Imam Malik, Presse Mustapha Mohammad, Cairo, 1355 H., Vol 1, p3.
  14. Vide Kitaabul Lam’à’ par Imam At Tûsi, Presse Darul Kutoob Al Haditha, Egypte, 1380 H., p 77.
  15. At Taàrifaat par Syed Shareef Al Jurjaani, Presse Al Wahbyah, Egypte, 1283 H., p 170.
  16. Vide Dalilul Faaléheen, explications de Riyaadus Swaléheen par Ibné Allanna As Siddiqui, Presse Hijazi, Caire, Vol 5, p 26.
  17. Vide Mîraajut Tasawwuf Ila Haquaïq At Tasawwuf par Imam Ibné Ujaebah, Presse Al értédaal, Egypte, 1355 H., p 7.
  18. Vide Al Jaméa As Swaheeh par Imam Al Bokhari, Kitaabuz Zakaat, et Al Jamé As Swaheeh par Muslim, Kitaabuz Zakaat.
  19. Même référence.
  20. Vide Ar Risaalah Al Qushaïriyah, p 53.
  21. Vide Arriyaadur Nadwérah Fee Manaaqeeb Al Ashrah par Al Muhibb At Twabari, Presse Dar-ut-Taaleef, Caire, 1372 H., Vol 2, p 47.
  22. Vide Faizul Qadir, Vol 5, p 52.
  23. Vide Ar Risaalah Al Qushaïriyah, p 56.
  24. Vide Sonann Ibné Maajah, Kitaabuz Zuh’d, rapporté par Sahl bin Saad As Sa’àdi r.a.
  25. Vide Mîrajut Tashawwuf par Ibné Ujaeba, p 7-8.
  26. Ihyaa Ulummiddeen par Imam Al Ghazzali, Vol 4, p 336.
  27. Vide At Taàrifaat par Syed Jurjaani, p 48.
  28. Vide Swaheeh At Tirmizi, Kitaab Sifatul Qiyaamah.
  29. Vide Ar Rissalah Al Qushaïriyah, p 76.
  30. Vide Madaaréjous Salékeen par Ibné Qayyim, Vol 2, p 136.
  31. Vide Swaheeh At Tirmizi, Kitaabuz Zuh’d, rapporté par Abu Umaamah r.a. Imam Tirmizi a dit que c’est un hadith Hasan.
  32. Vide Swaheeh Al Imam Al Bokhari, Kitaabur Riqaq, et Swaheeh Muslim, Kitaab Swifaat Al Munaaféqeen, et Al Jaméà At Tirmizi dans Abwaab As Swalaat.